POLITIQUES ET MILITAIRES
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CONSTAMTIMOPLE ET LE BOSPHORE DE THRAGE.
LiOHSTANTiNOPLfe, situé à 4i* de latitude Nord, et à ag* longitude est de Paris , est placé à Textrémité d'un contrefort , qui fait partie d'une chaîne de' hautes collines , laquelle , en longeant le littoral de la mer Noire du Bosphore et de la Propontide 9 joint le Mont-Hémus au Rhodophe. Conformément aux observations des géologues sur la configuration des montagnes, les versants, de ce contrefort sont assez rapides vers le nord du côté du port, et se prolongent insensiblement au sud vers la Propontide , de manière que les trois quarts des maisons de cette capitale ont la vue sur cette mer. —
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Quelques ravii» assez larges creusés par les pluies ,
et dont le ibûd sert d'écioulëment aux eatit des fontaines , divisent la base inégale sur laquelle cette ville est bâtie , en sept parties où collîfîes , et lui donne par là une similitude physique avec Tancienne Rome.
Cette ville 5 autrefois- oélèbre sous le nom de Byzance, devint bien plus importante et plus populeuse , lorsque Constantin y ayant reconnu les immenses avantages dd sa position, y fixa , en Tannée 55o de Père chrèHêane , sa résidence et le siège de l'empire romaio> Cet en^ereiiur lui donna le nom de Nouvelle- Rome, afin de lui faire, partager la gloire et les avantages de Pancienne mattresse du monde. — Mais tous les peuples ne rappelèrent que Constantinople , ou la ville de Constantin , et eetle dénoi&inatîbn M a été conservée par les Persans , les Arabes et tnéme les Turcd , puisque dans le style de la chancellerie ottomane , et sur les monnaies de Tempire , cette ville n^est désignée que sous le nom de Cansmittiniak.
Led coltines, stfr lesqùeltes cette ville est bâtie, les superbes mosquées impériales surmontées d'immenses cdu- . pôles et entourées de hauts minarets , dfont les principales^ occupent tés points les plus éïevés de ce promontoire, les niaisons peintes de différentes couleurs , et entremêlées de fardld^ , aù-deâsùs desquels s'élèvent des cyprôs
ET LE BOSPHORE. a\j
et d^autres arbres toujours verts, la disposition de tous les édifices en amphithéâtre , la vue du port animé par la présence de navires de toute«( grandeurs et par des milliers de gondoles qui le traversent, et enftnr, !a perspective lointaine des campagnes, où brille la plus active végétation , présentent le coup-d*œii le pkis beau et le plus imposant qull y ait dans Tunivers.
Hais ce coup ^^il physique est comme celui qu^oiFre au moral le vaste empire donf €onstant}nop]e ^f la eapitale. — Le voyage«rr, frappé de lâE gratide étendue de Vempire ottoman et du souvenir de sa gloire , croit qu'il ta pârcoitiFir «in désËtats les plus riches et les plus puis* ^aiits èe TEurope; mais aussitôt qu'il y pénètre, ïk ne voit que faiblesse, désorilres, an^diâe, et tou» les symp» tomes d'une rapide décadence.
La magie du eoup-d'œil de Constantinople se dissipe de mèmcb Le coenar se serre ; un sentiment de sonkbre métàncéiie s'empare de l'âme du voyag«ttr , lersqu'après avoit a&iilë en dehors ceffte câpïtale 5 que la nature a, destinée à être la reine de» dtés, il n'aperçoit plus que des mes étmtes, tortueuses, sales, mai pavées; des maisons de bois , de btique» et de boue , et couvertes d'un cfépi trompeur; enfin tttte multitude â*homme9 dont les physîonoanes graves ou inquiètes aiMû<Kftee»t l'ot^gliiea qui les domine on les éteintes qui les assiègent.
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et sur lesquelles on distingue rarement le rire et cette gatté aimable des peuples contents et heureux.
Gonstantinople, situé vis-à-vis Pextrémité méridionale du canal du Bosphore , dont rencaissement entre deux chaînes de collines parallèles force Pair à suivre le mouvement rapide des eaux 9 jouit du double avantage d^avoir son atmosphère sans cesse renouvelé et rafraîchi y et de voir emporter tous les dépôts des égoûts et des eaux pluviales par les courants , qui se précipitent du port dans la mer de Marmara : aucun terrain marécageux n'existe auprès de cette ville ; sa température , fort douce , n^offre jamais un froid de plus de 4 ^ ^* au-dessous de o du thermomètre de Réaumur , ni une chaleur de plus de 26"* ; les variations météorologiques qu'elle éprouve dans le cours de Tannée 9 sont à peu près de 64 jours pluvieux 9 5 neigeux , 5 brumeux , ao couverts , -56 variables ^ i5 orageux et aao parfaitement sereins.
Les vents du nord et du sud, dont le cours est détei^ miné par le gisement des côtes et la position desnoiersy se succèdent alternativement. Celui du nord , qui est produit par la dilatation de Pair, plus grande pendant l'été sur la mer de l'Archipel que sur la mer Nwe^ soufflé presque constanmient depuis le mois d'avril jusqu'à la fm de septembre* Le vent du sud ^ qui succède pour peu de jours à celui du nord^ ne parait ^e lorsque
ET LE BOSPHORE. sSi
les vapeurs accumulées sur les lies de rArchipel ^ y ont condensé Pair et diminué laehaleurde la température; c*est pour cette raison quHl est toujours humide et quelquefois orageux.
