L'ORGUE AU XIX- SIECLE
Avant d'aller plus loin, nous proposons de donner une description rapide de la construction de l'orgue tel qu'il était au commencement du XIX™» siècle, et d'expliquer les termes techniques que nous emploierons plus tard. Chacun sait que le son, dans l'orgue, est produit par des tuyaux, dont un certain nombre seulement sont vus en façade, les autres tuyaux, de longueur et de forme différentes, sont disposés par rangées sur le sommier ou caisse de vent alimentant les tuyaux (fig. i) ; chacun de ces rangs s'appelle un « jeu » ou un « registre ». Bien se rappeler que le mot jeu se rapporte à une rangée de tuyaux, et non pas seulement au bouton de tirage du jeu, par lequel l'organiste fait parler chaque rangée. Beaucoup d'idées fausses surgissent de cette confusion ; et des constructeurs à bon marché en tirent avantage en mettant deux boutons de jeu (basse et dessus) un pour chaque demi-rangée de tuyaux, donnant l'illusion d'un nombre de jeux double de celui existant réellement ; pratique qui fut très suivie pendant quelque temps en Amérique.
Les premiers facteurs, pour obtenir de la variété, divisèrent les tuyaux par groupes, placés de façon que chaque groupe put être joué par un clavier séparé ; c'est encore la pratique actuelle.
Un orgue d'église, un peu grand, renfermera trois ou quatre sommiers, chacun supportant un certain nombre de rangs de tuyaux désignés ainsi : i» le Grand Orgue, constitué par les tuyaux de façade et d'autre jeux à sonorité puissante ; derrière lui et ordinairement à un niveau plus élevé, se trouve
L'ORGUt: AU XIX°>« SIÈCLE
le Récit, dont tous les tuyaux sont contenus dans une boîte en bois, fermée en avant par des jalousies pivotantes, dont l'ouverture ou la fermeture modifie la force du son.
Au-dessous du Récit se trouve le Positif, contenant des jeux plus doux, propres à accompagner les voix ; et enfin derrière tous ces tuyaux, ou sur les côtés, se trouve la Pédale contenant les gros tuyaux de basse joués avec les pieds. Les instru-
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ments plus grands, ont un quatrième sommier, celui du Solo dont les tuyaux très puissants sont souvent placés au-dessus de ceux du Grand Orgue. Dans quelques très grandes orgues anglaises, notamment dans celui du Town Hall de Leeds, il y a encore une subdivision dans les tuyaux du Grand Orgue appelé « Front Great » et « Back Great » (Orgue de devant et Orgue de derrière). La raison pour subdiviser ainsi un orgue
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est l'impossibilité d'alimenter un grand nombre de jeux par un seul sommier. Somme toute, un orgue ordinaire deglise est en réalité la combinaison de trois ou quatre petites orgues séparées.
Le sommier est une boîte oblongue renfermant l'air comprimé fourni par les soufflets, et munie de soupapes commandant l'accès du vent aux tuyaux ; entre ces soupapes et le trou du pied du tuyau, il y a une autre soupape glissante appelée registre, qui commande l'accès du vent à toute la rangée des tuyaux qui forment un jeu. La soupape est commandée depuis le clavier par le mécanisme de tirage, chaque touche commande| une soupape dans le sommier ; chaque bou-
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ton de jeu commande une soupape glissante sous la même rangée de tuyaux, donc il faut : i" tirer le jeu ; 2" abaisser une soupape avant de faire parler un tuyau, les dessins l'expliquent clairement ; la figure i est une vue de face, et la figure 2 une vue de profil d'un sommier ; A est le sommier dans lequel l'air comprimé est introduit soit par le fond, soit en bout par le tuyau porte-vent B ; Les soupapes CC sont