S26 NOTES EXPLICATIVES
L'héritage d'un homme ^ mort sans enfanU tt sairt proches parents , appartient au talru — Cependant le grand SoUman a ordonné dans son canun-nameh , que les biens d'une pareille successionr resteraient en dépôt pendant sept ans^ pour donner aux héritiers légitimes, s'il en existe, le temps nécessaire de faire leurs Justes réclamations.
Les femmes partagent par égales portions, avec leurs frères, les biens dits vakaufsj qui sont censés appartenir aux mosquées. — (Voyez d'Ohsan, Toderinif Cantiniir^ Lettres de Busieck, Anquctil Duperron et Her* belot.
Page 24 » ligne 24. — Mais les jeunes gens destinés d cette carrière fà celle des oulémas J^ doivent faire leurs études dans les niédressés ou collèges de théologie et de droit y qui sont attachés aux grandes mosquées ^ etc.
Tous les temples musulmans s'appelaient autrefois Messdgid, qui signifie lieu d'adoration, d'où dérive, suîvaut M. d^Ohson , celui de mosquée. La dénomination de messdgid a été conservée aux édifices peu considérables qui sont destinés au culte. Celle de Dgiami a servi à distinguer les grandes mosquées.
ET JUSTIFICATIVES. àîi?
Les temples musulmans se divisent en mosquées impériales , mosquées ordinaires et messdgids.
Les mosquées impériales ne se trouvent que dans les grandes villes de la monarchie y qui ont été la résidence des monarques ottomans ou des califes Abassides , telles que Brousse , Andrinople , le Caire , Damas et Constan-* tinople. Cette dernière capitale contient quatorze mosquées impériales.
Les mosquées ordinaires et les messdgids doivent leur fondation à la libéralité des particuliers. On eu compte deux cents de la deuxième espèce dans la ville de Constantinople , et trois cents de la troisième espèce dans les^ faubourg;s de. cette capitale.
On célèbre Toffice public des vendredis et des deux beyrams dans les mosquées. Mais ces solennités ne peuvent pas avoir lieu dans les messdgids , à moins que quelques âmes pieuses ne consentent à y établir un khatib pour la prédication , et une tribune pour Sa Hautesse» Alors le mesdgid prend le titre de Dgiami*
Les temples dé la Mecque et Medine ont conservé cependant Tancienne dénomination de Messd§id , à laquelle on a ajouté le mot de schérifom sacré.
Les monarques ottomans n*ont le droit de fonder des mosquées impériales que lorsque la victoire a favorisé le»
5»a8 NOTES EXPLICATIVES
entreprises de leurs armées^ et qu'ils ont obtenu le titre de Gazi ou vainqueurs.
La plupart des fondateurs des grandes mosquées impériales et particulières se sont fais un devoir d'élever à côté de leur temple un collège uniquement destiné à l'étude du droit et de la théologie 9 dans lequel on n'admettait que les personnes vouées à la carrière des oulémas. — Ce fut en vain que les empereurs Mahomet II , Selim I*' et Soliman I", tous protecteurs zélés des sciences 9 voulurent établir dans ces médressés l'étude de la géographie, de l'histoire, de la médecine, de la physique , de la métaphysique , de l'astronomie et des mathématiques, comme du temps des Arabes sous les règnes glorieux des califes Aaron - Raschild et Almamon. Mais leurs vues n'ont pas été secondées par leurs successeurs et l'étude du droit et de la théologie est devenue l'objet unique de l'attention des élèves des médressés.
. Les étudiants de ces collèges sont divisés en dix classes ,. 1* de grammaire , a* de syntaxe , 3* de logique , 4* de morale , 5* de rhétorique , 6' de théologie , 7* de philosophie, S'^de jurisprudence, 9* de l'AIcoran, 10* des loi» orales du prophète.
