‹ Révolutions de l'Amérique espagnole, ou Récit de l'origine, des progrès et de l'état actuel de la guerre entre l'Espagne et l'Amérique MéridionaleChapitre 15 sur 21 · DO · texte numérisé non relu

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Le générai Belgrano s'était retiré â Tucuman suivant les instructions qu’il avait reçues du gouvernement; mais., vivement poursuivi par Tristan , il aurait continué son mouvement rétrograde , si les habitans de Tucuman ne s’y étaient opposés. Ils s’armèrent d’eux-mémes, et l’obligèrent à tenir ferme, Tristan alors attaqua l’armée de Belgrano le r it\ septembre 1812 ; mais il fut forcé à la retraite après une perte de onze cents hommes tués , blessés ou faits prisonniers. La dénomination de Champ de V honneur a depuis désigne le glorieux emplacement de cette bataille.

Durant cette période , deux assemblées s étaient tenues à Buenos-Ayres pour élire deux nouveaux membres du gouvernement, La première assemblée du 5 avril 18 ï 2 nomma pour un des membres don J. M. Puyrredon, d’un caractère fort populaire ; elle déclara ensuite que la souveraineté de la province de Rio de la Mata lui appartenait , et proposa en conséquence ries changement à la constitution, ïf assemblée , qui outrepassait ses pouvoir sans aucun doute 5 fut dissoute par le

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gouvernement. La seconde assemblée , réunie le 6 octobre xSi 2, élut pour second membre don M. Medrano , et parut décidée à suivre la même marche que la précédente ; mais la municipalité , le peuple et les troupes s'opposèrent à ses desseins.

Elle fut dissoute par la force militaire :

une réunion des liabitans de Buenos- Ayres , cahildo ohierta , convoquée le 8 octobre 1812, confia Fadministration à don N. Pena , don J. -J. Passo et don À. -A.' Joute.

Le traité conclu entre le capitaine général Eiio et le gouvernement de Buenos- Ayres fut rompu à cette époque, et le gouvernement de Buenos- Ayres se détermina à remettre le siège devant Monte-Video. Le célèbre Monasterio , directeur de Fécôle militaire de Madrid , sous le règne de Charles IV, envoya aux assiégés des canons de la fonderie qu’il avait établie à Buenos-Ayres. Elio fut remplacé dans son commandement par don G, Vigodet , qui , ayant reçu d’Espagne un renfort de troupes , se flattait de renverser la junte de Buenos - Ayres. Au milieu de décembre

1812, plusieurs divisions de troupes de cette ville ? sous le commandement de Rondeau,, s'avancèrent vers Monte-Video. Vigodet leur livra bataille le 3 i du même mois j et fut repousse avec des perles considérables : de nouveaux renforts arrivés de Buenos-Ayres mirent don M. Sarratea en état de faire régulièrement le siège de la place; mais quelques différens survinrent entre Artigas et lui : les officiers se rangèrent du côté d’Artigas ; Sarratea fut obligé de quitter l’année , et Rondeau prit son commandement.

La bataille perdue le 3 i décembre ne découragea pas Vigodet , qui, voulant profiter de la supériorité de ses forces navales, embarqua un nombre considérable de troupes avec ordre de prendre terre sur les côtes de Buenos-Ayres ; ce qu’elles firent à Parana , le i3 février i8i3. Le but de cette expédition était de procurer des vivres aux assiégés réduits à de fâcheuses extrémités. Le gouvernement de Buenos- Ayres, instruit de ce débarquement, dépêcha le colonel San-Martin avec de l'infanterie et de la cavalerie. San-Martin

livra bataille sans attendre 1 infanterie, et remporta une victoire complété a San-Lorenzo , sur la rivière Parana.

Avec les renforts envoyés à Farmee du Pérou, Belgrano reçut Tordre d ’attaquer les royalistes ; et, à la bataille de Salta, le 3 o février i8ï3, Tristan , général espagnol, et toute son armée furent faits prisonniers.

En considération de l’ancienne amitié qui unissait ces deux généraux avant les circonstances présentes , Tristan eut la permission de se retirer au Pérou avec son armée , après qu’il eut fait serment que ni lui ni aucun de ses soldats sous ses ordres ne reprendraient jamais les armes contre Buenos- Ay res. La générosité de Belgrano ne fut pas approuvée du gouvernement , mais les ordres arrivèrent trop tard pour en empêcher l’exécution. Tristan et ses soldats avaient déjà joint la division commandée par Goyeneche , et se préparaient de nouveau à combattre. Le résultat de la bataille de Salta fut la reprise des provinces de Potosi, Charcas, Chayanta et Cochabamba.

