‹ Révolution récente dans la facture d'orgueChapitre 29 sur 50 · NOUVELLE MÉTHODE POUR ACCORDER LES JEUX D'ANCHES · texte numérisé non relu

NOUVELLE MÉTHODE POUR ACCORDER LES JEUX D'ANCHES

Les jeux d'anches, notamment ceux à sonorité délicate, tiennent mal l'accord, surtout quand l'accordeur pressé (ou ne connaissant pas bien son métier) obtient l'accord en faisant travailler la rasette comme un ressort. Peu de personnes comprennent totalement pourquoi les jeux d'anches ne tiennent pas aussi bien l'accord qu'ils devraient. Les fig. 31, 32, 33, donneront plus clairement les causes de ce défaut : la fig. 3 1 reproduit le bloc, l'anche, la languette et la rasette (fil métallique pressant contre la languette), dans ce cas la rasette presse fortement en B contre la languette, position dans laquelle la rasette ne subira aucune déformation anormale.

Regardez la fig. 32, si nous relevons la rasette en frappant en C la friction de la rasette contre la languette en B, empêchera B de monter, car n'oublions pas que le coefficient de friction au repos est plus grand que le coefficient de friction en mouvement ; par suite, en poussant vers le haut la rasette au point C, la résistance à la friction en B serrera fortement la rasette, la partie descendante de celle-ci travaillera comme un

(i) En réalhé. quand on orgue a été bien accordé, les changements de température feront peu Tarier les jeux à anches battantes, inflaenceront moins encore (es anches libres arec rasene, et pas du tout les anches avec languettes nssées des jeux d'harmonium ; mais d'autre part la température, modifiant ia densité de l'air, créera des écarts d'accord très marqués entre les fonds ei les anches. Pratiquement les anches battantes varient par ces petits déplacements de la rasette dont l'auteur parle plus loin, et aussi par d'autres causes encore mal définies.

ressort, et prendra la forme montrée en 32 et le point A s'écartera de la languette. Alors si l'on se sert de l'orgue pendant quelque temps, on verra le point B de la rasette se déplacer

vers le haut, jusqu'à ce que la déformation exercée sur la rasette ait été compensée, par suite cette note chantera plus bas qu'elle n'avait été accordée.

D'autre part si, en accordant, la portion de la rasette marquée C, est poussée vers le bas (fig. 33) la résistance à la friction en B aura pour effet de faire cintrer la rasette. Alors quand on jouera l'orgue, sous l'action des vibrations de la languette, on verra graduellement le point B se déplacer vers le bas, pour remédier à la déformation produite sur la partie descendante de la rasette. duand le point A aura ainsi trouvé sa position d'équilibre, le tuyau chantera plus haut.

Naturellement sur les fig. 32 et 33, on a exagéré la déformation de la rasette pour mieux faire comprendre, mais en fait cette courbure des rasettes se produit à un degré beaucoup plus marqué que ne l'imaginent beaucoup de facteurs ; c'est une des principales raisons pour lesquelles certains jeux d anches ne tiennent par l'accord.

duand le point A de la rasette est maintenu d'une façon rigide dans sa position normale, un tuyau à anches conservera aussi bien sa tonalité qu'un tuyau de jeux defonds(i); la fig. 34 montre la méthode de Hope-jones pour maintenir la rasette au point A, au moyen d'un bout de tube de cuivre T inséré dans les moules avant la fonte du bloc, dont il devient ainsi partie intégrante ; le diamètre intérieur de T est choisi de façon que le fil de la rasette y glisse à frottement dur, la fig. 35 représente une autre méthode ; le bloc porte une saillie venue de fonte avec lui, son extrémité recourbée empêche la rasette de se déformer au niveau du point A (2). Cette méthode de construction des blocs rend l'accord plus facile et plus durable qu'avec les moyens ordinaires.

(1) C'est e?tact; mais cela ne veut point dire que des jeux d'anches ainsi accordés d'une façon beaucoup plus stable vont rester mieux d'accord avec les jeux de fonds, malgré les variations de la température 1 Nullement, car à ce compte les anches d'harmonium, avec languettes en tonalité fixée par leur rivnre sur leur cadre, devraient être toujours d'accord avec les tuyau-x de fonds, or, on sait que c'est précisément le contraire. Si je fais cette remarque c'est que l'énoncé de l'auteur pourrait servir de démonstration apparente à la vantardise de certains facteurs osant dire « notre maison fait des jeux d'anches qui ne se désaccordent pas » en laissant ainsi croire à de naïfs curés et organistes, qu'ij s'agit du maintien de la tonalité des anches par rapporta celle des jeux de fonds

(2) M' Compton, il y a 7 ans, employa ce même système dans l'orgue de Grosvenor Chapel à Manchester, avant M' Hopes-Jones. — D' G. B.

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