C:.ii. Mort
Trois batteries pour défendre les moulins à poudre et les magasins attenans hors de Constantinople 5o 00
Depuis tes Scpù^Tours jusqu'au serait.
En avant du château des Sept-Tours 28 4
Saint-Mathias 34 5
Port des galères 25 20
Tchatladu-Capu 22 6
Batterie d'Ibrahim-Efendi, près de Yeni-Capu. 10 24 Idem, entre cette dernière batterie et Aker-
Capu • 2G îo
Batterie duReis-Ei'cndi 2(S 12
Batteries du sérail
Sur le terre-plein d'une tour 00 8
Ingerlu-Riosk 36 6
Sur la grande terrasse du jardin du sérail. . . 60 8
a6a NOTES EXPLICATIVES
Cil. Moi t.
Petit jardin de l'hôpital aa oo
Hastatar-Capousou 24 6
Yeni-Kiosk 3o G
Idem à gauche de Yeiii-Kiosk 24 G
Batteries extérieures du premier hangard,sur le
quai de débarquement du sérail 4^ o<^
Batteries du second hangard, sur le même quai. 62 8
Hors du Sérail.
— Rivage de Coiistantinopic.
Trois batteries contenant ensemble 72 8
CôU de Gaiala c-t Pêra.
Batterie duTorflerdar 28 10
Grande batterie de Tophaué 84 12
Batterie sur le versant de la colline au-dessus
delà caserne de Tophaué 22 5
Bechiktache et Dolma-BaUlchc 26 4
Ortakeni 18 10
Côte d'Asie.
Tour de Léandrc 14 00
Saladjack 20 oi»
Ibraiiim-Paclïa 28 12
Harem -Skelessi 28 00
Serni 28 /|
Pointe de Calcédoine 24 S
Total 917 19G
Page 09, ligne 2 H. — // résolut de par lir secrètement.
M. Arbuthnot laissa la noie suivante pour ôUe remise à la Porte après son départ.
A bord de l'Endyniion , 2g janvier 1819.
Le soussigné, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de S. M. Britannique, ayant reçu un refus à la demande qu'il avait faite d'un passe-port pour son courrier, et ce refus ayant été réitéré aujourd'hui, il lui est impossible de croire plus long-temps qu'il se trouve dans un pays qui veut conserver des relations d'amitié avec Sa Majesté. Userait pareillement impossible au soussigné, pendant qu'il reste dans cet endroit, de continuer la négociation entamée avec cette sécurité , sans lequelîe il n'y a pas de liberté de discussion. Il a donc été forcé de prendre la résolution de se rendre à la flotte britannique , qui mouille àla hauteurdeTénédos, où il [.ourra trouver la sécurité qu'on lui refuse ici , et il éprouvera la plus grande satisfaction si la Sublime Porte lui envoie une réponse aux demandes qu'il fit dans la conférence du 25 de ce mois, qui soit de nature à lui penriettre de revenir de nouveau à son poste. Le soussigné attendra pendant un. temps raisonnable , avant qu'on ait recours à des
mesures plus efficaces pour obtenir réparation des injures commises envers Sa Majesté et contre son allié l'Empereur de Russie. Mais la Sublime Porte doit sentir (|ue le réponse doit être donnée sans délai. Tout ce qu'il faut aux demandes faites par le soussigné est un simple oui ou non.
Le soussigné a cru qu'il était de son devoir de prendre avec lui les .suiets britanniques résidant ici. Leur propriété reste en arrière, de même que celle du soussigné lui-même : toute cette propriété est mise entièrement sous la sauve- garde de la Porte, et elle en est par la présente note, déclarée responsable pourcbaque partie.
Le soussigné oiTre ses vœux les plus ardents pour que la Sublime Porte puisse avoir la sagesse de mettre Sa Majesté et son allié l'Empereur de IVussie à même de renouveler km- amitié avec elle.
Siijnù Cii. AgBrrnNOT.
CommandiinciH ini/x'riat, adresse mix diverses autorilcs turques , tant en F.uvope (/u'en Asie.