Dans toutes les grandes villes les mosquées pnncipales ont yn médressé. Les mosquées impériales en ont
ET JUSTIFICATIVES- aag
fusqu^à trois et même quatre. Celte du sultan Soliman en a un spécialement consacré à Tétude de la médecine.
Les élèves des médressés apprennent aussi le turc 9 i^arabe et le persan. Le turc primitif est Tidiôme du peuple. L'arabe est la langue de TAlcoran et de tous les commentateurs qui ont écrit sur ce livre sacré; le persan^ plus doux et plus harmonieux que les deux autres, est employé principalement pour la poésie. — Un mélange de ces trois idiomes forme le langage de la cour, que tous les savants orientalistes trouvent aussi noble qu'harmonieux.
Hllals entre les médressés établis auprès des grandes mosquées, il existe souvent encore, par suite de là même fondation , des imareths ou hôtelleries et des hôpitaux pour les malades , ainsi que des bibliothèques pour les étudiants], et des mektebes ou écoles publiques ouvertes aux enfants des familles indigentes.
Les imareths distribuent journellement la nourriture à un grand nombre de pauvres ainsi qu'aux étudiants , qui occupent les chambres des collèges ou médressés appartenant à cette même fondation. Les imareths seuls de Constantinople nourrissent tous les jours plus de trente mille âmes.
Les malades admis dans les hôpitaux des Mosquées sont bien nourris et soignés avec un zèle charitable. Mais
a3o NOTES EXPLICATIVES
les secours de la médecine y sont presqu*eiiUèrement négligés.
Les enfatis indigents, admis dans les mektebs ou écoles publiques 9 y. apprennent à lii^e, à écrire, la religion et les premiers éléments de la langue turque.
Les bibliothèques pubUques, qui sont au nombre de trente-cîbq daiTs la seule ville dé Constantinople , renferment beaucoup d^ouvrages sur la religion et peu sur les sciences. Maison y voit beaucoup d^écrits historiques et des recueil s de poésie, surtout dans le genre allégorique etéro* tique. Ces bibliothèques sont ouvertes au public pendant toutes les saisons de l'année , excepté les vendredis etl^ mardis.
( Voyez d'Obson et Todeaini. )
Page 32 , ligne i . — Tandis que le mufty na à crainare que la destitution et Vexil
^ Bajfïzet, jeune et malheureux prince, dont Racine, le premier de nos poêles tragiques, a immortalisé le nom en mettant sin- la scène française sa catastrophe d<^plorable , liajazelcoqimençait à donner ombrage au terrible Amnralh IV, le vainqueur de Bagdad. — Il paraissait aimé. Dans quelques assemblées secrètes des oulémaf, sa douceur était comparée à la rigueur du sultan. — Am"rath, pour se venger, fit étrangler en secret le mufty»
ET JUSTIFICATIVES, iSi
«ôupconné de favomer Bajazet , ainsi que quelques ou-^ lémas, ses complices, sans considérer si leurs personnes étaient sacrées. Il ne s'informa pas si la multitude murmurait ou non de cet attentat , que le seul Sélim P' avait osé se permettre ; mais il affecta le jour même de leur supplice de se montrer dans Gonstantinople, sans suite 9
sans crainte , et tous les yeux baissèrent devant lui. ( Voyez V Histoire Ottomane, par le comte de Salaberry).
Le mufty Féizullafa , remis par le sultan Moustapfaa II aux janissaires , qui l'avaient demandé à grands cris dans tine rébellion , où le corps des oulémas s'était détaché de son chef et avait créé un anti-mufty , fut traité par cette soldatesque avec une grande barbarie. On enfonça des clous dans les genoux du malheureux vieillard pour le forcer à déclarer où étaient ses trésors cachés. Lorsque ce mufty eut succombé aux affreuses tortures qu'on lui fît souffrir , les janissaires 9 d'après l'avis des oulémas 9 ne permirent pas que son cadavre fût enterré ^ et le jetèrent dans l'Ebre.
