‹ Révolution militaire du 2 décembre 1851: précédée de "la Vérité quand même àChapitre 44 sur 54 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Opémtions de la brigade du fénéml de Cotte.

Le général de Cotte, après être parvenu à faire cesser celte fusillade inutile du boulevart Bonne-Nouvelle, ayant été informé que des barricades s'élevaient dans la rue du Petit-Carreau, donna Tordre au colonel Quilico de les faire emporter et détruire par deux compagnies de grenadiers de son régiment; vingt minutes après, la circulation était rétablie sur ce point ; et les grenadiers du 72® rejoignaient, par la rue du Caire, leurs bataillons respectifs au moment où leur régiment allait recevoir son baptême militaire dans la rue Saint-Denis.

Le général de Cotte, après avoir essuyé quelques décharges du voisinage de la porte Saint-Denis, avait reçu l'ordre de s'engager dans cette rue et d'y enlever la bar-

ricade que Ton apercevait à deux cents mètres plui loin.

La colonne franchit sans résistance celle enlevée peu d'instants avant par les deux compagnies du 28® et du 33*, mais que Ton n'avait pas eu le temps de déblayer entièrement.

La fusillade ne tarda pas à partir des croisées, de même que de la t^arricade.

Le général de Cotte fit aussitôt mettre en batterie deux de ses obusiers, à la hauteur de la rue do Tracy , et prit ses dispositions pour enlever ce retranchement d*où Ton semblait vouloir opposer une assez vive résistance. Quatre obus furent lancés, et la colonne se mit en mouvement, son général en tête et à cheval ; mais déjà fa fusillade avait fait des victimes dans les rangs du 72® et particulièrement de la compagnie de grenadiers du capitaine de Tourreau, qui, en moins de cinq minutes, eut une quinzaine d'hommes hors de combat, dont neuf tués ; un sapeur fut de ce nombre.

La fusillade était très-vive de part et d'autre ; mais plus meurtrière pour les troupes qui combattaient de pied ferme en ce moment, et à découvert, que pour leurs adversaires qui se tenaient cachés, et particulièrement dans Tangle rentrant d'une maison construite sur le nouvel alignement, et protégée par la barricade ellemême.

C'est de cet angle qu'est partie la balle qui a tué le lieutenant-colonel Loubeau, qui fut relevé mourant au

Bilieu même de la fusillade par le jeune officier d'orloQoaDce qu'il avait vu naître, et auquel, ce jour-là, il Pdevait servir de parrain militaire : Mon cher Lout)eau, I mon vieux camaradel devais-tu t'attendre, après trentetrois années de ta vie consacrées au service de ton pays, que tu tomberais un jour sous la main d'un Français I... C'est de ce même angle que fut atteint, peu après, le colonel Quilico, par une balle qui lui traversa le bras. C'est de là encore que fut blessé mortellement un souslieutenant du 1^.

Pendant cette fusillade, le général de Cotte se tenait à cheval, et présidait avec un sang«froid des plus remarquables, à toutes les dispositions de cette attaque, lorsqu'il fut renversé lui-même par la chute de son cheval, que venait aussi de frapper une balle.

La tête de colonne n'était plus qu'à une cinquantaine de pas de la barricade ; le général allait en ordonner l'assaut, lorsque l'on aperçut des baïonnettes et des shakos derrière : c'étaient des soldats du 15^ léger, qui, l'ayant prise à revers, en avaient fait fuir les défenseurs, et s'en étaient emparés.

Cette attaque coûta au 72^ une trentaine d'hommes dont la moitié a succombé.

A 5 heures, le général de Cotte ralliait sa brigade sur le boulevart Bonne-Nouvelle et s'y établissait militairement au bivouac.

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