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Tels furent les principes, qui cimentèrent Fàllîance politique de ces deux corps; alliance, que. la résistance malheureuse de quelques sultans rendit encore plus forte et plus solide , et qu'oa peut regarder comme ayant entièrement altéré
j l'ancienne constitution de Kempire ottoman. Il est résulté de cet état de choses , que la Porte ne peut plus faire une nouvelle loi et établir un impôt , sans avoir préparé les corps des oulémas et des janissaires à approuver la nouvelle ordonnance, à lui obéir et à en protéger l'exécution. Le despotisme du souverain a été quelquefois modifié dans certaines opérations qui auraient pu être oppressives pour le peuple ; mais l'intérêt et la gloire de l'Empire ont été souvent sacrifié^, aux vues particulières des deux corps alliés.
^ / L'empire ottoman , dont toutes les institutions «ont essentielleipent théocratiques et utilitaires , et qui ne peut être fort que lorsque le chef de l'état l'est aussi , a vu naître sa faiblesse et sa décadence de l'affaiblissement de l'autorité souve- • raine.
La résistance des oulémas et des janissaires contre le chef de la religion et de l'état , ne devant son origine qu'à la révolta et à des usurpations , au lieu de tendre à modifier le despotisme du souverain et d'avoir des résultats avantageux
à la liberté du peuple et à la prospérité générale , est , non-seulement la principale , et peut-être la seule cause de la faiblesse actuelle de l'empire ottoman; mais encore de l'ignorance et de ht barbarie des Turcs.
Car les oulémas et les janissaires , c'est-à-dire , les magistrats et les soldats , qui par la nature de leurs fonctions ne devraient être que les instruments du souverain , en étant devenus les rivaux , le gouvernement se trouve très-souvent sans force et le pays sans protection. Quant à l'ignorance et à la barbarie qu'on reproche aux Turcs , et que plusieurs écrivains attribuent à l'islapiisme sans considérer que les Arabes , qui ont répandu cette religion dans une grande partie de la terre , cultivaient avec succès les arts et les sciences dans le temps que l'Europe chrétienne était plongée dans la plus honteuse ignorance , ce n'est également que dans la puissance politique de ces deux corps , qu'on doit en chercher le motif. Les oulémas ont toujours craint l'introduction des lumières et l'étude des sciences exactes , qui auraient pu jeter du mépris sur l'alcoran , sur ses obscurs et nombreux commentatres , sur l'immense collection des fetfas souvent contradictoires des muftys, et enfin sur tout l'édifice de leur érudition, théologique.
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Les janissaires , qui ont abandonné en partie leurs anciens règlements de discipline , et qui ont contracté l'habitude de ne faire qu'un service peu pénible, prétendent que le même sabre invincible , qui a conquis tant de royaumes, suffira pour les défendre , et rejettent avec horreur la discipline sévère des Francs , leurs armes perfectionnées et leurs nouveaux systèmes de tactique.
Ces deux corps , en empêchant la Turquie de se mettre au niveau des autres puissances européennes , et d'adopter leurs découvertes utiles et leurs institutions militaires, ont augmente sa faiblesse , sa misère et sa dépendance , à mesure que les états voisins se sont élevés par leur force, leurs richesses , leurs lumières et leurs progrès rapides dans tous les genres d'industrie.
Plusieurs écrivains , qui n'ont jugé du gouvernement turc que par les apparences, ont cru que l'autorité du Grand-Seigneur était illimitée, parce qu'ils l'ont vu disposer arbitrairement de la vie de ses ministres et de ses serviteurs : mais le pouvoir du Graftd-Seignéur sur ses ministres est celui d'un maître à l'égard de se» esclaves. Tout Turc , qui accepte un emploi au service de la Porte , renonce à sa liberté et met ses biens et son exiltence à la disposition d'un
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maître y dont il n'est plus le sujet, mais lesclaye. U n'en est pas de même des autres osmanlis , ainsi que des rayas ou sujets non musulmans de l'empire; ceux-ci ne peuvent être condamnés que par les tribunaux , d'après les lois existantes et sur la déposition de deux ou plusieurs témoins. Les janissaires , les bostangis » les canonniers et les autres militaires sont jugés par un tribunal particulier établi dans chaque corps. Il est vrai qull arrive quelquefois que le Grand-Seigneur , exerçant l'autorité prévôtale , qui lui appartient comme chef d'un gouvernement militaire , et qu'il délègue à son grand-visir et aux pachas des provinces , fait punir tout homme pris en flagrant délit, sans suivre lès formalités des sentences judiciaires : mais dans ces occasions peu fréquentes , qui ont pour but de frapper de terreur , par la promptitude et la sévérité' du châtiment, une populace naturellement féroce et inquiète , le crime est toujours avéré ; et ces punitions subites , dont les militaires sont ordinairement exemptés par leur renvoi à la police de leur corps , tombent en général sur dt*s hommes de la dernière classe du peuple , et trop fréquemment sur des rayas.