Ces trois exemples de la mort violente d'un mufty ont été donnés par deux princes victorieux , dont la gloire militaire égalait la cruauté 9 et par le peuple lui-même; mais dans cette dernière circonstance , les oulémas , qui craignaient que la mort tragique du mufty Féizullah ne servît à détruire le principe qui décîare sacrées les per-
«3s NOTÏS EXPLICATIVES
simiies dés tous les prêtres magistrats , furent les premiers à dire quie la mort de ce pontife était Juste , puisqu'il devait être classé pour ses crimes au nombre des iufidéles, et que par conséquent il ne devait pas être enterré avec les autres musulmans.
Page 76 , ligne 10. — Le traité de l* attaque et de la défense des places de f^aubûn soit imprimé , etc.
LHisage de la presse n*a été introduit à Gonstantînopie i|ue sous le règne d'Ahmed III , par les soins éclairés du grand -visir Ibrahim- Pacha et d^i mufty Abdullah-£feudi. — Le fameux renégat Basmadgy-Ibrahim fut le premier qui en donna le projet dans un mémoire où il exposait tout au long les avantages de Timprimerie. Le grand-visir et le mufty connaissant Tempire des préjugés, ne négligèrent aucune des formalités légales pour faire réussir celte innovation et prévenir les murmur s du peuple. Cependant ils se virent obligés de respecter Topinion des oulémas, qui jugèrent contraire à la religion de permettre Timpression du Couraiin ou d'aucun livre qui traitât de là doctrine et de la loi dû prophète; ces ouvrages, objectaient-ils, leur ayant été transmis en manuscrits, devaient également être tranâmis à la postérité sous les mêmes caractères. ( Voyez d'Ohson. )
ET JUSTIFICATIVES a53
€et étabUbemënt eût quelque édàt pendant la vte ûh son auteur le rehé^t Ibrafafdi. Hais il était presque abandonné iorsqtie lé éuitan Abdut-Hainid eut la sagesse de lui doiihter utoè neuvielle vîë par un kattithérif qui noéima pour directeurs di$ llthprimt^rîe le bî^ylik-^ dgy, ou vice-grand-chanetfelier, Raftbfaid-Efehdy tel l^htsr^ torîographe de l'empire, Ahmed -Vassif-Efendy. — Le sultan Sélim III a beaucoup protégé et encouragé cet utile établissement. Les ouvriers, bien salariés, devinrent habiles. Les caractères, fondus avec soin, ne présentèrent plus dans les nouveaux ouvrages imprimés cette sécheresse qu'on reprochait aux premiers livres qui sortirent des presses du renégat Ibrahim.
Je prolitiirai de cette occas^ion pour dire quelques nibts sur Tétablissemlsnt du kiatk-haué, ou papeterie, f oritié par le sultan Sélim lll, au dessus de là belle Vallée ebiîtide sous le nom de VaiUe du Grand-Sei^iieur , vîft-à-Vîîi Théra()ia. — Les Vénitiens fournissaient depuis plusieurs siècles la plus gratide partie du papier d'une fomle particulière, qui est en u^dge dans le Levant , et retiraient dé très-grands avàillâfçes de ce cotiidiërce. — Une t)î3it>fetferle avait été établie , dit temps du sultan Mahtiloud , dans la fertile et agréable vallée traversée par le ruisseau qui se jette au fond dii port de Coustantinople ; mais elle n'avait eu aucun succès. ~ Le àultan Séllni chargea
ii54 NOTES EXPLICATIVES
Beydgy-Efendi , qai devint ministre , daoB le temps da visirial de Moustapha-Baîractar, de la nouvelle papeterie. -— Celui-ci, secondé par Sélim-Aga (né Anglais ], obtint le plus grand succès. — Cet établissement fournît une grande partie du papier qu'on consomme dans les ministères et à Constantinople*
Page 1 a 5, ligne ii. — Les mosquées doivent leur accroissement considérable de fortuné aux legs pieuœ des souverains et des riches particuliers y aux fondations des mosquées impériales , et surtout au système des vakoufs^
Mous avons donné plus haut quelques détails sur la io&dation des mosquées , des médressés et des imareths j. ^ous. allons faire connaître pUis particulièrement la nature dea^ vakoufs.