Sans aucun avis préalable de ruplure ollicicllcment signifié par l'Angletene , l'alliée des Moscovites , une division de la sinistre llolfc anglaise, s'étant tout à coup introduite dans le délroil des Danianeiks, et proiilant
ET JUSTIFICATIVES. aOri
à la fois (le l'invigilance de nos agents locaux, et de ce que le plan de fortificalion de ce passage n'avait pas été entièrement exécuté, celte division le franchit. Implorant aussitôt le secours du Très-Haut , je ih armer et sortir de mon arsenal impérial , ma formidahie lîutfe , qui était trois fois plus forte que la division ennemie , et toute la côte de Constantinople, ainsi que celle d'Asie qui est en face , furent couvertes et hérissées de canons. L'escadre anglaise, témoin oculaire de cet appareil imposant, ayant su qu'on avait en outre prodigieusement avancé le plan de fortilleations des Dardanelles, se retira nuitamment, et ne songea plus qu'à repasser, en combattant et à tout risque , le même détroit. Les nouveaux agents, qui ont été envoyés, instruits par l'exemple de leurs confrères, font tous leurs efforts pour mettre ce passage dans le meilleur état de défense possiiMe.
Dans cette situation des choses, comme il conste que les Moscovites, qui sont à Corfou , rassemblent des troupes de débarquement, et qu'ils ont déjà équipé leur escadre , les manœuvres perfides de tous nos ennemis , qui sont partout en mouvement , ne nous permettent plus de rester une seule minute dans l'inaction. D'une part mon camp impérial , prêt à marcher sur les Moscovites, va s'ébranler ces jour^-ci, avec le secours de la divine Providencejet gagner en toute diligence sa première
station dans la plaine de Daoud-Pacha , d'où il preûdra le chemin de la victoire. De l'autre part , et avec la même célérité , tons les moj'ens d'opposition aux entreprises maritimes des Anglais, sont mis en actnilé.
En un mot , les Moscovites étant les vrais ennemis do la foi et de ma Sublime Porte, et les Anglais s'étantréunis aux premiers, à raison de leur alliance, pour former conjointement de noirs complots contre mon em[>ire , on doit y opposer partout une vigoureuse résistance. Tout musulman grand et petit, riche et pauvre, doit se lier étroitement l'un à Taulre d'esprit et de cœur , et ne s'occuper (;ue de la défense de la loi du peuple choisi de Mahomet. C'est la stricte obligation que la religion impose à tout vrai croyant. Prenez bien garde , tous tant que vous êtes , prenez bien garde que personne ne se relâche dans sa vigilance et ne diminue d'elforls dans ce moment. Que tous les employés, que tous les individus orthodoxes , que tous les fidèles tributaires qui ont pris as^ile sous les ailes de ma protection. impériale , restent fermes et imperturbables dans toute l'étendue de mon empire. Que les personnes nommées par mes commaiulements aux diverses commissions publiques, s'appliquent sans relâche à les remplir, et à maintenir le courage et la constance Voilà ce que ma volonté suprême exige de tous et de chacun en parliculier. Toute
créature qui tient à la vraie croyance , celle colonne inébranlable de notre confiance , eslsuhliiiie. La Sublime Porte élant la cour de Mabomet , il n'y a pas de doute qu'elle nVxisle jtisqr.'au jugement dernier. Faites donc comiaître, publi z ma résolution irrévocable.
Le commerce anglais ayant été probibé à l'avenir dans l'empire de l'Islamisme, personne ne doit y acheter ni vendre du drap anglais,, des ouvrages en émail, des boîtes oa montres, des cristaux ou miroirs, ou toutes autres espèce» de marchandises d'Angleterre. Vous devez concourir de tout votre pouvoir à l'anéantissement des productions naturelles et industrielles de celte nation ; vous pouvez être certain que quiconque contreviendra clandestinement ou en public à la présente prohibition , sera puni sévèrement pour servir d'exemple aux autres.
Continuez à donner tous vos soins jour et nuit aux mesures défensives qui vous ont été antérieurement et postérieurement prescrites. Ne permettcic l'approche d'aucun vaisseau de guerre moscovite, anglais, ni d'autre puissance quelconque. S'il entreprend de forcer l'entrée de vos ports , défendez - la avec le secours de Dieu ; efforcez-vous, en vous réunissant tous, à brûler ou à couler à fond le vaisseau ennemi.
Tous ceux nui ont reru l'ordre de se rendre à l'armée,
tous ies effeis qui sont commamlés pour la campagne, doivent être mis incontinent en route. Prenez bien garde de vous permettre sur ce point le moindre délai ou relâchement ; mais déployez , ainsi que mes commandements vous l'ordonnent, tout votre zèle et tout votre empressement à l'accomplissement de la commission qui vous a été confiée.