Si le sultan , entraîné par des inclinations sanguinaires , venait à abuser de ce droit terrible ,
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qui est le meilleur frein dans un pays où Ion ignore l'emploi des précautiops d'une police pré- Toyante , des itiurmures séditieux se feraient bientôt entendre. Les oulémas ne manqueraient pas de citer les lois outragées par les caprices d'un tyran persécuteur; les janissaires crieraient à la vengeance, et le sultan recevrait, par sa déposition ou sa mort , le juste châtiment de sa cruauté.
En voyant les entraves mises à l'autorité du souverain , les révolutions fréquentes qui ont bouleversé cet empire , la mort ou la déposition d'un si grand nombre de sultans , et les révoltes successives de tant de pachas contre l'autorité de la Porte , on peut être étonné qu'aucun de ces événements n'ait produit le démembrement d'une seule province , et que la dynastie ottomane continue à occuper ce trône orageux.
Cependant cette maison souveraine, malgré la fin tragique de plusieurs de ses chefs , non-seulement n'a rien à craindre de pareilles révolutions , mais elle est même le seul lien politique qui unisse toutes les parties de cet empire, et le pivot sur lequel repose l'existence des deux ïurquies.
Celte circonstance tient aux institutions primitives qui ont présidé â l'existence et préparé la
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grandeur de cet empire , au souvenir de Tillus-^ tration des premiers empereurs , et à Tisolement de la dynastie ottomane, au milieu d'un peuple composé d Individus plutôt que de familles.
Osman J", fondateur de cette monarchie , au lieu de donner le nom de Turcs à ses soldats , qui d'origine tartare auraient dû porter cette dénomination alors commune à toutes les hordes , qui , depuis Genghiz-Khan , étaient sorties des pays situés au delà et au nord de rOxus , pour ravager l'Asie mineure et la Syrie , les appela OsmarUis (i), c'est-à-dire enfants d'Osman.
Ce prince ne respirant que l'amour de la gloire et des conquêtes , mais observateur sévère de la
(i) Les Osmanlis se regardent comme insultés j lorsqu'on les appelle Turcs , expression qu'ils emploient pour désigner un homme grossier.
Le mot turc était employé depuis le sixième siècle de rhéglre , pour désigner dans TOrient les Scythes ou Tartares venus à la suite de Genghiz-Khan , et ceux d^ toutes les armées de conquérants ou brigands , qui ont passé rOxus depuis cette époque pour se porter en Syrie ou dans TAsie mineure. ( Voyez le Gulutan du fotit pcrscm Scheik-Saadi , qui vivait dans le milieu du sixième siècle de l'hégire. ) Nicéphore appelle Turcs les soldats d'Aladin , sultan dlcooium.
