RÉVOLUTION DU MEXIQUE
Conclusion de l’ouvrage.
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Commencement de la révolution dans la ville de Dolores, excitée par le prêtre Hidalgo. — Il marche contre Mexico avec cent mille hommes. — Bataille d’Àculco. — Hidalgo se retire sur Guadaîaxara. — Bataille d’el puente de Calderon. — Hidalgo est fait prisonnier. — Rayon, homme de loi , forme nne junte à Zitaquaro. - — Prise de Zitaquaro par Callejas ; son décret pour détruire la ville. — Victoire du patriote Morelos. — Siégji de Quautla-
Amilpas par Callejas. — Opérations de Morelos. »
Assemblée du congrès. — Morelos est fait prisonnier. — Instructions interceptées. — Derniers événemens. — Conclusion.
L a vice-royauté de la nouvelle Espagne est divisée en deux capitaineries générales.
Les capitaineries sont Mexico et Yucatan :
les commanderies générales sont les pro- %inces intérieures orientales et les provinces intérieures occidentales; lautorrté
du vice -roi s’étend dans toute la vice-
royauté , quoique , pour les affaires militaires, le capitaine général de Yucatan agisse indépendamment de lui-
La vice-royauté est subdivisée en douze [tendances qui sont : Mexico, Puebia , [axaca, Yera-Cruz, Merida de Yucatan, uadalaxara, Goanaxoato, Durango, San»
Lhis Potosi , Sonora, Yaliadolid de Me-
choacan et Zacatecas. Le gorregimiento de Queretaro et le gobierno de llascala appartiennent à la vice-royaute de la nouvelle Espagne, mais forment des terri-
toires distincts , et ne sont pas compris dans la division des douze intendances. La population du Mexique est de six millions d habitans : celle de la capitale seule s e~ lève à 1 40,000.
Mexico jouissait dune apparente tram quillité depuis la conspiratiou des Espagnols contre le vice-roi Jturrigaray. La junte centrale avait placé le pouvoir civil de la vice-royauté dans les mains de Tarn chevéque , que sa douceur et sa modération faisaient généralement aimer. Jturrigaraf fut déposé uniquement , parce qu’il par» 1
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favoriser le projet d’établir une junte , lorsque l’Espagne fut envahie par les Français, et privée du roi. Les Espagnols, qui avaient détruit le plan d J turrigaray, enthousiasmés de leurs succès, et devenus encore moins populaires , déployèrent bientôt une audace, un despotisme sans bornes , en apprenant qu’ils étaient hautement approuvés par la junte centrale d’Espagne.
La position des Mexicains devint insupportable après la déposition du bon archevêque, auquel succédèrent, dans l’exercice du pouvoir, ses plus grands ennemis, les membres de Faudiencia, jusqu’à Farrivée de don J. Venegas , nommé vice-roi par la régence de Cadix. ^
A l’époque de ce changement les troupes constamment stationnées en temps de guerre entre Mexico etVera-Crux, pour empêcher quelque attaque sur les côtes par les croisières britanniques , furent appelées dans l’intérieur, et le régiment de cavalerie de la reine fut envoyé à Quereiaro. Trois capitaines de ce corps, Allende, Aldamaet Abasolo, natifs de San -Mi gu eh
el- Grande , ville près de Goanaxoato , 4 plus de soixante-dix lieues de Mexico, étaient liés d’amitié avec don Miguel Hi-* dolgo y Costilla , curé résidant dans la ville de Bolores, voisine de San -Miguel-el- Grandeet de Goanaxoato. Hidalgo, homme doué detalens très-distingués, et beaucoup plus instruit que ne le sont ordinairement les ecclésiastiques dans la nouvelle Espagne , jouissait d’une très-agréable existence à Dolores , et possédait Laffection des Indiens qu’il avait pris soin d’instruire. Ayant remarqué la haine portée aux Espagnols dans toute la vice-royauté , Hidalgo dressa un plan d’insurrection, qui devait, dit-on, éclater dans toutes les provinces de la nouvelle Espagne, le premier novembre 1810.