Les vakoufs se pat tagem en trois, classes. La première comprend ceux des mosquées ^ qui forment pour ainsi dire les Wens ecclésiastiques de la nation. — La seconde est relative aux vakoufs publics , ou fondations établies pour le soulagement des pauvres. — JLa troisième est celle des vakoufls coutumiers.
Les vakoufs de la première classe , ceux des mosquées , se composent de tous les biens, meubles et immeubles ,
ET justificatives; a55
qui y sont consacrés tant pour leur entretien et leur réparation , que pour la subsistance des ministres qui les desservent. Chaque vakoùf a un mutevelis, ou un régissseur. Celui-ci soumet tous les six mois, ou bien une fois par an ,' ses comptes à un nazîr ou inspecteur.
Les fondateurs de vakoufs ont le droit de désigner ^ dans Pacte même de donation , dans quelle classe ou dans quelle famille doivent être pris le régisseur et Tinspecteur de$ biens de la fondation. Plusieurs d^entre eux ont or« donné que les régisseurs et les inspecteurs de leur vakouf seraient toujours pris parmi leurs descendants directs , ou dans les branches collatérales de leur famille , et ont assuré ainsi à leurs enfants et à leurs parents la jouissance d'une partie de ces biens qui , ayant une destination sacrée , ne pouvaient plus être assnjétis à la loi des con-" flscations. ' — Ils ont été également garantis par ces dispositions contre Tesprit dissipateur des héritiers. — Leê nazirs et les mutévélis des mosquées impériales sontQr* dinairement les premiers personnages de l'empire. Le grand-visir est de droit le nazir des mosquées fpudées par Mahomet II, Sélim I" et Soliman !•*; le mufly Test de celles qui ont été construites et dotées par Ba>azet II
et Ahmed I".
Les chefs des eunuques blancs avaient été jusqu'au
règne d'AmuralhlII inspecteurs de toutes les mosquées,
à36 NOTES EXPLICATIVES
qui n*ont pas été fondées par les sultans cî-dessus dénués. Mais réxtrêlne avidité de ces nazirs, etTiniluence toujours croissante des kislar-agas sur des suif ans efféminés , ont fait 6ter aux chefs des eunuquies blancs cette inspeclioti hokiorabte et très-utile ^ poui* la remettre au chef des gardiens intérieurs du harem. — Ce dernier » qui est chargé ekclusivemenl de radmînistratîon de tous les Vakouik appartenant aux villes saintes de la Mecque et Médine, eât ètl outre le nàzir de cinq cents mosquées 'ordinaires 5 dont les fondateurs ont cobfié Tinspection à te premi^ mitlîâtre du sérail.
Il y a plusieurs bureaut dans là térfterdarie, où minîsttin^ de6 flhàilcé^, qui sont chargés uniquement de Tenregistréttiéilt dé toits les liegs pieux et fondations destinés à f^ehtTétien des m6s(]uées et mesdgids , et de leurs dëpetid&liiè'és 9 tèlfesque les bolléges et hôpitaux. — Ces boècaux tiënttiefat au^si compte des sommes, que les «mtévétiâ dbiveht Verser au miri.
ConittlÊ lés recettes des mosquées sont inGniihent supérieui^S âtut dëpeiises , les mutévélis et les liazirs faisaient autrefois des profits très-considérables qui étaient |)ërdUî) pour la moi^quéè et pdnr TÉtat. Mahomet II , désirant mettre fin à ces abus et procurer au miri une
{larlîb dès aVaiitagës que les régisseurs et les inspecteurs s'è ré'setvdîénl exclusivement, afferma ces emplois pour
une ou deux a^^^ç^ paiç q» bail, dans teque) te fennier 3'ob.ligeâit, aprè9 ayok payé lei^ ministres du çuHe, les pensions constituées tmv te vakouf et tes 4épenses d'entretien 9 à verser une sonune convenue dans les caisses du gouvernement.