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discipline et de la justice , vivait avec simplicité parmi ses soldats comme un père au milieu de ses enfants , et leur prodiguait les richesses , que ses conquêtes lui procuraient dans un pays abondant et fertile. Ses vertus , imitées par ses successeurs îmmédiajs , attirèrent , par l'espoir d'acquérir des richesses et d'en jouir en paix sous un gouvernement protecteur , la foule des aventuriers qui ravageaient , dans les quatorzième et quinzième siècles , l'Asie mineure et la Syrie , et que les armées conquérantes de Genghiz-Khan et de ses successeurs avaient laissés derrière elles dans leurs marches rapides. Ceux-ci n'ayant d'autres points de réunion que la famille Ottomane, s'attachèrent à elle avec zèle et fidélité , lui procurèrent bientôt un ascendant irrésistible dans l'Asie mineure , en chassèrent les Grecs , renversèrent le trône du sultan d'Iconiûm , passèrent en Europe et fixèrent en peu de temps le siège de l'empire dans la Thrace sous le sultan Amurat P'. Ce prince, par l'institution des janîssaires^, donna une plus grande force et un nouvel éclat à sa famille. Ces nouveaux soldats , tous prisonniers de guerre, ou enfants de tribu, n'ayant plus de parents , ne pouvant pas se marier ,. se regardaient comme appartenant à la famille régnante, à laquelle de bonsi traitements, des
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faveurs nombreuses et leurs succès militaires les attachèrent de plus en plus.
La coutume , qui exista long - temps de ne conférer les dignités les plus hautes et les plus lucratives qu a des Itch - Oghlans ou pages élevés dans le sérail , et réellement esclaves du sultan , honora ce dernier titre , et fit considérer comme esclaves du souverain , tous ceux qui parvinrent par la suite à occuper les principaux emplois à la cour, à l'armée et dans l'administration des provinces. Lé droit que les maîtres ont d'hériter de leurs esclaves, s appliquant, dans ce cas , au souverain relativement aux principaux fonctionnaires de l'empire, empêcha, qu'aucune famille ne s'élevât et ne se soutint audessus de la multitude et établit une égalité parfaite entre tous les Osmanlis.
Ces principes conservés avec soin et pour lesquels on ne trouve quelques exceptions que dans les provinces éloignées de la capitale , sont cause , que les familles turques (i) n'ont pas de nom distinctif et héréditaire, que chaque indîvidu y est connu par une dénomination religieuse et par
(i) Il n'en est pas de même en Perse et en Arabie. Le» familles ont des noms dîstintUfs et conservent avec ïoin kur arbre généalogique.
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quelque aobriquet fondé sur des qualités morales' ou des défauts physiques , que la gloire et le mé-^ rite des ancêtres e$t nul et que les descendants direct^ des plus illustres visirs et pachas, exercent souvent les emplois les plus vils aussi bien que ceux du prophète, que Ion voit quelquefois traîner leur turban vert , dans lavilissement et la boue. La famille ottomane est la seule qui ait un nom, une descendance suivie, des droits héréditaires , une existence politique. Elle est lepoint de réunion générale ; tout se rapporte à elle; elle est tout; on ne voit qu elle et la nation r lune ne pourrait pas exister sans l'autre.
Nous venons de voir , que quoique la dynastie ottomane soit solidement établie sur le trône de cet empire, dont lexistence tient à la sienne, fe personne du sultan régnant est exposée à des. dangers continuels, par la résistance et l'accord des janissaires et des oulémas. Mais outre ces dangers , qu'une conduite sage et modérée peut détourner , l'empereur ottoman aurait à craindre l'ambition de ses frères et de ses parents^ sans les précautions cruelles , qui ont été adoptées pour éviter les guerres civiles , lesquelles ont ensanglanté la Turquie durant les deux premiers siècles de son existence. Elles devaient presque toutes leur origine à l'incertitude du droit de
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succession au trône parmi les princes de la maison ottomane (1).
Autrefois les jeunes sultans jouissaient de la même liberté que les autres sujets de lempire et étaient souvent employés dans le commande<ment desarmées et legouvernement des provinces. Mais plusieurs de ces princes se rendirent coupables de révolte et de cruauté envers leur souverain et leur père* Selim I" déposa et fit mourir Bajazet II, son père; celui-ci lutta long-temps contre son frère Zizim (2) pour la succession au trône. Le grand Soliman lui-même, fut exposé au danger d être détrôné par son fils Moustapha. Ce dernier enapereur, à qui les Turcs donnent le nom de Canuni , parce qu'il fit réunir dans un code général les principales lois et les règlements militaires de lempire, établit pour règle invariable et perpétuelle , qu a lavenir tous les sultans appartenant à la race ottomane seraient élevés dans le sérail sous les yeux du sultan régnant, qu'ils n'en sortiraient qu'avec lui , et qu'îb ne seraient plus employés dans le commandement des armées et le gouvernement dés provinces;
Cette loi fondée sur l'esprit de vengeance et de
(1) Un empereur mort ou déposé est ordinair^meot remplacé par le prince le plus âgé de la famille.