L’assemblée , appelée consiituyente ,

s assembla le 3i janvier i8i3. Elle était composée de députés nommés par les collèges électoraux des villes et cités des provinces de Rio de la Plat a. La souveraineté de cette assemblée fut personnellement reconnue par chaque habitant- Le gouvernement, qui s’était jusque-là appelé gouvernement supérieur , changea cette dénomination pour celle de suprême pouvoir exécutif. Ses membres furent Pena, Perez»

et Jonte. L’assemblée décréta qu’à l’avenir tous les enfans des esclaves àBuenos-Ayres seraient libres ; et il fut arrêté que les esclaves des provinces adjacentes et de toutes les parties de l’Amérique, qui viendraient à Rio de la Plata , recevraient immédiatement leur émancipation. Pour étendre aussi loin que possible Fesprit de ce décret, le gouvernement fit un plan pour affranchir un nombre considérable d’esclaves , sans priver les maîtres de leur propriété en ce genre, et sans obliger le gouvernement à payer leur entière valeur. Ce plan fit honneur à ceux qui 1 avaient conçu , et il était digne d’être approuvé : il stipulait que chaque propriétaire d’esclaves serait forcé

d en vendre on sur trois au gouvernement, et le prix de ces affranchis serait reconnu dette de letat. lient été dangereux, pour la tranquillité du pays et ruineux pour les esclaves mêmes, qu’on les eût laissés maîtres de leur propre sort. II fut en conséquence convenu qu’on les formerait en bataillons; mais les officiers, sergens et caporaux devaient être des blancs ; ils devaient être nourris et habillés par le gouvernement, et recevoir une gratification, par semaine d’un demi-dollar d'Espagne, Quelques Espagnols de Buenos- A yres , poussés par les royalistes de Monte- Video, tramèrent une conspiration contre le gouvernement. Les conspirateurs furent découverts, arrêtés, jugés ; et quatre de ces infortunés furent exécutés.

Au mois d’août 1 8 1 3 , l’assemblée nomma don G. Posadasà la place de don A, A* «J onte , dont le temps de siéger comme membre du gouvernement, venait d’expirer d'après Yesiatuto . L'assemblée bientôt apres nomma des commisaires pour voyager dans les provinces : on leur donna le pouvoir de faire les réformes nécessaires.

particulièrement dans le département des finances. Ces commissaires furent don J. Ugarteche et Jonte ; tous deux partirent pour l’intérieur.

L’armée du Pérou , sous le brigadier Pezuela , successeur de Goyeneche , et celle de Buenos-Ayres , commandées par Belgrano, se rencontrèrent à Viloapugio, au nord du Potosi ; et dans ce lieu se livra une sanglante bataille. Belgrano fil sa retraite sur Ayuma , au nord de Chuquisaca ; et , vivement poursuivi par les royalistes , il fut obligé de soutenir un second combat à la fin de novembre i8i3.

Les troupes de Buenos-Ayres furent complètement défaites par Pezuela, qui , dans son rapport officiel au vice-roi de Lima , paya un juste tribut de louanges à leur courageuse conduite.

Ces revers excitèrent de grandes alarmes à Buenos-Ayres, ou se trouvaient les troupes requises pour renforcer Farinée du Pérou et celle qui assiégeait Monte-Video.

L’opinion publique était indécise sur i issue de la présente contestation , et le crédit du gouvernement baissait considérablement

En raison des circonstances, les membres du

gouvernement proposèrent un changement qui devait augmenter sa force en la concentrant: le gouvernement de trois, qu^on accusait d’avoir beaucoup retardé les affaires publiques , fut détruit par l’assemblée du 3i décembre i8i3, et don J. Pozadas , chargé du pouvoir exécutif ,, sous la désignation de directeur suprême. Sept membres furent nommés comme conseil du directeur suprême ; les trois secrétaires d’état étaient membres de ce conseil.

Le colonel San-Martin succéda à Belgrano , qui fut mis en jugement en raison de sa derniere défaite. San-Martin marcha vers le Tucuman avec des troupes et des munitions ; et, dans ce lieu , il disciplina une nouvelle armée, qui, en peu de mois, fut portée au nombre de trois mille cinq cents hommes. Il forma pareillement les guérillas en différens corps , et par leur moyen d réussit à intercepter les communications enti e les divisions des troupes royales , et en harcelant les fourrageurs , il priva Farinée ennemie de toutes provisions. Pezueia

fut obligé d'abandonner Salta , Tarija , et une partie du haut Pérou. Les guérillas de Cochabamba , commandés par l'Espagnol Alvarez d’Arenalès , contribuèrent beaucoup à ces succès partiels.