Àllende, Aldama et Abasolo se joignirent avec empressement à lui , et leur activité pour accroître le mécontentement f ut vraiment merveilleuse. Ils appuyaient fortement sur tout ce qui pouvait animer les naturels du pays contre les Espagnols. Le plan approchait de sa maturité , et les par tisans de l’insurrection étaient nombreux; lorsque Jturriaga, chanoine deValIadoli&
l’un des conspirateurs, au moment de mourir , découvrit toute la conspiration a Gil, prêtre résidant à Queretaro. Ces révélations furent aussitôt communiquées a quelques membres de l’audiencia , qui se trouvait elle-même divisée , en ce moment, en deux partis. Les membres qui reçurent cette nouvelle la cachèrent aux autres, et conseillèrent secrètement aux Espagnols de Queretaro d’agir contre le corrégidor , faussement accusé d’être à la tête de la conspiration, comme s’étaient conduits les Espagnols de Mexico avec Jturrigaray deux ans auparavant. En conséquence le corrégidor Dominguez fut attaqué au milieu de la nnit, et pris dans son lit. Cette arrestation répandit l’alarme parmi les principaux conspirateurs; ils craignirent que leur plan ne fût découvert, et se décidèrent à en préc ipiter l’exécution. Le capitaine iUlende se trouvait à cette époque àSan-Mi guel-el-Grande ; il rassembla quelques soldats dévoués à sa personne , et se mit en route pour Dolores, ou il arriva le t 4 septembre 1810 avec cent soldats recrutés dans sa marche. Ce jour-là Hidalgo
prêchait les Indiens : les divers points de
son sermon roulaient sur la tyrannie des Européens, l’état dans lequel la trahison des Espagnols avait réduit la Péninsule, et le danger que courait l’Amérique méridionale d’être livrée à la France , ou à l’Angleterre qui assurément proscrirait la religion catholique. Hidalgo finit son discours en appelant les Indiens aux armes ; et ils coururent aux armes avec fureur. Hidalgo, secondé par Allende , les dirigea sur San- Miguel-el-Grande , où toutes les maisons des Espagnols furent pillées. Deux escadrons du régiment de cavalerie de la reine se joignirent immédiatement à Hidalgo, qui marcha sur la ville de Zelaya. Là, une partie du régiment d’infanterie, appelé de Zelaga, ainsi qu'une partie du régiment de cavalerie del principe, se joignirent pareillement à l’insurrection. Hidalgo s’approcha de l’opulente ville de Goanaxoato , située à soixante lieues , nord-ouest , de Mexico , et peuplée de plus de quatre-vingt mille âmes.
Riano , intendant de Goanaxoato, se préparait à la résistance ; mais le bataillon d’infanterie stationne dans la ville se
déclara pour l’Indépendance. Riano , suivi de deux cents Espagnols , se fortifia dans un bâtiment appelé l’Alhoudiga : bientôt il fut forcé de se rendre ; et , le 29 septembre , Hidalgo prit possession de Goanaxoato oîi il trouva cinq millions et des lingots d’argent pour une somme considérable.
Le vice-roi Venegas , arrivé a Mexico le 16 septembre , réunit les principaux de la ville ; et , dans cette assemblée , il fit . connaître les honneurs que la regence accordait aux ennemis d’Jturrigaray. Lorsque ce nouveau vice-roi apprit les piogies d’Hidalgo , il dépêcha des troupes sous les ordres du comte de la Cadena pour défendre Queretaro , point militaire fort important , à quarante - deux lieues de Mexico. Queretaro contenait quatre-vingt mille habitans , qui tous favorisaient Fin»
snrrection et désiraient placer Hidalgo à leur tête, ce que le vice-roi empêcha , en introduisant , fort heureusement pour la cause royale , des troupes espagnoles dans la ville. Le a 3 septembre , Venegas publia une proclamation dans laquelle il essaya
de rétablir la tranquillité , en faisant observer que les Américains étaient maintenant sur le même pied que les Espagnols depuis le décret de la junte centrale du i 5 octobre 1809, et en promettant que les cortès prendraient très-incessamment en considération les réformes nécessaires pour assurer la prospérité de l’Amérique espagnole.
Hidalgo commença lexercice de son nouveau pouvoir en abolissant la taxe nommée tributos , que les Indiens avaient toujours payée depuis la conquête. Cette mesure les décida en faveur d’Hidalgo, et, de toutes les parties du Méchoacan, ils accoururent en foule à l’armée. Yenegas forma des corps de guérillas, composés entièrement d’Espagnols , et une milice mêlée de naturels et d’Espagnols. Il appela cette milice patriotas. Ces guérillas firent plus de mal à la cause royale que les indépendans mêmes. Le vice-roi, après avoir reçu d’innombrables plaintes , les licencia.
L’insurrection s’étendit rapidement. Lagos , dans l’intendance de Guadalaxara ,,
ville fameuse par la grande foire qui s’y tient tous les cinq ans ; Zacatecas , cité voisine de plusieurs des plus riches mines du Mexique , et d’autres villes situées au nord de Queretaro, saisirent avec empressement l’occasion de se déclarer contre l’Espagne.
Durant le séjour d’Hidalgo à Goanaxoato , il établit une sorte de discipline parmi la foule qui l’avait suivi, et nomma des officiers pour commander les corps nouvellement formés. Il fit aussi battre monnaie , fabriquer quelques canons de bois et un de cuivre , auquel il donna le nom de el libertador americano . Les troupes d’Hidalgo, qu’on devrait plus pr oprement appeler une caravane , furent armées avec des piques , des couteaux , des haches , des bâtons , de gros mousquetons et quelques fusils de Goanaxoato. Hidalgo marcha sur Yalladolid, où il entra le 20 octobre, au milieu des cris de joie des Indiens , des créoles , des ecclésiastiques et des officiers , qui lui prodiguèrent les plus grands honneurs. Hidalgo s’empara, dans cette ville, d’un million deux cent mille dollards , et gagna deux régi-
mens de milice , dont l’tm s’appelait le régiment de Patzquaro. Le a4 octobre , Hidalgo retourna sur Indaparapeo et convoqua un conseil des principaux capitaines de l’armée , afin de faire plusieurs promotions. Le conseil proclama Hidalgo généralissime de l’armée des Américains , Allende , capitaine généi al , Ballerea, Ximsnès, Arias et Aldama, lieutenans généraux, 'Abasolo, Ocon et les deux frères Martines , felds-maréchaux.