Mais tes fermier^ ^e ççs b^yx a#Qa<^ au trop timllés^ ne travaillaient qq'à prq%r 4v WWt espace de la régte ou de leur iaspect&on, ve^aiei^t Içs, h^tan^ des durnpiaines vakouls et fatigi^iiÇj;!^! tes terres poux en i^tirer de plus grands produits. — Ce f^^ w>ttS te règne de Alojus* tapha II que par les conseils du gr^i^d - visir Ebnasr Pacba , les bai^x ^pnuels (v^rçn^ convertis en feriaçs viagères sous le titre de niaUkian49^Hfin de mettre fin aux inconvénients et ^ux ^ésprdrçs qui résultaient d'une régie trop limitée danti sa durée » eli afin d'ei^gager tes nouveaux fermiers à mettre , pour te^r pjpopr^ ii^téréjk^ plus de zèle et de UdéÙté dans une ^^^WPÂ^li'a.tio^ dont ils devaient jouir pendant toute teur vie* I^e^ régisae.i;i^ des ma,likianés sont obligés de payer d'avance te prix dû ' leur acquisition , et de yerser dans tes caisses du tréaoc p.ubliç une redevance s^nv^Ue.
. Les avantages résultan t du système des maUkianés firent
adopter cette mesure pour la plupart d(SS revenus dot
'JÉtat. — Le sultan , Moustapha III 5 voulant géj^éraliser
oçtte méthodes dont rutiMté et les avantages étaient
a38 NOTES EXPLICATIVES
coDStatéâparrexpérience, ordonna ^ d'après les jootiseOf de son grand-visir, Raghib-Pacha , que les vakoufs des grandes mosquées impériales seraient également soumis au régime des fermes viagères»
Mais cette mesure fut abandonnée par le faible sultan Abdul-Hamid) qui, n'ayant pas la force de résister aux sollicitations pressantes des officiers de son sérail et de la Porte ^ rendit au kislar - aga , au grand-visir et au mufty f Finspection suprême des 'mosquées impériales. Cependant ces grands officiers avaient obtenu du sultan Moustapha III , à Tépoque où les vakoufs des mosquées furent soumis à la mesure des malikianés , une indemnité annuelle très-considérable , qui était de aoo,ooo piastres pour le chef des eunuques noirs , de 1009000 piastres pour le grand-visir, et d'une somme égale pour le mufty.
Les vakoufis, dont les fondations sont relatives au soulagement des pauvres et au bien général de la nation , sont réglés par des principes semblables à ceux qui régissent les revenus des mosquées, et ont été soumis au système des malikianés, après avoir souffert pendant long-temps de la négligence et des déprédations des premiers régisseurs.
L'excédant dés recettes des mosquées impériales sur les dépenses, qui est considérable même* après qus
ET JUSTIFICATIVES. / aSg
le kislar-aga , le graud-visir et le mufty ont prélevé les sommes qu'ils ont coutume d'en retirer » est versé danS'
les caisses'du hasne, et est destiné à former une masse, à laquelle on ne doit toucher que dans les circonstances les plus critiques et pour les besoins les plus pressants de rJÈtat.