C'est à ces fins que le présent ordre impérial a émané et vous a été expédié. Dès que vous en aure^z pr;> connaissance, l'aites-en la publication. Conformez-vous à son noble contenu , et gardez-vous de tout acte contraire.
Donné dans les premiers jours de la lune de Mouharrem , l'an de l'hégire 1 222.
Semblable conmiandement a été envoyé à Caraosman- Oglou, vaivode de Bergama, aux pachas de Yanina , Trikala , Sculari d'Albanie; an pacha gouverneur de Seyde, aux mouhassils de Candie, de la Canée, de Rétimo , de Morée et de Lépante ; au gouverneur de Tripolilza, chef-lieu de la Worée, aux nioulsellims ou commandants militaires de INégrc[)ont, de Carliéli, d'Adana, de Trasous et de Tripoli de Syrie; aux mouhassils ou armateurs de Chypre , de Chio et de l'Attaquie ; aux commandants des places fortes sises sur la côte de Syrie;
au pacha à deux queues, chef du district de Pùiodes, aiix auloiilés constituées et aux oificiers des janissairejî de la garnison de la dite ile ; au cadi et aux autorités de Lnrisse; aux substituts des juges, aux vaivodes et autres préposés de Stancho, de Scalanova et de Lemnos ; leur iccontmandant à tous de défendre les rivages, côtes , habitations, et d« publier et de notifier partout le même ordre de défense générale^
L'Egypte étant connue pour Tobiet de l'ambition des Anglais, il a été ordonné, en sus du précédent commandemeiit impérial, au gouverneur du Caire et aux autres autorités de la province, de se tenir en garde contre les mamelucks et les troupes anglaises de débarquement , et d'employer tous les moyens pour les détruire, en cas d'attaque.
Le susdit commandement impérial a été communiqué au gouverneur de la Caramanie , ainsi qu'aux moutsellims de Teké et de Satalie, et aux vaivodes et naïbs des îles de Samos , Tinos , Andros , Syra , Ténédos, Imbros, Tasse, et Semadrak ( Samothrace ).
Le capitan-pacha a reçu l'ordre de communi([uer ledit commandement impérial par des commissaires dans tous les lieux de son apanage, savoir: aux îles d'Hydra, de Spezza, de Boudouz, de Mourlad d'Ina, de Syphante , de Thermie , de Sériphe , de Paros , d'Autiparos, de Naxic ,
de Myconi, de PoUcnori , de 31ilo, de Patmos, de l'Orègentire, de Cicnos, d'Anafia, dTschiros, d'Ypsera, d'Amonrgos »et de Santorin.
Ce même commandement a été adressé au gouverneur et au juge de Bagdad, au commandant du corps des janissaires de cette ville, au moulsellini de Bassora, en leur enjoignant en outre de ne négliger aucun moyeu pour annihiler dans ces riches contrées les avantages que les Anglais retiraient de leur commerce.
Ce commandement a été également communiqué au molla , au moutsellim , et au chef du corps des janissaires à Alep. Les chefs des trois grandes divisions de la Turquie d'Europe, et des trois divisions de la Turquie d'Asie, ont également reçu cet avis.
Même envoi a été fait séparément aux bcyL'sheys d'Alger, de Tunis et de Tripoli de Barbarie, aux armateurs et milices de ces trois régences, en leur enjoignant d'armer tous leurs corsaires pour courir sur les navires anglais et moscovites.
La Sublime Porte a fait aussi connaîlre ses mesures générales par des commandements particuliers adressés à S. A. le victorieux ïladgi-Yussuf-Pacha, ex-grand-visir, gouverneur d'Erzeroum et de Trébisonde , et généralissime de cette partie de l'Empire; à S. Ex. le victorieux Moustapha- Pacha, gouverneur de Silisirie et Bouts-
cliouck,et général en chef sur le Danube; et à S. £x. le victorieux Cassim-racha, mouhafiz d'Ismaïl, en leur prescrivant d'entretenir dans le cœur et l'esprit do tous les agents, en tout lien, la même ardeur et le même zèle, de manière qu'aucun d'eux ne se permette ni délai ni ralentissement à remplir sa tâche, et de donner eux-mêmes l'exemple de la ferveur et de l'exactitude.