(2) Cantémir l'appelle Jcm*
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jalousie, qui animait alors le grand Soliman, n^ fut exécutée avec rigeur que depuis Mahomet IIL Elle mit fin à tous les troubles , que l'ambition des jeunes princes aurait pu exciter; mais elle a porté un coup mortel à la gloire et à la prospérrité de l'empire ottoman.
Depuis cette époque les jeunes sultans laaguis*sent dans une prison rigoureuse jusqu'à leur mort, ou jusqu'au moment heureux de leur avènement au trône. Appelésàdevenirles chefed'mîe nation belliqueuse y au lieu de vivre dans, les camps et au milieu des soldats, ils n'ont devant les yeux que des eunuques noirs et la captivité.
Un l^dgea ou précept^ir y choisi pour son austérité réelle ou apparente parmi les nuideris ou docteurs dé la loi, est chargé de les instruire dans TAlcoran, deleur apprendre les élémentsdi^ sciences cultivées autrefob parles Arabes, ainsi que les calculs chimériques de l'astrologie, qui sert à diriger les opérations importantes de ce gouverfiement, et enfin, de latirifoire .cosmâUbte Honie^ les finesses du.farfîi.,i)ce style bizarre, méiangé d'arabje, de tire et de persan, dodl; on: se sert ^ans la chancellerie, ottomam:. :.
€e professeur , toujours animé par f intérêt du corps, auquel il appartient, met sa principale étude à envelopper l'esprit de siaf jcunçs ^lièves
de tous les préjugësi qui sput propr^^ â leur inspirer une haute admiration ppifr Jerijudition théologique des oulémas, ,et un souverain méprj^ pour les copnaissances et la civjli^^tio]^ 4^s peuples infidèles. Des femmes , dont la §J:|érilité e^t consitatéje' par leiqirs rides et leur âge avancé, §ont cttargéps de consoler ces princes .des rigij0urs de Imf prison ; mais e,lles ne Sieryent qu à énervçr ]ei^ éme et à détruire leur santé.
Pouvait-Qi)L jespérer de foriHier des hompxes et surtout djBS prjinces aveic -un pareil genre d éducation? Il en est sort^ en général dbs êtres abrutis et efféminés.
. I^a série brillante ( dont l'histipire des nations & offfe ajLicun au^e exemple ) 4^s dix premiers enipetôurs otton^ans , qui toijis coopérèrent par leiir pru4^nce et leprs Tertus gueirrîères è la glojre et à Tagrap^iss^ifieat de fipt emp|jre , fut remplacée p^r une ligne honteuse ^ princes, qui încap^l^les de soi^fienijr les f^tîgi^es de la guerre et de mo^trejr des.sentînqtent» dignes de, If force d'âme et du* courage de leu^B apcétjqes » abandonnèrent entièrement les rénei» de l'état A leurs ministres et s'endormirent dans Tindoleneç et les voluptés de leurij^eny.
La dégradatioA de la aiaiSQqL*4o.uveraiïiie^|: Ufq influence funeste ib^ l'emjûrew ^'^tioj^ diji
Gouvernement fut ajBaiblie. L'estime de cette nation de soldats pour ses premiers maîtres ayait accru lautorité du souverain; son mépris pour leurs successeurs la diminua et fit nattre» comme nous avons vu, les prétentions et Tinfluence des janissaires et des oulémas. Le courage et la discipline sévère des janissaires » les dispositions belliqueuses du peuple et surtout les divisions des princes chrétiens ont soutenu pendant long-temps et même jusqu'à la fin du dixseptième siècle la gloire du nom ottoman.
Mais depuis l'époque de la réclusion des princes, les limites de la Turquie ont cessé de s'étendre. Les armées ottomanes , jusqu'alors invincibles, ont éprouvé des revers; les révoltes des pachas ont déchiré l'empire ^ et c'est depuis la mort du grand Soliman que la misère et la dépopulation toujours croissantes sont devenues le signe évident d'une lente décadence. Celle-ci à réduit cet état colossal, qui renferme les plus belles provinces du monde , et qui a menacé autrefois d'engloutir l'Europp, à jouer un rôle presque insignifiant dans la confédération euro-ï* péenne.
