‹ Révolution récente dans la facture d'orgueChapitre 6 sur 50 · LORGUE AU XIX»« SIECLE · texte numérisé non relu

LORGUE AU XIX»« SIECLE

maintenues fermées contre les ouvertures DD (faisant communiquer le sommier avec les tuyaux) par des ressorts placés en dessous. Le ressort S (fig. 2) presse la soupape C contre l'ouverture D, les fils métalliques PPP qui passent à travers de petits trous dans le fond du sommier, sont reliés aux touches du clavier, et d'autre part attachés à l'extrémité mobile des soupapes, une pointe (guide) est placée de chaque côté des soupapes pour maintenir bien perpendiculaire leur course ascendante ou descendante, chaque soupape est recouverte d'une peau assurant sa fermeture et amortissant le bruit.

duand le fil F est tiré en bas par le clavier, la soupape C s'abaissant, l'air, contenu dans le sommier A, se précipite à travers D vers les tuyaux placés au-dessus ; mais la glissière ou registre F, constituée par une mince réglette de bois, placée entre le panneau G et le panneau H, doit être mobilisée de droite à gauche, afin de faire correspondre ses trous avec ceux placés au pied des tuyaux. Si les trous de la glissière sont sous ceux des tuyaux, chaque ouverture d'une soupape fera parler le tuyau ; si au contraire le registre est poussé de façon à détruire cette correspondance des trous, la soupape abaissée ne permettra à aucun tuyau de jouer. Quand les trous du registre correspondent à ceux du tuyau, on dit que le «registre» ou «jeu» est tiré, quand il ne correspondent plus, on dit que le «jeu» est fermé ; donc, quand les jeux ne sont pas tirés, impossible d'obtenir un son, même si le sommier est plein d'air comprimé, et si l'on abaisse les touches.

Le sommier avec glissière-registre appelant le jeu est à peu près ce qui nous reste de l'ancien système de construire les orgues. Les soupapes étaient reliées aux touches par une série de leviers et vergettes (tracker-action en facture anglaise). Il y avait ordinairement six brisures ou articulations constituant autant de sources de frottement, entre la touche et la soupape ; pour vaincre ces résistances au frottement et bien fermer la soupape il faut déjà un bon ressort.

On ne pouvait à cause de leur poids, placer tous les gros tuyaux de basse sur le même bout du sommier, on en plaçait la moitié à l'autre bout, par suite il fallut transmettre le tirage des touches latéralement au moyen d'une série de rouleaux pivotants constituant l'abrégé ; d'où nouvelles sources de frottement et nécessité d'employer un ressort encore plus résistant ; ajoutez à cela l'accroissement de la largeur de la

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soupape et vous comprendrez sans peine la dureté des claviers dans la basse, puisque, à la résistance du ressort, il faut ajouter la pression du vent contre la soupape, pression augmentant avec le nombre des jeux tirés.

Dans un orgue un peu grand, avec beaucoup de jeux et des claviers accouplés, il fallait exercer un véritable effort sur les claviers pour jouer l'ensemble de l'orgue tutia for:{a ; quelquefois même, l'organiste se dressait sur les pédales et pesait de tout son poids sur les touches pour pouvoir frapper un grand accord (i). Mille systèmes furent essayés pour diminuer cette résistance, l'un des meilleurs fut la division de la soupape en deux parties dont la première, en admettant une petite quantité de vent dans la gravure, diminuait la pression avant l'ouverture du reste de la soupape ; mais même sur les meilleures orgues de cette époque, la facilité d'exécution, si aisément obtenue dans nos orgues modernes, était absolument impossible.

(i) Dans les notes graves, une soupape de 3o centimètres longueur x 3 centimètres de largeur, avec du vent à 90 %, oppose une résistance d'environ un kilogramme, rien que par la pression clu vent. Les anciens employaient des pressions plus taibles : mais du temps de Don Bédos, les orgues allemandes «traitées a fort vent » devaient exiger des doigts de fer pour y exécuter les œuvres de Bach dans les passages fortissimo. — D' G. H.

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