Traduit sur la copie envoyée par S. Ex- le Reis Efendi, par le soussigné conseiller de l'ambassade de France. Péra-lez-Constantinople , 24 mars 1807.
Eu FF IN.
Page i85, iigue 5. — C'était l'heure où les musulmans ont coutume de faire , dans le mois d'août, leurs pi^ières de raprès-midi.
La prière qui est, suivant les mahométans, la plus obligatoire pour l'homme et la plus agréable à la Divinité, est le Namaz , qui consiste dans différents versets tirés de l'Alcoran. Le musulman qui veut s'en acquitter dignement, doit: 1° Être en état de pureté phisique et morale, t>." couvrir les parties du corps que la pudeur ovi la bienséance ordonne de Voiler, 3° se tenir constamment tourné vers le Kéabe de la Mecque.
Le prophète lui-même a déterminé les heures con-
sacrées aux cinq prières ( Namaz ) que tout musulman
doit faire journellement.
1° La prière du matin, Salât h subk , instituée, ditil , par Adam , doit être faite depuis l'aurore jusqu'au lever du soleil.
2° Celle du midi, Salaih salir , i\\\"i\ attribuait à Abraham j doit avoir lieu autant que possible à Theure précise de midi.
5° Celle de l'après midi Salath assr , dont il prétendait que le prophète Jonas était l'instituteur. Elle commence au moment où le cadran solaire donne une ombre dont la longueur est double de celle de l'aigu illc.
4°l!elledusoir , Salath magrib , dont, suivant Mahomet, Jésus-Christ , l'Esprit de Dieu, Rukh-Ullak , et le plus grand des prophètes après Mahomet , est l'inventeur , doit être récitée au coucher du soleil.
5° Celle de la nuit instituée par Moïse ; elle doit commencer au moment où Thorizon est cnlièrement obscurci.
Les ablutions ordonnées par le prophète avant de commencer toutes ces prières , et les bains fréquents dont l'Alcoran a fait une obligation indispensable , ont rendu les Turcs le peuple le plus propre de la terre. — Il paraît <jue Mahomet , en ordonnant ces nombreuses et fréfpicntcs ablutions , les considérait connue des pré-
servatifs contre la lèpre et les autres maladies de peau , qui étaient avant lui très-fréquentes et très -répandues parmi les Arabes. On remarque que ces maladies cutanées sont assez rares parmi les mahométans fidèles aux préceptes du prophète sur les prières et sur les ablutions , tandis qu'elles sont assez communes chez les Grecs, dans Tîle de Candie et dans la Syrie Les ravages que la lèpre a faits parmi les croisés et qui s'étaient répandus avec eux dans toute l'Europe occidentale, prouvent que ces derniers étaient bien loin d'imiter la propreté des musulmans
Page 182, ligne 14. — Les janissaires qui composaient la garde de ce ]wste extérieur , baissèrent la tête en uojantle sandjakcJterif.
Ou regarde le sandjak-chérif comme le premier des drapeaux de Mahomet. Il en a eu plusieurs, dont les uns étaient blancs , les autres noirs; le principal de ces derniers était de camelot , et avait servi de portière à la chambre d'Aïsché , la plus chérie de ses femmes. Le sandjak-chérif actuel est, dit-on, composé de la mousseline que Schemy détacha de son turban, pour en faire un drapeau, lorsque, envoyé par les ennemis de Maho- 2. 18
met pour arrêler ou détruire le prophète qui était alors
caché dans une grotte près de la Mecque, il se sentit
séduire et er.traîner par les discours persuasifs de cet
homme éloquent et devint le plus zélé de ses partisans,
après avoir été le plus acharné et le plus cruel de ses
ennemis.