Une messe solennelle fut célébrée a cette occasion et l’on chanta un Te Deum. Le généralissime passa en revue 1 armée divisée en régimens de mille hommes chacun ; quatre-vingt régimens furent ainsi formés, trois dollars par jour assignés pour la paye de chaque colonel capitaine de cavalerie et un dollar pour chaque cavaliei , et un demi-dollar pour chaque fantassin.
Hidalgo parut à la revue avec son uniforme de généralissime ; c était un habi t bleu avec des paremens rouges, brodés en or et en argent, et une ceinture noire egalement iirodée. Il portait au cou une médaille sur laquelle était limage de la *Vieige
de Guadalupe, en grande vénération au Mexique Les drapeaux de 1 ai mce étalon Heu et blanc, pareils a la bannièie tes anciens empereurs d Anahuac ou du Mexique.
Les troupes d’Hidalgo marchèrent d Indaparapeo vers Mexico, prenant la route de Marabatio , Tepetongo , Jordana et Istlahuaca. Elles entrèrent à Toluca, à douze lieues à l’ouest de la capitale , le 27 oc *-° bre. Mexico se trouvait dans un éminent danger ; le peuple , et même un nombre considérable de personnes de haut lang , abhorraient les Espagnols. Les forces royales étaient divisées en différens corps, stationnés a tic tres-grandes distances 1 un de l’autre. Don F. Callejas, commandant une brigade , occupait San— Luis de Potozi, à plus de cent lieues de Mexico. Le comte de la Cadena , qui commandait trois mille hommes , était à Queretaro , et Venegas n’avait qu’une poignée d’hommes postés dans les environs de Mexico , plutôt pour effrayer les habitans que pour s’opposer à Hidalgo. Yenegas sortit de cette crise par un expédient qui le sauva, il obtint de 1 ai'-
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chevéque de Mexico et de l’inquisition une sentence d’excommunication contre Hidalgo et ses partisans , et contre toutes ses troupes. Cette solennelle excommunication fut lancée contre les indépendans :
l’inquisition publia un édit qui déclarait Hidalgo hérétique.
Hidalgo répondit à cet édit par un manifeste, dans lequel il exposait les principes de sa croyance , et signalait les contradictions des inquisiteurs dans leurs accusations contre lui , faisant observer quil était accusé de nier l’existence de 1 enfer, et en même temps de soutenir qu’un pape canonisé était en enfer.
Cesexeominunications ne firent aucune impression sur les troupes i cai Hidalgo , prêtre lui-même , persuada aisément a ses Indiens que ceux qui avaient prononcé cette terrible sentence contre lui , étant ses ennemis, ne pouvaient être légalement juges dans sa cause, et que l’excommunication retomberait infailliblement sur ceux qui l’avaient lancée. Cependant, les habitans de Mexico et ceux des provinces où ^insurrection n’avait pas encoie fait de
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progrès, demeurèrent tranquilles et dans une profonde terreur.
A L'approche de Far niée d'Hidalgo, Venegas envoya quinze cents hommes a Ist~ lahuaca, sous les ordres du colonel Truxih lo, un de ses aides de camp. Bientôt après, ces troupes reçurent un renfort de cinq cents hommes , parmi lesquels cent cinquante étaient esclaves. Lorsque Hidalgo entra à ïoluca,Truxillo recula sur Lerma, à neuf lieues de Mexico , profita d’un pont sur la rivière Lerma , s 5 y fortifia , et , par ce moyen , défendit le passage. Les indépendans traversèrent la rivière à Aten* ca , et les forces royales , pour n etre pas tournées , se retirèrent sur une éminence , el monte de las Cruces , ou Hidalgo les attaqua. Les régimens de Zelaya et de Valladolid, avec les bataillons de Goanaxoato, marchaient précédés de l’artillerie composée de quatre canons et d’une foule innombrable d’indiens : les régimens de cavalerie de Patzquaro , Reyna et Principe couvraient l’arrière-garde et le flanc de l’infanterie. Truxillo, débusqué de sa première position, faisait sa retraite sur Mexi*
CO lorsque Hidalgo lui envoya proposer de venir le trouver. Truxillo admit les envoyés dans ses lignes, et ordonna de faire feu sur eux. Il était alors fort près de Mexico , où il rentra le 3o octobre avec environ trois cents hommes , abandonnant toute son artillerie. Les gazettes de Mexico parlèrent de cet engagement comme d’une victoire obtenue par les troupes royalistes. Une médaillé poitant les noms de Truxillo, Bringar, et Mendivil , fut frappée à la Vera-Cruz pour en perpétuer le
souvenir.
Cependant le bruit se répandit que les troupes d’Hidalgo étaient entrées dans Mexico , ce qui occasiona de grandes alarmes. Venegas instruit, presque en même temps , que le prêtre Morelos , avec un corps d’indépendans , avait pris possession de plusieurs villes au midi de Mexico ; que Villa grau marchait sur cette capitale par la route de Tlalucpantla , se préparait à se retirer à Vera-Cruz avec les Espagnols , s’il était vaincu par l’ennemi ; ses troupes se montaient à deux mille hommes campés entre les deux-promenades publiques ne
la capitale , Bucarelli et la Pieclra ; son artillerie défendait l’entrée de la ville. Le 3 1 octobre , à la vue des troupes d Hi dalgo qui descendaient les montagnes de Santa-Fé, le peuple , espérant que les indépendans seraient vainqueurs , manifesta hautement sa joie. Yenegas, a la tete de ses troupes , attendait 1 ennemi , qui envoya le général Ximenès avec des dépêchés pour le vice -roi. Ximenes , arrivé à Chalpultepec, à trois milles de la cité , dans une magnifique voiture , suivi de quarante cavaliers, présenta ses dépêches :
Jamais personne n’a connu leur contenu»
Yenegas prit grand soin de cacher aux habitai! s de Mexico 1 objet de cette niission , et les dépêches furent rendues sans aucune réponse.