Don Juan Larrea , secrétaire des finances , projetait de créer une force navale suffisante pour s’opposer à celle des royalistes ; il y réussit. Ses forces se composaient de deux bricks , trois corvettes et un armateur, tous armés et avec des troupes à bord. La petite flotille fut mise sous les ordres de Brown , négociant anglais à Buenos- Ayres. Brown mit à la voile et eut un engagement avec quelques vaisseaux espagnols , près de File de Martingancia , au mois d’avril i8i 4* Ce combat ne produisit aucun résultat important. Mais , le 2 5 mai suivant, vis-à-vis de Monte-Video, Brown prit deux corvettes et en brûla deux autres. La flotille royale s’éloigna , et Brown commença le blocus de Monte-Video.

A la suite de quelques différens avec Rondeau, Artigas retira ses troupes du siège. La santé du général San-Martin s’était affaiblie; il demanda un congé, et

Rondeau fut nommé à sa place. Le siège de Monte-Yideo fut alors confié au colonel Alvear, qui y arriva avec un renfort de troupes de Buenos- Ayres. Alvear, par une correspondance secrète avec quelques officiers de la garnison de Mon te- Y ideo , apprit que la ville ne pouvait pas tenir longtemps, parce qu'elle manquait de provisions, Vigodet , bientôt après , offrit de capituler aux conditions suivantes , qu Ab vear accepta.

i°. La garnison de Monte-Video sera libre de s’embarquer pour l’Espagne ;

2 0 . Les troupes de Buenos-Ayres resteront en possession de Monte-Video , jusqu’à ce que le résultat de la députation projetée en Espagne soit connu.

Alvear, en entrant dans la ville , au mois de juin i8 l 4^ s’empara de 55oo prisonniers, de ïiooo fusils, d’un immense parc d’artillerie , et d’équipages militaires. On permit à Vigodet de s’embarquer pour l’Espagne ; mais la garnison fut dispersée dans l’intérieur des provinces de Rio de la Plata, excepté les soldats qui s’enrôlèrent dans l’armée. Le gouvernement , par con-

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séquent , ne remplit pas les conditions de la capitulation. Pour sa justification , il allégua , entre autres raisons , le manque de foi de Tristan et de Goyeneclie , qui le mettait en droit d’user de représailles.

Arligas demanda que la ville de Montevideo lui fût livrée , comme étant la clef de la banda oriental. Le gouvernement de Buenos-Ayres refusa d’accéder à cette demande ; et , pour s’opposer à ses tentatives , quelques divisions de l’armée restèrent dans les environs. Le commandement de ces corps fut donné au colonel Soler, nouvellement élu gouverneur de Monte- Video.

Alvear profitant de l’influence que lui avait donnée la prise de Monte-Video, se fit nommer général en chef de l’armée du Pérou et se mit en marche avec de puissans renforts; mais Rondeau s’efforça d’empêcher qu’il en prît le commandement , et les troupes le secondèrent. Alvear, parvenu dans la province de Cordova , apprit que l’armée était contre lui , et fut obligé de revenir à Buenos- Ayres; il sollicita alors la place de directeur suprême , et l’obtint eu

janvier 1 8 1 5 , après la démission préalaMe de Posadas. Ces événemens amenèrent l’anarchie ; l’armée du Pérou refusa de reconnaître Alvear. Cette résolution divisa les provinces : quelques-unes se déclarèrent pour Alvear , d’autres pour Rondeau. Alvear , ni Rondeau cependant ne commirent ddiostilités l’un contré l’autre , mais la communication entre Buenos- Ayres et plusieurs provinces fut interrompue.

A cette époque environ, J. Rivera, l’un des généraux d’Artigas , défit les troupes de Buenos-Ayres , commandées parle co~ lonel Dorrego. Soler , après cet échec, reçut 1 ordre de quitter Morte-V ideo avec le reste de ses troupes. Artigas prit aussitôt possession de cette ville; et, décidé à porlei la guei i e dans la province de Buenos- Ayres, il marcha sur la ville de Santa-Fé dont il s’empara. Alvear envoya deux mille hommes sous les ordres du brigadier ^ lana et du colonel .Alvares pour arrêter les progrès d Artigas. Alvarès profita de sa nomination pour agir contre Alvear : il fit arrêter son général et se déclara ouvertement pour Artigas. Jonte arriva dans

ce moment, député par l’armée du Pérou, qui demandait la destitution d’Alvear. Ce* lui-ci reconnut enfin l’impossibilité de se maintenir en place, malgré le vœu du peuple, auquel il avait déplu par son excessive ambition; il quitta la cité en envoyant sa démission Le peuple s’amassa en foule; il venait d apprendre la détermination d’Âlvarès de revenir sur Buenos-Ayres, et il manifesta par de grands cris sa fureur contre Alvear. Cette révolte eut lieu le i5 avril i8i5.