Tous les biens vakoufs sont inaliénables 9 parce qv^ la propriété est censée , aux termes de la loi , transportée à Dieu même , et que les hommes n'en ont que Pusuf mit. >
La loi qui proscrit l'usure et tout intérêt quelconque dans le commerce se relâche cependant de sa rigueur, en faveur de ces biens. — Ainsi lorsqu'un vakouf a besoin de réparations urgentes, et qu'il ne se trouve pas dans la caisse d'épargnes des fonds sufÇsants pour y pourvoir , le régisseur est autorisé à emprunter l'argent nécessaire jusqu'au taux de i5 pour 100 d'intérêt. Il est également permis à cet administrateur de placer les économies des vakoufs à un intérêt égal à celui pour lequel il peut faire des emprunts.— Il a également le droit d'employer ce* économies en acquisitions d'immeubles , qui prennent aussitôt le nom de vakoufs et jouissent de tous les avan-.* tages attachés à ce titre.— Mais le consentement du magistral comme représentant du souverain est indispensable pour ces.opéralioiis, attendu que le Grand-ScU gneur est l'administrateur suprême des biens pid>lic«* :
»4q kotbs expligatiyss
. Lea ¥akQ[Ufii re^ti& aux mosquées et au goylafement dea pauvre» 9 portent la déiioiiun;itioii de vaJLoufs légaux , parce que feur fondation est divtée el sanctionnée par les k»îs religieuses.
^ Mais les yakoufe de la troisième classe , auxquels on on a donné la dénomination de vakouis coutumicrs^ ne sont autorisés que par la coutume , adU^ Ils sont distingués ^^t% autres par leur nature et par des caractères qui leur sont propres.
P'après les lois actuellement en vigueur s^v Içs valjottfs coutumi^s, le propriétaire d*un irameubli» Itkre a k drojA d'en &ire la cessjoo i uj^e n^osquéOf 4 tiliEe ^ takouf^ pour bi^oxnme , qju'il rççoH, <te 4ixj» ^^^^^(^ o«^
quinze poui; c^i^j^t à^ \^ valeur esltîmiéç. Ce pi:opri(^Mù^^ ^ntinue \ jouir de ^.9. bien comno^e d'uçi^ dopo^ qu'U esjb «ens^ <enif dç la gé^é^sft^ ^ 1^ i^ipsquée , ^ U4 pijft IV(^ rçnte pi;opp]iftiQ|»iii^ à rinlérôt ^ Varge^l; qu'il * reçu.— U o>|^ pavr cet WKfiVPg^n^enjt Va,vanA^ig^ 4ç rester maltrç de Timmeublo 9 ^ te cctp^ecviçr 4 i'^MM 4o toutes .p9urs|uii^ iudlo49Mies pour 9^ ^Ifte^ pas^vjes y, pavoe que tout vakouC est ua iDiûeo. a^ré 9 ^ur- tequel nuj^ Gréaneier ne peut fermée de préteotiomy d^;te trans-^ mettre à ses^enfents de Tun et de l'autre sex^^ quj, partagent ces héeéditéB par égales portions, à^tn dispofiiei^ librement, en le cédant* ou en transportant ses droits, sujp
«T JUSTIFICATIVES. {û\i
une autre personne et 4e le «oustraire au rehieit vicinal qu^exerce tout propriétaire war riou^eulild coptîga au sî^ , pouravpir.en cas de veute la préférence ^ur tout autre acquéreuT.^.Les avantages de .la nao^uée dim cettetransacilon çqnt d'avok une hypotb^ue aolide pour son aident placé à ^os intérêts, d'éfre dé^ebar^ée de toutes^ le8,réparajtiû|is»néGeflsaîres, de toucher desdroil^ assez importants, lorsque le propriétaire di$p0se de ce yakouf en faveur d'upf autre. pefsonne , et enfin , d*hérî- /jter de cet inwteuble avec tous les embeUissements j las augmentations et lesdécorations faites par le propriétaire, si celui-ci vient à mourir sans enfants. Ce dernier avan- .t£^e est d'autant plus.gi^d, que les ^eti^-fi|s sont exclus.de Ja suiDOiession -de .leur grand père si ççlui - ci survit au père de ces enfants, attendu , dit la loi, qua le défunt ne pouvait pas transmettre à ses fils un droit dont il ne jouissait pas encove lui-même.