Lassant paraissait maintenant prèsqu’inévitable ; Hidalgo cependant ne l’ordonna point , et le lendemain ses troupes se retirèrent. On supposa qu’il avait reçu la nouvelle de la défaite du général Sanchez à Queretaro, et qu’il savait aussi que Galle j a et le comte de la Gadena , réunis le 28 octobre, marchaient au secours de
la capitale : d’autres disent que la modération naturelle d’Hidalgo et son horreur pour répandre le sang , furent les véritables causes de son apparente timidité .
quelsque fussent ses motifs, il est certain que ses troupes se retirèrent en désordre.
Hidalgo assit alors son camp sur une montagne presque triangulaire, qui domine le village d’Aculco et le pays environnant du côté du nord et de l’est. Son artillerie , composée de quatorze pièces de canon , fut rangée sur les côtés de la montagne, et son armée sur deux lignes, entre lesquelles étaient placés les Indiens indisciplinés. Callejas divisa ses troupes en cinq colonnes, et le 7 novembre il attaqua Hidalgo au nord et a 1 est de son camp. Les Indiens furent saisis d’une terreur panique quand ils virent le bon ordie militaire et la belle apparence de laimee royale, forte de six mille hommes ; des que le feu commença, ils prirent la fuite, ce qui déconcerta entièrement les troupes régulières de 1 armee d Hidalgo.
Callejas poursuivit' l’ennemi et lui fit beaucoup de mal. D’après son rapport
officiel, iî n’y eut pas moins de dix m ille inclëpendans tués, blessés ou faits prisonniers.
Hidalgo opéra sa retraite sur Goanaxoato, oix Callejas le suivit de près. On arrive à cette ville , bâtie sur une éminence , par un défilé que les indépendans fortifièrent. Callej as détruisit leurs batteries le 2 / 4 . novembre , et leur prit vingt-cinq canons , parmi lesquels était el liber todor americano . Les troupes d’Hidalgo , f urieuses contre les Espagnols , en assassinèrent plus de deux cents , renfermés dans FAlhondiga. Le jour suivant , les troupes royales prirent la ville d’assaut , et le soldat eut la permission de piller et de tuer pendant deux heures. Le lendemain , tous les officiers prisonniers et grand nombre d’autres personnes furent fusillées. Les minéralogistes CKovel, Bavalos et Valencia, éprouvèrent le même sort. Callejas fit une proclamation par laquelle il ordonnait que dans vingt heures les armes et munitions de toute espèce fussent livrées au gouvernement, sous peine de mort. La même peine devait être infligée à ceux qui manifesteraient une opinion favorable à la
révolution; Tordre fut publié detirer surtout rassemblement de plus de trois personnes.
Hidalgo alors se retira vers Guada»
laxara , ville à cinquante lieues nord-ouest
de Mexico , et contenant quatre-vingtonze mille babitans. Durant sa marche , il battit constamment les différens corps de troupes espagnoles ; et , dès qu’il fut entré dans la ville, il envoya le prêtre Mercado au port de Sanblas , qui s’empressa de capituler , et fournit quarantetrois canons , que Mercado fit passer à Guadalaxara. L’autorité d’Hidalgo fut reconnue sans difficulté dans l’intendance de Valladolid , de Mechoacan, à Zacatecas , Guadalaxara , San-Luis-Potosi , e partie de Sonora , où l’on montrait une grande soumission à ses généraux.
Gallejas s’avança vers Guadalaxara, tandis que le général don J. Cruz défit les Indépendans à Zamora , et prit Valladolid , dont il traita les babitans avec la plus horrible cruauté. Lorsque Callejas approcha de Guadalaxara , Hidalgo résolut d’attaquer les troupes royales ; en conséquence, il campa son armée sur un terrain élevé ,
protégé d’un côté par une montagne , de l’autre par une petite rivière sur laquelle il y avait un pont, qu’il fortifia. Plusieurs Latteries furent placées au sommet de la montagne , et deux autres sur la gauche , faisant en tout cent trente canons. Callejas divisa ses troupes en deux colonnes : l’une attaqua la montagne et prit les batteries des indépendans ; Pautre attaqua l’aile gauche , dont la vigoureuse résistance la rejeta dans ses premières positions. Cette colonne reçut des renforts , et repoussa à son tour la cavalerie d "Hidalgo qui, profitant de son mouvement rétrograde, cherchait à la couper. Hidalgo chargea la cavalerie espagnole, qui, soutenue par les grenadiers , repoussa vigoureusement son attaque , et lui tua beaucoup de monde.