Cette oriflamme avec laquelle Mahomet, jusqu'alors simple prédicateur, commença son apostolat militaire, est couverte d'un autre drapeau dont se servait le calife Omar, et de quarante enveloppes de tafTctas; le tout est renfermé dans un fourreau de drap vert. Au milieu de ces enveloppes se trouve un petit livre de l'Alcoran , écrit delà main d'Omar, et une clef d'argent du sanctuaire du Kéabé, lacpielle fut présentée par le chérif de la Mecque à Sélini I", après la conquête de l'Egypte et de la Syrie. Le sandjac-chérif , après avoir appartenu aux (inalrc premiers califes, passa aux Ommiades de Damas, de ceux-ci aux Abassides de Bagdad et du Caire, et finalement à la maison ottomane. Déposé par Sélim I" à Damas dont le pacha, en sa qualité d'émir des pèlerins, le faisait porter tous les ans à la Mecque , à la télc de la caravane des villes saintes, il fut transporté d'Asie en Europe sous le règne d'Amurath III, pour apaiser une insurrection terrible des Janissaires, qui durait depuis plusieurs jours, et qui menaçait la vie du
ET JUSTIFICATIVES. a;5
sultan. Resté et conservé soigneusement dans le sérail de Constantinople depuis celte époque, on ne le fait sortir que lorsque le sultan ou le grand-visir conduit en personne les armées^contre les ennemis de l'empire. Il est défendu à toute personne qui ne professe pas la religion musulmane, de fixer ses regards sur ce drapeau sacré. L'ambassadeur ou internonce d'Autriche, sa fenmie,sea filles et une suite nombreuse d'Européens distingués furent outragés en 1769 par une populace fanatique, pour s'être permis de regarder d'une maison de Constantinople le sanjak-chérif, lequel sortait du sérail pour être porté à la tête de l'armée ottomane marchant contre les Russes. La Porte , à qui cet ambassadeur porta ses plaintes, fit semblant de le satisfaire en faisant étrangler quelques individus, qui étaient coupables d'autres crimes. La Cour de Vienne, informée de cet événement, au lieu de se plaindre et de demander vengeance, rappela cet ambassadeur, pour lui apprendre par cette disgrâce, qu'un ministre étranger doit être toujours le premier à montrer des égards pour les coutumes locales et surtout pour les idées religieuses du pays où il réside
Page 2 2 '}. — Les scjnwns rcgiilicrs reçurent l'ordre d'entrer dans le sérail y et furent répartis sur les murs d'enceinte du ciké de la ville.
Le sérail (lu Graml-Seigncnr est placé près tic rangle nord-est an triangle que forme la ville de ConsJantinople. II occupe une grande partie dé l'emplacement de l'ancienne ville de Byzance. Son enceinte d'environ sept milles d'i'tendue, est composée d'une muraille épaisse , solide , élevée . percée de créneaux et flanquée do tours , tant du cùfé de la ville que vers le rivage de la mer. La pointe du sérail est presque sur la direction de la ligne centrale du Bosphore, dont les eaux rapides viennent s'y briser avec force. Les édifices de lïntéiieur du sérail présentent un mi'Iange confus de maisons, dont quelques-unes sont très-mesquines et d'un mauvais aspect. CoMslmifs sans ordre et suivant les caprices des empereurs, tous CCS édifices se distinguent des malsons particulières de la Ville par leurs tolis couverts de plomb. La principale entrée du sérail est revêtue en marbre et s'appelle Bab -V mayoum, Porlc-Suhlime. Elle introduit à la première cour dite de Saint-Trcnée, où se Irou-
vent l'église de ce nom , transformée en salle d'armes , riiôpital du sérail et la monnaie.
La deuxième cour s'appelle cour du divan, parce que c'est près de cet espace que se trouve le palais du divan où le conseil d'état se rassemble dans une grande salle dans laquelle on a pratiqué une tribime grillée pour le Grand - Seigneur. Les bâtiments qui servent aux offices, aux écuries et au trésor, ont leurs portes d'entrée dans cette deuxième cour, dont ils forment la façade irrégulière. Le palais du divan est contigu aux appartements du Grand-Seigneur. Une gai rie couverte conduit àla magnifique, mais assez petite chambre d'audience , où est le trône de l'empereur. C'est là que les ministres étrangers coiffés d'un chapeau à trois cornes et revêtus d'une belle pelisse de marte noire , qu'ils reçoivent de la munificence du sultan , sont présentés avec leur suite, dont le costume offre également la réunion grotesque de l'habillement oriental et européen.