Les empereurs ottomans devenus d'autant plus cruels qu'ils étaient lâches et efféminés, ne se contentèrent pas de donner des fers à tous le;
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membres de leur famille; maïs craignant que la maison souveraine ne devint trop nombreuse k cause du grand nombre de femmes renfermées dans les harems, ils eurent soin, à leur avènement au trône, d'élaguer, par le fer ou par le cordon , toutes les branches collatérales et inutiles , afin de donner plus de vigueur , disaientils, au tronc principal.
Le lâche et cruel Mahomet ÏII fit périr ses dixneuf frères et toutes les concubines que son pèro. avait laissées enceintes , et resta seul de toute sa famille. Par suite de cette politique barbare , tous les enfants mâles nés du mariage d une sœur ou cousine du sultan régnant avec im des sujets de Tempire , sont condamnés à une mort inévitable ' (àu moment de leur naissance.
Des actes trop fréquents de cette politique cruelle ont exposé plusieurs fois la dynastie ottor» mane au danger imminent de son extinction , et ont engagé les janissaires à se déclarer les tuteurs et les gardiens des princes captifs. Les dernières révolutions qui ont fait périr les sultans Selini etMaustapha n'ont laissé que le sultan Mahmoud pour seul soutien de la famille souveraine et de ' lempirc.
Si ce monarque venait à mourir avant que son fila unique, Abdul Hamid, parvint à Fâge de
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pouvoir commander aux autres hommes , le3 Turcs, cjpi ne conùdssent pas les régences, qui n'admettent pas qu'un enfant mineur puisse gouverner par un substitut ou régent armé du pouvoir suprême , et fidèle à ses devoirs , et qui se rappellent avec douleur les scènes honteuses et tragiques qui ont enjsanglanté le règne du trop jeune Osman II , se trouveraient dans des positions difficiles et imprévues. Illeilr serait imposable de s'en tirer dans l'état de faiblesse où languit cet empire , et la maison ottomane devrait pa ruine aux cruelles mesures qui ont été adoptées pour sa conservation.
Des Oulémas.
Lés bulémas par leur influence sur le peuple , et par la nature d)5 leurs fonctions judiciaires* et religieuses, dans un gouvernement théaera-^ tique, foriirent la branche la phis importaobte do l'état , après le sôûveraiîi. Il est nécessaîtc de fair^ connaître leur composition , leurs .devoirs , lfiui*sprérogatîvefS , ; iet les moyens sûr lesqueb repose^ toute leur înfliaence politique.
Ce corps se divise en deux classes , celle des hommes de loi, et celle des hommes d'église, et Jl n'y a guère d'exemple qtiun individu ail
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quitté Fane de ces deux classes^ pour passer dans lautre.
Les fonctions de tous les membres du corps des Oulémas étaient primitivement sacerdotales et judiciaires , parce que F Akoran sert de base à toutes les lois religieuses > civiles et politiques de* musulmans. Mais comme un même homme ne pouvait pas suffire aux pénibles devoirs que lui imposaient l'administration de la justice » et les^ nombreuses prières du culte mahométan ^ un^ distinction nécessaire eut bientôt lieu entre des fonctions si différentes. Les cadis ou juges formèrent un corps séparé de celui des imans ou prêtres et s'occupèrent exclusivement de la justice et de ^interprétation des lois.
Les cadis ayant le droit d'exiger des rétributions assez fortes pour toutes les causes soumises à feurs tribunaux , devinrent riches. Les Imans ne recevant que des salaires modiques sur le revenu des i^osquées , dont 1 administration îie leur était pas confiée , restèrent pauvres. Cette xAixîonstance rendit la classe des prêtres inférieure à celle des hommes de loi , et cette dernière attira pair ses avantages les intrigants et les ambitieux. Cependant les Imans^ n'auraient pas manqué d'ïicquérir rascendant , que les ht)mmes d'église pcÀsèdent Ëicilement chez une nation fanatique