Une batterie couvrait le centre d’Hidalgo, Callejas, en personne, enleva cette batterie sans éprouver grande résistance. Pendant ce temps , Emparan attaqua la nombreuse cavalerie des indépendans , et la mit complètement en déroute. La consternation se répandit alors parmi les troupes d Hidalgo, qui cédèrent la victoire aux
troupes royales. Celle affaire eut lieu le 1 7 janvier i8ti , à el Puente de Galderon , si lue à onze iieues de Guadalaxara.
Callejas dépêcha immédiatement un détachement commandé par le général Cruz ?
pour reprendre Sanblas ; mais ce port était déjà au pouvoir des Espagnols , par suite d une contre-révolution excitée par le curé de la ville. Hidalgo rallia le reste de ses troupes , et marcha sur Zacatecas , 011 il rétablit son artillerie. 11 y avait dans cette ville une fonderie de cuivre , au moven de laquelle il fit frapper une nouvelle monnaie, toujours à l’effigie de Ferdinand VU.
De Zacatecas il se rendit à San-Luis-Potosi ; là , il forma différens corps de guérillas, et, avec quelques troupes choisies , il prit la route de Saltillo , environ à deux cents lieues de Mexico , dans le gouvernement militaire des provinces intérieures orientales. Le gouverneur d 'el nuevo Reyno de Leon, se déclara pour Hidalgo , le gouverneur d'el nuevoScintcider se sauva, et les gouverneurs de Coahuila et Texas furent arrêtés par les indépendans.
A peu près à la même époque , une di-
vision de troupes espagnoles atteignit Altarnira ^ sous les ordres de don A . Arredondo, qui ? de concert avec Callejas, alors à San-Luis-Potosi ^ se mit à la poursuite d’Hidalgo. Le gouverneur des provinces intérieures occidentales envoya aussi des troupes , commandées par don M. Ocîioa, afin de couper la retraite à Hidalgo ? qui paraissait vouloir pénétrer dans la Louisiane j y rassembler ses partisans , les armer et recommencer la guerre. Don Y.
Eiisoxide > chef d un détachement d’indépendans , résolut d’arrêter lui-même Hidalgo , espérant obtenir ainsi son pardon des Espagnols, il réussit, en attirant dans son complot , Menchaca , Carrasco , Borrego, üranga et d’autres officiers. Il attaqua Hidalgo à Acatita de Bajan , le a i mars i8ï i. Hidalgo poursuivait sa marche , ne se doutant pas qu'il dût trouver des ennemis dans ses compatriotes : il fut donc aisément vaincu et fait prisonnier , ainsi que ses officiers. Cinquante d’entre eux furent immédiatement exécutés sur le champ de bataille; dix Autres, parmi lesquels étaient Hidalgo et Baiiézag pris à Chiguâgua, fin
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rent pareillement mis à mort, le 27 juillet x 8 1 1 . On dépouilla préalablement Hidalgo de la prêtrise.
La mort d’Hidalgo et de ses fidèles compagnons d’armes ne découragea pas les autres cbefs, qui continuèrent, en différentes parties, de soutenir la révolution.
Parmi eux se trouvaient don N. Villagran , don J. M. Morelos , et don Y.
Rayon, qui avait pris position à el Saltillo , afin de favoriser la retraite d’Hidalgo. Rayon retourna alors à Zacatecas , et , chemin faisant , il défit Ochoa. A Zacatecas , il relâcha trois prisonniers espagnols, qu’il envoya au vice- roi pour proposer, comme hase d’un accommodement, la formation d’un congrès composé moitié d’Espagnols, moitié d’Américains méridionaux. Yenegas répondit simplement, que si Rayon consentait à mettre bas les armes , il serait compris dans l’amnistie générale publiée par le gouvernement.
U induit o ou amnistie dont il parlait, accordée par les cortès , a la fin de 1810, aux fauteurs de la révolution pourvu qu’ils déposassent leurs armes, loin de
faire aucun Lien , porta préjudice a la cause royale parce que les chefs Espagnols nen usèrent pas sagement. A Mexico on eut si peu de confiance dans 1 indulto ou dans les promesses de Venegas, qnil fut obligé d’avoir recours à 1 église ( elcabildo ecclesiastico ) pour clonnner de Fautorite à sa proclamation et persuader au peuple que ses promesses ne cachaient aucun piège. « Sur ce point, (disait le cabddo ecclesiastico dans une adresse pastorale au clergé , le 17 mai 1812 ) son excellence le vice-roi , le digne et légitime représentant de notre roi catholique Ferdinand VII, a eu fin com parabl e bonté de nous autoriser , non-seulement a garan.