On convoqua une réunion publique des habitau s , qui cassa Fautorité d’Àlvear et même celle de l’assemblée , et investit la municipalité de Fautorité suprême. Alvear se retira vers les troupes campées à une lieue de la cité, et toujours sous son commandement. On répandit qu’il voulait attaquer la ville; et, sur ce bruit la municipalité ordonna à tous les citoyens de prendre les armes, lit arrêter la femme d’Alvear , celles de Larrea et de plusieurs autres membres de l’assemblée , et envoya des députés à Alvear pour l’engager à se démettre du commandement des

troupes : ils réussirent. En conséquence , Alvear obtint la permission de s embarquer sur une frégate anglaise , commandée par le capitaine Percy > qui offrit ses services $ comme médiateur , et sa garantie.

La municipalité , après avoir forme une junte investie du pouvoir législatif , sous le nom de junte d’observation , qui publia un nouvel estatuto ou constitution provinciale , nomma Rondeau directeur suprême de l’Etat ; mais le commandement militaire rattachant à son armée , le colonel Alvarès fut élu son substitut.

Les soins du nouveau gouvernement se portèrent ensuite sur le procès que Fou devait faire aux membres de l'ancien. Les gazettes étaient pleines d'invectives contre eux : des accusations secrètes arrivaient de toutes parts, et le nombre des personnes arrêtées se montait à plus de vingt.

Le colonel Paillardel fut jugé et condamné à mort , et la sentence mise à exécution ; mais les habitans de Buenos-Ayrës ayant manifesté hautement leur mécontentement , le nouveau gouvernement se cou-

tenta d’exiler ceux qui restaient en son pouvoir.

Brown, qui avait obtenu le rang d’amiral après la prise de Monte-Yideo, proposa de conduire une expédition dans la mer du Sud, où il pouvait considérablement gêner le commerce d’Espagne. Le gouvernement approuva cette idée, et Brown avec sa petite flotille mit à la voile à la fin de l’année i8i5. Cette expédition navale fut d’abord couronnée d’un grand succès ; mais le vaisseau de Brown , arrêté sur les sables près de la côte de Guayaquil , fut capturé par les Espagnols. Heureusement un des vaisseaux de Brown avait pris quelques jours auparavant le nouveau gouverneur de Guayaquil, qui se rendait à Panama. Un échange fut proposé et accepté. Brown captura plusieurs vaisseaux durant sa station dans la mer du Sud ; il en envoya quelques-uns à Buenos- Ayres , et lui-même , chargé d’un riche butin, fit voile pour la mer du Nord. Un vaisseau de guerre anglais , le Brazen, s’empara de Brown et conduisit son vaisseau à Antigua , où il fut condamné sous

prétexte qu’il avait violé les lois de la navigation.

Lorsque les membres de l’administration se furent débarrassés de leurs adversaires, ils tournèrent leur attention sur Artigas, toujours en possession de Santa- Fé , et envoyèrent contre lui une expédition sous les ordres de Viarnont. Il attaqua Artigas, qui le battit et le fit prisonnier.

Quelque temps après, l’armée du Pérou fut vaincue par les royalistes , alors commandés par Pezuela , renforcés par des troupes d’Espagne. Cette bataille fut livrée à Sipe-Sipe, en novembre i8i5 ; et le résultat fut que Charcas, Potosi et Tarija tombèrent une troisième fois au pouvoir des royalistes.

Alvarès convoqua les représentans de la province ; mais , avant leur réunion, le peuple se souleva et força Alvarès de quitter le pouvoir suprême quil exerçait pendant l’absence de Rondeau. Balearce le remplaça d’abord, et l’administration fut mise entre les mains d'un comité. Le nouveau congrès, assemblé à Saint-Michel deTucu-

man,procédaàlanomination d’un directeur

suprême. Le choix tomba sur don J.-M.

Puyrredon , fort considéré dans le pays, qui prit les rênes du gouvernement à la grande joie des habitans , déjà fatigués de si fréquentes révolutions. Puyrredon donna le commandement de l’armée du Pérou au général Belgrano, et fit passer des renforts aux troupes qui , sous les ordres de San- Martin , défendaient les frontières de Buenos- Ayres, limitrophes du Chili.

