CHAPITRE XX
Bispositloiis défewuAvem de la Cité.
après THôtel-de- Ville, Tune des positions les plus importantes à défendre contre loute invasion populaire élaU, sans contredit, Tîle de la Cité; aussi me suis-je souvent demandé comment il n'était encore venu à la pensée d^aucun gouvernement d'y raser tous ces repai- Tes infects et d'y élever une caserne modèle, monumentale et è l'abri de toute surprise ; en un mot, une citaàeWe chargée de la protection du Palais de Justice, de la Préfecture de police, de la Conciergerie, comme aussi d'intercepter toute communication entre les deux rives dans les jours de fièvre politique à laquelle la population parisienne est si sujette.
C'est un conseil militaire que je me crois quelque droit de donner ici en passant, en y ajoutant le vœu que
son exécution ne se fasse point attendre ; gouvernement, Paris et Cité n'auraient qu'à y gagner.
La défense de cette position fut confiée exclusivement à l'intrépide colonel Gastu et à son admirable corps, et je dois le proclamer ici, comme un juste hommage à rendre aux officiers comme aux soldats, jamais dispositions ne furent mieux prises, plus ponctuellement, plus énergiquement exécutées. Aussi eurent-elles pour résultat et pour juste récompense d'empêcher toute tentative d'insurrection sur ce point, comme d'enlever aux frères et amis de la place Maubert et des quartiers Saint- Jacques et Saint-Marceau toute envie de s'échapper de leurs tanières pour se réunir à leurs frères de la rive droite. Contenu de front par la garde républicaine, et sur leur base habituelle d'opération par la division du général Renault massée au Panthéon, au Luxembourg et sur la place Saint-Sulpice, pas un émeutier n'osa descendre dans la rue le fusil à la main, comme en juin 1848. Honneur donc à la garde républicaine dont l'attitude sut si bien en imposer à cette multitude toujours si disposée à se jeter tête baissée partout où semble se présenter quelque symptôme de désordres I
Les dix ponts qui entourent la Cité étaient tous gardés militairement. Chacun avait ses sentinelles avancées, ses grand'gardes et ses réserves à portée ; des vedettes occupaient toutes les croisées des angles de rues ; les ponts les plus larges et particulièrement les ponts Saint- Michel , au Change , de Notre-Dame , le Pont-Neuf et celui qui donne issue au quartier Saint-Jacques avaient
à chacune de leur extrémité un peloton de garde républicaine à pied, et à dix pas en arrière un autre peloton de la garde à cheval, ayant tous le sabre au poing et le mousqueton en bandoulière; tous étaient prêts à venger leurs camarades si horriblement assassinés sur la place de l'Hôtel-de-Ville le 24 février 1848, tout désarmes qu'ils fussent et tout garantis qu'ils eussent dû l'être par la capitulation consentie par eux avant de céder la Préfecture de police aux délégués officieux du peuple et de la garde nationale.
Maïs les émeutiers ne se hasardèrent pas à leur offrir c«tte revanche ; bien leur en prit I . . .