tir la sincérité de Y indulto ou pardon général accordé aux insurgés , mais encore à vous donner, nos chers frères, comme nous vous donnons présentement, au nom de la très- sainte Trinité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, au nom de la Vierge de la Guadelupe , protectrice de son royaume , au nom de Sa Majesté catholique le roi Ferdinand VII, et de son vice - roi dans ces royaumes, la parole
solennelle qu’un pardon général sera sincèrement accordé à tous ceux qui, se repentant de leurs fautes passées, poseront sur-le-champ les armes, etc. »
Callejas se mit en marche pour attaquer Rayon dans Zacateeas / mais celui-ci se retira dans l’intendance de ValladolkL Le colonel Lopez , qui commandait un corps de guérillas indépendans àZilaquaro, fortifia la ville et battit complètement les royalistes, qui, sous les ordres de Torre et Mûra , vinrent l’y attaquer le 22 mai 1811. Les deux chefs royalistes périrent à cette affaire. Fiers de leur victoire , les indépendans tentèrent un coup de mai n contre Yalladolid , ou Truxillo commandait : il les repoussa le 3o mai. Rayon , poursuivi jusqu’à son quartier général de Zitaquaro, par Emparan, livra bataille aux Espagnols le l\. juin . Le combat fut sanglant et long-temps disputé, mais enfin les royalistes perdirent huit cents hommes , ainsi que tous leurs bagages ; Ils se retirèrent en conséquence à Toluca. Les indépendans renouvelèrent, leur attaque sur ~V alladohd le juillet, mais toujours sans succès.
Sur les dénonciations d’un complot qui se tramait à Mexico, le vice-roi ordonna plusieurs arrestations. Les prévenus furent jugés , six d’entre eux , parmi lesquels était Ferrer, homme de loi, condamnés à mort , et six autres aux plus rudes travaux à Puer lo-Rico ; deux femmes
furent un certain temps emprisonnées. Cet événement eut lieu au mois d août 18 1 1 *
Rayon forma une junte a Zitaquaro, composée de lui -même, du docteur Berdusco , et don J. M. Liceaga. Cette junte reconnut Ferdinand pour roi ; et , en son nom, publia des actes et des décrets. Galle jas était alors à Goanaxoato , ou il avait fixé son quartier général. Lorsqu il apprit 1 etablissement de ce nouveau gouvernement, il offrit dix mille dollars pour la tête de lun des membres de la junte. Venegas, sentant que la révolution faisait de rapides progrès, donna l’ordre à Galle jas d’attaquer promptement et de détruire cette junte.
La ville de Zitaquaro, peuplée de dix mille habitans , est à quarante lieues à 1 Ouest de Mexico, dans une vallee entourée de hautes montagnes. Comme le pria-
cipal objet * en attaquant cette ville, était de s'emparer des membres de la junte, Callejas ordonna à Porlier, commandant de Toluca, de s’emparer des positions occupées par les indépendans sur la montagne Tenango , avant que lui - même ne fît son attaque sur Zitaquaro , afin d’empêcher la garnison et les fugitifs de cette ville de se retirer par ce point. Voici le rapport officiel de Callejas au vice-roi , après l’attaque de Zitaquaro, le 2 janvier 1812.
« Les troupes royales , après un engagement qui a duré trois heures , ont pris l’importante position de Zitaquaro, située sur des rochers escarpés, entourée de retranchemens , de fossés , et défendue par l’immense population de vingt lieues à la ronde réunie dans la ville.
» Les rebelles avaient ajouté aux fortifications naturelles de Zitaquaro tout ce que l’art , le désespoir et huit mois de travaux continuels peuvent procurer. Le mauvais succès de nos deux précédentes expéditions avait tellement encouragé le peuple , que les femmes et les enfans mêmes se réunissaient pour repousser no-
ire attaque : néanmoins tout a cède a 1 in-" trépidité de l’armée que je commande.
)) L’ennemi , dans la plus complété deroute, a fui dans toutes les directions , laissant le pays couvert de morts et de blessés. Les rebelles Cabecillas , Hayon , Liceaga et Berdusco se sont échappés ues premiers et ont pris la route de Tasco : la fatigue excessive de mes troupes et le déplorable état des chemins ne m ont pas permis de les poursuivre.
)) Nous avons trouvé dans la ville une immense quantité de munitions de guerre et d’artillerie. J’en enverrai un état exact à votre excellence. Je me borne, en ce moment, aux informations plus nécessaires, pour convaincre votre excellence que je dois à la valeur et au talent de mes officiers , ainsi qu’au courage de mes soldats, le prompt succès de cette bataille. Leur bonne conduite, dans cette circonstance, a surpassé même celle qu’ils avaient déployée dans les affaires précédentes. Nos pertes sont peu considérables.
» Mon séjour ici sera aussi court que possible : mais, avant mon départ, je veux
raser la ville , afin qu’il n’en reste pas vestige. Je punirai ainsi les criminels instigateurs dune si barbare , si impolitique et si destructive insurrection , et je donnerai un terrible exemple à ceux qui voudraient désormais la soutenir.
» Callejas. »
Le décret suivant fut immédiatement publié :
« i°. Les Indiens de Zitaquaro et de son département seront privés de leurs propriétés ainsi que de toute exemption ou privilège précédemment accordé par l’extrême bienveillance du gouvernement,
» 2. 0 Ces propriétés confisquées , ainsi que celles des Américains méridionaux qui ont pris part à l’insurrection , qui ont accompagné les rebelles dans leur fuite ? ou qui ont quitté la ville à l’entrée des troupes du roi , appartiendront au trésor public.
» 3.° Si ceux qui se trouvent compris dans ce décret veulent se présenter devant moi 9 donner des preuves de repentir, et travailler à la réparation des routes, etc..
ils recevront leur pardon ; mais leurs propriétés ne leur seront point rendues.
» 4. 0 La capitale de ce département est transférée à Marabatio , ou sera établi un gouvernement militaire. Les compagnies d’infanterie et de cavalerie , organisées pour la défense de ce département , seront armées , équipées aux frais des habitans.