C'est au delà de cette deuxième cour que se trouve le harem, habité par les nombreuses et jolies esclaves qui sont destinées aux plaisirs du sultan. Sept d'entre elles sont élevées au-dessus des autres par le titre de Cadunes , et ont un établissement particulier et des esclaves pour les servir. Cette dignité, à laquelle toutes les autres jeunes filles aspirent et ont le droit de prétendre,
occasionne beaucoup d'inlrigues et souvent des crimes. La cadune disgraciée ne rentre plus dans la classe des simples odalisques ; mais elle est renvoyée dans le vieux sérail , lieu d'oubli et d'abandon, où sont reléguées impitoyablement toutes les femmes dont les grâces sont flétries par la tristesse , par des passions dévorantes non satisfaites ou bien par l'action de l'âge plus active dans celte solitude que dans l'état de liberté. La cadune ou l'odalisque devenue mère d'un garçon, prend le titre d'asseki, et peut approcher le »ullan aussi souvent qu'elle le désire. Ce droit cesse si son fils vient à mourir.
Les Turcs ont la liberté de prendre quatre femmes légitimes, d'après la loi de Mahomet. Mais il paraît qu'ils trouvent si peu d'agréments dans ces nœuds, où leurs droits et leurs devoirs matrimoniaux sont fixés par les lois religieuses et civiles, qu'il n'arrive presque jamais qu'ils en prennent plus d'une. Les sultans ottomans se sont entièrement dégagés de celte dépendance et n'ont que des esclaves.
Les cadunes et les eunuques noirs veillent sur les simples odalisques et les traitent quelquefois avec une sévérité cruelle. Les premières veulent faire sentir leur importance et se plaisent surtout à sé\ir contre celles
dont la beauté, les grâces et les talents peuvent les rendre des rivales redoutables. Les eunuques noirs, dont la mutilation est telle qu'il ne reste aucune trace de leur sexe, se plaisent à tourmenter ces malheureuses esclaves aux yeux desquelles ils ne peuvent être qu'un objet d'horreur et de dégoût.
Les eunuques blancs n'approchent pas des femmes et sont employés hors du harem , dont les portes leur sont confiées. Ils sont chargés en outre de surveiller et d'instruire les pages du Grand-Seigneur, occupation dont ils s'acquittent avec d'autant plus de zèle et de sévérité, que ces jeunes gens, chez qui la nature est dans toute sa force et son éclat, ont peu d'estime pour les êtres mutilés qui président à leur éducation.
Outre les bostandgys, dont nous avons déjà rendu compte et qui sont au nombre de dix mille hommes, il existe dans les palais impériaux près de deux mille akchys ou cuisiniers, distingués par leurs bonnets coniques de feutre aurore, et environ cinq cents capidgis, dont les officiers sont connus sous le nom de capidgisbachys. Ceux-ci, pris parmi les anciens pages, sont ordinairement chargés par le sultan de missions secrettes et surtout de ces opérations souvent difficiles et toujours dangereuses, relatives à l'exécution des pachas disgraciés.^
28o NOTES EXPLICATIVES
Lorsque le Grand - Seigneur quitte son sérail de Constantinople pour aller habiter, au mois de mai, suivant sa coutume, ses palais d'été, dont le principal est celui de Dolmah-Bakché près du Bosphore , tout le harem suit son mouvement. Il en était de même autrefois , lorsque les empereurs ottomans se rendaient à Andrinople ou lorsqu'ils dirigeaient eux-mêmes leurs armées. — Il est facile de concevoir quel embarras, quelles dépenses, quels désordres entraîneraient ces femmes et leur suite nombreuse, dans desmarches im peu longvies, puisque le seul trajet de Constantinople à Dolma-Bahché sur une distance d'environ une dcmi-licue par eau, nécessite de grandes précautions et des préparatifs de plusieurs jours. — Il est probable que Mahomet II, Sélim I", Soliman I" et Amurath IV n'avaient pas im harem aussi nombreux que celui des sultans actuels, et, qu'après avoir fait un choix d'une douzaine de fdles parmi les plus jolies esclaves, et d'une trentaine d'eunviqucs noirs pour les surveiller et les servir, ils renvoyaient impitoyablement les autres dans le vieux sérail.
Les embarras et les dépenses qu'occasionnerait à l'armée le transport d'un harem impérial, dont la réduction serait môme très-difficile et presque impraticable à
ET JUSTIFICATIVES. a8i
cause des abus qui se sont introduits jusque dans celte partie, est une des considérations principales qui empêchent depuis plus d'un siècle les empereurs ottomans de s'éloigner de Constantinople et de se mettre à la tête de leurs troupes.