CHAPITRE VllI. 2i
questions de principes et parfaitement à la portée de l’auditoire.
Quant au reproche de corruption, M. Duchâtel avouait les abus; mais le remède proposé lui semblait étrange. On disait qu’il y avait trop de corrupteurs, et l’on proposait d’en augmenter le nombre. Il niait, d’ailleurs, que le pays prît intérêt à la réforme électorale. Toutes ces agitations étaient factices : réformes, changements, améliorations; autant de variétés et de faux prestiges.
En terminant, M, Duchâtel avait recours à l’argument réservé aux grandes occasions, la question de cabinet ; il déclarait que, si le concours de la chambre manquait au gouvernement, il se croirait obligé de faire retraite.
Après un appel significatif fait par M. Crémieux à la minorité de la majorité, M. Odilon Barrot prit la parole.
L’orateur constata d’abord les progrès faits dans la chambre et dans le pays par le principe de la réforme électorale ; c’était à ses yeux un grand éloge de cette réforme, que la question de cabinet posée à ce siijet. « Quand M. le ministre de l’intérieur, dit-il, se défiant probablement de la puissance des raisons, a mis un portefeuille dans la balance de vos consciences, quand il a combattu par la perspective d’un changement de ministère les justifications produites à l’appui de la proposition, il a, permettez-moi de le dire, rendu le plus grand hommage au principe même de cette proposition. »
Faisant ensuite justice des sophismes par lesquels le ministre intéressait la dignité même de la chambre à pro- Icger cette loi électorale dont elle était une émanation, il s’écriait : « Si un tel argument a quelque force, toute réforme électorale est désormais impossible ; toute modifica-