» 5.° Attendu que les habitans de cette ville criminelle détestent le gouvernement monarchique ; qu’ils ont soutenu trois engage mens avec les troupes du roi ; qu ils ont planté , sur des poteaux , à l’entrée de leur ville, les têtes de plusieurs de nos chefs morts en sacrifiant leur vie pour le bien public , tous les bâtimens de Zitaquaro seront rasés ou détruits par le feu.
Tous les habitans sortiront de la ville dans l’espace de six jours ; je leur accorde , connue preuve de miséricorde, la permission d’emporter leur mobilier.
» 6°. Chaque habitant recevra du. gouvernement un écrit constatant son nom de famille et le jour de son départ. Aucune personne ne restera dans la ville après le temps fixé , et ceux qui ne se se-
ront pas pourvus du certificat ci-dessus, seront punis de mort.
» 7 Toutes les armes seront livrées au gouvernement , sous peine de mort.
» 8°. Le clergé sera envoyé à l’évêché de Yalladolid.
» 9 0 . Il est expressément défendu de
rétablir la ville de Zitaquaro , on toute autre ville qui pourra être détruite à l’avenir, pour avoir participé à la rébellion.
» io°. Aucune ville ou village ne donnera asile aux membres de la junte des insurgés > à aucun de leurs délégués. Celles qui refuseront soumission au roi , ou tenteront de résister à ses troupes, éprouveront le sort de Zitaquaro.
)) ii°. Le comte de Casa-Rul est chargé de l’exécution de ce décret.
» Callejas. »
La junte de Zitaquaro se réfugia à el Real de Zultepec, ville située sur une montagne, à trente lieues à l’ouest de Mexico. Malgré la perte de Zitaquaro , les indépendans n’étaient pas vaincus. Morclos, Villagran, Canas , Aldama et d’autres
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généraux , commandaient toujours des corps de guérillas constamment occupes , surdifférens points, à combattre les troupes espagnoles. La junte proposa a Venegas une réconciliation ; mais ses propositions furent aussi mal reçues que celles d Hidalgo et de Rayon. Les articles proposes par la junte furent publiés dans une adresse aux Espagnols le 29 mars 1812* Dans cette adresse, la junte récapitulait les griefs dont elle demandait la réparation ; et , dans le cas oii les Espagnols voudraient continuer la guerre, traçait un plan pour la rendre moins féroce.
Morelos gouvernait presque toutes les côtes méridional es du Méxique. Apres avoir battu les troupes royales plusieurs fois, notamment à la bataille de Tixtla le 19 août 18 1 1, il forma le siège d’Acapulco, et, avec la principale partie de son armée qu’il divisa en deux corps , il marcha sur Mexico. Le brigadier Bravo, commendant une de ces divisions , vainquit le général Masitu et entra à Quautla-Amilpas à 2 5 lieues au midi de Mexico, tandis que Morelos prenait possession d’Jzucar sans
aucune opposition. Ces avantages, emportés par les patriotes, empêchèrent les royalistes de poursuivre la junte nationale après la prise de Zitaquaro. Les troupes de Morelos s’emparèrent aussi d’Huexapan et d’el Real de Tasco. Les royalistes, commandés par le colonel Soto, attaquèrent Jzucar le 1 7 février : mais ils furent repoussés, et Soto, grièvement blessé, fut obligé de quitter l’armée. Llano, son successeur, renouvella 1 attaque le 22, et ne réussit pas mieux quoiqu’il eût pris possession d’une montagne appelée el Calvario , d’où il avait bombardé la ville. Cette attaque fut faite par des troupes arrivant d’Espagne, les premières envoyées au Mexique depuis le commencement de la révolution.
Callejas livra un assaut à Quautla-Amilpas le 19 février ; mais il fut forcé de le suspendre après un engagement de six heures. Llano leva le siège d’ Jzucar, et joignit Callejas le 3 o février. Dans sa marche, il battit plusieurs corps de guérillas commandés par F. de la R osa, et autres.
Morelos reçut aussi des renforts à Quautla,
et déploya tontes les ressources militaires pour défendre la ville. Callejas disait, dans une lettre datée de son camp devant Quautla, le i 5 mars 1812, et adressée à un ami : (t Nous précipiterons cette ville et ses habit an s dans le centre de l’enfer, quelques peines et quelques fatigues qu’il puisse nous en coûter. L’enthousiasme de ces insurgés est sans exemple. Moreios donne ses ordres d’un air prophétique; et, quels qu’ils soient, ils sont toujours ponctuellement exécutés. Nous entendons continuellement les habitans jurer qu’ils s’enterreront sous les ruines plutôt que de nous livrer la ville. Ils dansent autour des bombes qui tombent , pour prouver qu’ils ne craignent pas le danger. »
Quautla - Amilpas est situé dans une plaine ; cependant la ville est un peu élevée, et domine les environs. Elle fut fortifiée par Moreios , qui trouva tous les habitans prêts, ainsi que son armée, à seconder ses vues. Le siège cependant se poursuivant régulièrement , et les provisions commençant à manquer, Moreios ordonna une sortie pour favoriser une tentative des
guérillas à l'effet d'introduire des provisions dans la ville. D’après cet ordre , le prêtre Matamores , feld-maréchal , et le colonel Perdiz, ayee cent hommes à cheval , forcèrent la ligne de l’ennemi dans la nuit du 2 3 avril 1812. Le 27 , le camp des Espagnols fut attaqué par les assiégés et parles guérillas, qui, vivement repoussés, perdirent plus de mille hommes. Après soixante - cinq jours de siège, Morelos se décida à évacuer Quautla la nuit du 2 mai, dans l’ordre suivant : un corps d’infanterie de mille hommes formait 1 avant-garde; après lui marchaient deux cent cinquante hommes à cheval, suivis par cinq mille lanciers et frondeurs. Presque toute la population de Quautla était placée entre ces troupes ; un corps de fusiliers formait l’arri ère-garde.