Uatgré les préjudices qui résultent de la iiature de ces fondations pour les^parents et les héritiers éloignés, les propriélaires se laissent éblouir par les avantages dont ils jouissent personnellement dans ces aliénations. — Conuae la loi les accorde indistinctement aux musulmans et aux non -musulmans, les propriétaires de toutes nations et de toutes religions s*y laissent entraîner ^ de sorte qu'au-*
a4a NOTES EXPLICATIVES
Joard'hoi, une grande partie des immeubles se trouve engagée envers les temples mahométans.
Si une maison vakouf est détruite par le feu , le propriétaire a le droit de réduire le cens annuel auquel il était tenu envers la mosquée. Le terrain reste vaLouf ; mab la maison reconstruite peut devenir libre ou vakouf suivant les nouveaux arrangements qui seront pris entre le propriétaire et le mutévelj. -^ Si elle reste libre, le propriétaire ne doit payer pour le terrain que le cens annuel réduit après Tincendie. Mais il doit être exact à remettre cette redevance annuelle; car, s'il néglige dé faire ce paiement pendant trois années consécutives, la mosquée a alors le privilège de s'approprier Timmeuble et d^en disposer comme il lui plait. — ( Voyez d'Ohson , Cantémir, et Toderini. )
Page 1^6, ligne 5. — La peste ^ par les ravages qui éteignent en peu de temps des familles entières y semble destinée à favoriser F avarice des prêtres d'une religion qui défend de s'en garantir.
Le prophète Mahomet dit dans son Âlcoran, c Que c relu comme le réprouvé sont prédestinés au bonheur c ou au malheur étemel , étant encore Tun et Tautre c dans le sein de leur mère, i
BT JUSTIPICATIVB9. ù^i
Les muftys et les plus sarants oulémas , convaîpicus que cette décision du prophète détruisait Feffet du libre arbitre y sans lequel rkoaune^ instrument du des- Un, ne peut être volontairement coupable d'aucune mauvaise action , ont cherché à en restreindre l'application, et ont prétendu en outre que la prédestination ne regardait que l'état spirituel, qu'elle n'embrassait pag
tout le genre humain, mais seulement une partie des mortels destinés à être , même avant leur naissance, élus ou réprouvés, et qu'elle n'a enfin aucun rapport à l'état moralf civil et politique dei^ hommes» — Mais leurs distinctions, leurs arguments et leurs sophismes n'ont servi qu'à rendre la question plus obscure , et n'ont produit aucune conviction dans l'esprit des musulmans. — Lesr mahométans ont continué à croire que puisque le destin avait déterminé d'avance leur bonheur ou leur malheur futur dans l'autre vie , leurs joies et leurs disgrâces danf ce bas monde devaient avoir été également prévues et fixées irrévocablement parla volonté immuable de Dieu. Ce fatalisme, «consacré sous le nom de Kisnut, mot qui est sans cesse dans la bouche des musulmans, les console dans leurs disgrâces, et les porte à regarde]^ tout murmure contre l'infortune comme un acte d'irré**
ligîon et cooune un doute criounel contre les décrets du ciel.
t44 NOTES EXPLICATIVES
(^ lu prédestloatioD , qui tend à bouleverser foales k» Idées merale« des bamtues, donne anox musulmans une "rî 'grande Tésîgnaftien dans le matbeur, cfie pei^étue p&raA eux des |fréjugé8 fcnve^esetles €«eipè(âie de prendre d0s précautions contre la peste, oette -tnuflaéie ^que^a •âlubrité naturelle du climat «en éioigneraitfacilèmeBt et à^aitilftiis; '^le tiiet , en outre , dans leurs aetîoû«, utre
c^iitradictidn conifinuelte produite , dNan côte , par 'leur ootifian<3e âamsles arrêts dnde^hi', etde Tavftre^'par
Tamour du :plaisir tt le désir de la conservation , leiquels disposent lès hommes à chercher tous les moyens de 'détourner 'loin d'eux on d'adoucir les maux dont ils Sont menacés ou âMigés.