Ce n'est que dans Thiver, lorsque toutes les hautes montagnes de la Turquie européenne sont couvertes de ' neige, qu'on voit souffler les vents d'est , d'ouest et de nord-ouest. Ceux-ci sont toujours très-froids et neigeux.
Avec tous ces avantages météorologiques, Constanti-* nople devrait ignorer l'existence de la peste , qui , toujours plus active dans les temps lourds et humides , doit probablement sa première origine et son renouvellement , comme beaucoup d'observations le prouvent f aux lieux ' chauds et marécageux des environs de Da-* miette, dans la Basse-Egypte , d'où ce fléau , moins funeste que la fièvre jaune, puisiG[u'on peut facilement le contenir et l'éviter , se répand dans toutes les provinces de l'empire ottoman.
Mais l'insouciance du gouvernement, l'empire da fiinatisme et les usages établis, conserveront les germes de cette maladie destructive tant que cette capitale con« tinuera à languir sous le joug de ces Barbares incorri- « gibles.
Les faubourgs de Fénar et d'Eyoub font partie de Constantînople^ et n'en sont séparés que par les murs
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dfcDceiute. L'im et l'antre sont placés k VéxUémiié du çott. Celtti' du Fénav esb kdUlê par te palsiaaxhe ettet pYia«ip€a«» fonâUd» gircfiquftsï> ^ pat Ift suite »oialMreaae des domestiques et des dépendants qui leu« sont attachés. Celui d'Ëyoub n'est peuplé que par des Turcs , et renferme la célèbce no^osquée 4e ce nom 9^ où lea^ultaus ottoman», après leur avéaement au ivéup^, vooA seiaire ceindre par le chef des émîss le sabre du commandement, qui est le symbole de la souveraineté miUtaîre.
Les faubourgs de Haasékni,' Hassen-Pacha, Gaiata et Topfaanéjt tous placés le loo^ de la rive septentrionale du port, sont balntés, le preinier par des Juifs, le second par les emj^oyés de Tarsenal de la .mauîne , le troisième par de» commerçants de toutes nations, parmi lesquels figurent une trentaine de facteurs européens, et le quatrième par les canonniers, les louvriers de l'artillerie et par leurs familles. Ces faubourgs, situés au bas d'une colline, sont moins sains que les autres parties de Constantinople, à cause de leur exposition méridionale, et ne >ouis6ent pas, comme Péraet Saint-Dimitri, placés sur le plateau supérieur qui les domine , des émanations agréables et sakilaires des vents de la nier Noire.
. Le faubourg de Scutari , placé sur la côte d^Asie , est dans une paalion faeuiieuse el riante ; Pair qu'on y res- {nore est tou|ouzi frais tM pnr > ses environs s«Dt farlîles ;
M sert deipoiutâe âépart et d^arrivée à toutes les csrravaneffquitEaiierftentd^jiMe-llmuiirefiour 16 rendre dans lu i^erse^ la S^vie et riDdcestan. iSa population est de plus de ^ooo âmes.
'Lexnatéridl »de Consiantioeple et de ses faubourgs se «compose de i4 anosquées^mpéi^iàtes, 'de 200 mosquées «ordinaires^ d'environ Sob messgids^ de 5o ^bésdstins ^ de plus de 5oo fontaines et td'eBuiroD cent'tnllle'raaisotts.
. Les grandes mosquées , dontles magnîGques colonne»
4aré^ presque fontes "^éesdestemjiles ruinés de Tan-
«letHie^rèce , orit étéconstruites sur le modèle dePégUse
de'Sainte-^Sopfaie y laqndle est imposante par sa massé ,
•admirable par la grandeur de ses coupoles , mais moins
élégarite que les temples del-andenne et de la nouvelle
Kome j et peut-être moins intéressante sous le rapport
'de la hardiesse et de la légèreté , que plusieurs églises
d''ar(5bitccture gothique. ^ Les petites mosquées et le»
messdgids ne sont distingués des maisons particulières
que par leur contiguïté à un minaret 9 du haut duquel
les nezzins appellent lés musulmans à la prière.
Toutes les maisons particulières sont composées d'une chaipente légère , dont les espaces entre les .poteaux ^t les traverses sont remplis de briques et de terre. — Combustibles et fragiles ^ elles ressemblent à la condition politique des hoimnes qui les. habitent. -« Si elle^
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échappent par hasard àraction frécjuente des ino^idies^ elles dépérissent naturellement et tombent en ruine au bout de trente ans d^existence.— ^ Les mœurs orientales » qui établissent une séparation entre les hommes et les femmes , nécessitent la division de ces édifices en deux parties, qui ne communiquent entre elles que par un corridor très-étroit y et dont Tune sert de harem poiur les femmes 5 tandis que l'autre est destinée à recevoir les amis et les étrangers.
Il est probable que malgré les^ grands éloges que les historiens Grecs ont fait de la beauté de Constantinopley avant Tépcque de sa chute , cette ville n'était alors ni guère mieux bâtie, ni plus belle^qu'elle n'est à présent: car les Turcs y qui ont adopté l'habillement des halntants de Constantinople, et qui ont donné à toutes leurs grandes mosquées la forme de Sainte-Sophie , se seraient plus à imiter également l'architecture des Grecs dans la construction de leurs maisons particulières. — Gonune il n'existe que très-peu d'édifices , à l'exception des églises, dont l'existence remonte au-delà du seizième siècle , on peut croire , avec raison , que les maisons des Grecs, que Mahomet II s'était réservées pour sa part dans la conquête de cette ville , étaient généralement bâties en bois , et que, détruites par les incendies, elles ont reparu et reparaissent encore à la suite de ces désastres avec la forme