Le congrès déclara l’indépendance des pr ov inces de Rio de la Plata, le 9 juillet 1816.

Voici sa déclaration :

« Wons 5 représentans des provinces unies de Rio de la Plata , assemblés en t congrès général; implorant l’Etre suprême* nous prenons le ciel, la terre et les hommes à témoin de la justice de notre cause ; et, au nom et par l’autorité du peuple que nous représentons, nous déclarons solennellement que la volonté unanime desdites provinces est de rompre tous les liens qui les unissent aux rois d’Espagne, de reprendre tous les droits dont elles sont pi e vées , et de s’élever au rang d’une nation indépendante, libre et capable désormais

d établir par elle-même un gouvernement tel que la justice et les circonstances impérieuses le demandent. Pï ous sommes munis de pouvoirs , par les provinces en général , et par chacune en particulier, de déclarer que tous les citoyens s’engagent à consacrer tous leurs moyens, leui s vies, leurs biens, au soutien de l’indépendance.

» A l’égard des nations qui s’intéressent à notre sort, nous sentons la nécessité do leur faire connaître les motifs de notic conduite, et décrétons qu un manifeste sera incessamment publié.

» Fait en la salle de notre session , signé par nous et scellé du sceau du congrès , et, pour témoins, nos secrétaires.

)) F. N. de Laprxdas , président .

» M. Boedo, vice-président .

» J. M. Ser r a no, J. J. Passo, secrétaires . »

Dès long-temps le Portugal formait le plan d’étendre ses possessions américaines jusqu'à Rio de la Plata. Depuis rémigration de la famille royale ce plan avait été fréquemment examiné ; et ce fut pour l’ef-

fectuer que le gouvernement portugais saisit si vivement l’occasion d’envoyer une expédition, lorsqu’Elio demanda du secours en 1811. Parmi les bannis de Buenos-Ayres après la révolution du 1 5 avril i8i5, quelques-uns, et particulièrement Alvear, Garcia et Herrera encouragèrent le gouvernement portugais à exécuter son plan favori. Ce dernier fit venir de Lisbonne des troupes, qui campèrent à Rio- Grande. Quand elles furent réunies au nombre de dix mille hommes , le général Lecor envahit la banda oriental par deux côtés difféi'ens. Une partie de ses troupes, sous le commandement du général Curado, prit la route de las missiones de las Guaranies ; l’autre prit possession du { fort Santa-Teresa , de Rocha, de San -Carlos et de Maldonado. Le général Lecor fixa son quartier général dans ce dernier port, en décembre 1816.

Artigas résolut de s’opposer à l’invasion.

II était ami de l’indépendance , et le prouva en refusant les offres du gouvernement d’Espagne , qui lui proposait de le faire brigadier s’il épousait la cause royale.

Artigas , regardé comme un oracle par ses compatriotes, leur inspira de la confiance et de l’espoir. Il justifia d’abord l’une et l’autre, en obtenant quelques avantages sur la division commandée par Curado ; mais, le général Lecor s’étant avancé sur Monte-Video que la garnison évacua, la municipalité envoya une députation lui offrir les clefs de la ville. Lecor entra dans Monte-Video le 20 janvier 1817 ; il en était encore maître aù mois de mai dernier, quoique harcelé par les guérillas dArtigas qui occupaient le pays environnant, et empêchaient les approvisionnemens de Fin térieur d’entrer dans la ville. Ces guérillas ont dernièrement chassé les Portugais de la batterie appelée del Cerro, qui commande la ville et la rade. Les^opérations militaires des Portugais ont été arrêtées par l'insurrection de Peroambuco, au mois d'avril dernier , et par les préparatifs hostiles du gouvernement de Buenos-Ayres.

L’armée qui protégeait les frontières occidentales traversa les Andes , environ au milieu de janvier, et prit possession de la province de Chili , après avoir battu les

royalistes en plusieurs rencontres. Vers le même temps environ , l’armée royale du Pérou , extrêmement affaiblie par les maladies et la disette , abandonna les positions avantageuses qu’elle avait prises dans la vallée de Tujui. Une des divisions royales fut , à cette époque , défaite à Yamparaes. Après cet écbec , toute 1 armée opéra sa retraite sur Potosi. Lune des divisions des independans , sous le commandement du colonel Guemes , attaqua barrière-garde a Humagua, et s empara de six pièces d artillerie et de tiois cents prisonniers.

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