Page j35, ligne iS. — Il est à ^craindre i/uêles ressources que la France retirait du corniiierce du Lei^ant , açunt la guerre de 1 795 ^ 7} aient disparu pour toujours , ctc.
Le peu dS'inportance âe nos relations commerciales
àivec le tevknt depuis la^arx de l'BiS; malgré le zèle de
nos agfenti drplotorftiqucs et la bonne volonté de nos né-
'gôclairts fle la^cJvénce , protiTent combien cette crainte
'esti{bnâée.-^Les'niêpfies causes continuant à agir feront
^4éclkittr>ndtre commerce déplus en plus jusqu'à ce que
le Levant paprîenne^ par une heureuse révolution , à se
ÏT JUSTIFfCATITlS. î45
délrrr^ 4sft eiklraye^ qui? g^aut sQniofhistrk, ^çs^f^* fariqaeft ti bojx agriottUare > âimiAi:ie9t 9€S yicl^^se^ et délriiàien& sa populatiott.
Page 180, ligne lo. — Les villes sont admi^ nistrées par des ajans cjui y laissant au oc cadis la justice y exercent l'autorité civile et militaire.
Le» ayan9 sont cbaf gés de veiller à la sûreté çt à 1^ {brtune diea paictieoKers^ au bon ondce vuléxieiir de la YiHe, et de ft\>ppQ9er a^w ^vaxii^i ^i; au3( ve^^tkHis dea^ pachas. La plupart de ce& ayasfi^ soni ebojsj» pa;i^ 16 peuple^ Quelques-uns d'esibro e«]c » à qui leut-f t«h^ts cl leurs riehesses dooaent une grande prééminence •ur kisrs concitoyeas y étendent letir iaflueoce et leur aulorîtë , nen-seulemeut sur la vrile éenit ils aontcbe& <ka maires ^mais encore sur an g;rand nombre de viUagfCA^ et quelquefois même sur un territoire trôATéteoda. Les grandes villes , au conlrâire , oiit plusîears ajrans.
Les ayans ont un divan ou eonseil^ auquel ilsappellent les principaux citoyens de la ville et les hommes de loi. €*esk dans ces divans qu'on discute les inlérèls du pays et qtt^u rédige les représentations à faire au pacha de la province, t^u bien les plaintes à élever oonljre lui auprès de$ ministre» de la Parle.
a46 NOTES EXPLICATIVES
L'ayan et son conseil , composé des habitants les plus riches et les plus respectables , forment la corporation municipale de la ville. Mais^ outre ce conseil municipal qui représente le corps entierdes habitants , les diverses professions forment dans chaqu")» ville des corporations particulières, dont les chefs sont chaînés de défendre les intérêts collectifs ou individuels des membres de Tassociation. -^ Si la voix de ces chefs n^est pas écoutée par les agents de Tautorité , la corporation entière se réunit et force souvent ses oppresseurs , par ses cris ^ ^es menaces ou ses plaintes , à lui rendre justice et à se désister de leurs poursuites.
Les villages n^ont que des kiayas qui sont soumis directement au pacha, lorsquMls ne dépendent pas d'un ayan principal. Ces kiayas , pris toujours parmi les habitants les plus riches ou les plus instruits du village , on» dans leur conunune la môme autorité que les ayans exercent dans les villes.
Les chrétiens et les Juifs ont aussi dans chaque vtUe ou village leur kiaya particulier. Ceux-ci sont cbaigés de protéger leurs frères de la même religion et de régler la répartition des impôts ou des avanies ordinaires ou extraordinaires qui sont exigées , soit par le gouvernement , soit par les pachas et par leurs agents.
flK SES ROTIS fXPLIGATlVBS I>V raEBUEA VOLUME