Aussitôt que Callejas fut averti de la retraite des indépendans , il ordonna l’attaque. Dans cette occasion, les indépendans souffrirent cruellement , surtout les habitans sans armes de la ville , qui avaient accompagné Tarin ee. Quatre mille d entre eux périrent durant la retraite. Callejas
prétendit, dans son rapport officiel au vice-roi, qu’il n’avait perdu que vingt hommes, et quune étendue de sept lieues était couverte de cadavres ennemis.
Morelos marcha sur Ghilapa , et prit îa ville de vive force. Immédiatement après il s'empara de Tehuacan , à cinquante lieues environ à Fouest de Mexico. Oi F zaba fut également obligé de se rendre à Morelos, qui, dans cette ville, fit brûlerie magasin royal des tabacs, estimé plusieurs millions de dollars. Le 2.5 novembre il attaqua Antequera , capitale de l’intendance d’Oaxaca. Cette ville se soumit à lui sans beaucoup d’opposition. Palacios, Tinoco et les colonels Lopez et Armenta avaient été fusillés dans ce lieu par les royalistes. Par représailles Morelos fit exécuter , à la même place , le lieutenant général Gon« zalès Saravia , le brigadier Bona via et les colonels Régulés et Villasante. Les restes de Lopez et d’ Armenta furent portés en triomphe et déposés dans la cathédrale.
Acapulco tomba bientôt au pouvoir de Morelos , qui jeta plusieurs corps de guérillas entre Xalapa etYera-Cruzj et, par
ce moyen j, intercepta complètement la communication régulière entre Mexico et Vera-Cruz.
Les troupes de Rayon, repoussées à l’attaque de Toluca, se portèrent à Tenango, ville située près d’une éminence , environ à huit lieues à l’ouest de^ Mexico. Des batteries défendaient le haut de la montagne ; mais les royalistes , commandés par J. C. Y. Bustamente, les tournèrent, prirent possession de la ville au commencement de juin 1812, et fusillèrent tous les prisonniers. La junte nationale se retira de Zultepec , accompagna quelque temps Farinée commandée par Rayon , puis séjourna dans la ville la plus voisine de l’armée ; mais jamais elle ne se fixait pour long-temps. A dater de ce moment , il y a peu de faits connus avec certitude sur la révolution des Mexicains; et, dans mon esquisse , je veux me borner à ceux-là.
Vers la fin de 1812, don J.M. À . Tolède, l’un des membres des cortès pour l’Amérique espagnole, arriva à Washington , ou il trouva le colonel don B. Gutierrez , venu de Mexico pour implorer la
protection des États-Unis. Toledo et lui enrôlèrent quelques Américains disposés à aider les indépendans, et ils les emmenèrent dans les provincias internas , où leur nombre s’accrut de plusieurs guérillas. ils obtinrent d'abord plusieurs avantages sur les Espagnols , et prirent meme la capitale de la province de Texa , San- Antonio de Bojar ; mais don M. Arredondo, commandant des provincias internas orientales , les battit au commencement de i8t3, et dispersa totalement les troupes. Toledo se sauva aux États- Unis.
En décembre i8i3, Morelos attaqua \ alladolid qui venait de recevoir , fort à propos, le secours d’une division commandée par Llano. Morelos fut forcé de battre en retraite sur Puruaran , à dixsept lieues de Yaiiadoîid. Llano le poursuivit et Fatteignit le 7 janvier 1814. Le combat s engagea avant le point du jour ^ et , par une erreur bien fatale de Farinée de Morelos', deux de ses divisions, trompées par l’obscurité , combattirent l’une contre 1 autre. Lorsque le jour parut , ils
reconnurent leur malheureuse méprisé :
mais il était trop tard ; Llano profita de la surprise et de la consternation des indépendans, et les défit complètement, Matamoros , lieutenant de Morelos, tomba en son pouvoir avec sept cents hommes.
Matamoros lui-même avait prit cinq cents Espagnols quelques jours auparavant , et les avait envoyés à Acapulco : Morelos les offrit en échange pour Matamoros ; mais cette offre fut refusée ; les sept cents hommes pris par les royalistes, avec Matamores, furent exécutés aussitôt que pris :
Morelos, par représailles, fit mettre à mort les cinq cents Espagnols prisonniers à Acapulco.
L armée espagnole, animée par Ce succès, et composée alors de quatre fortes divisions , expulsa presque tous les indépendans de cette partie de pays ; et , Acapulco même fut reconquis ; mais les patriotes, préalablement, détruisirent ses fortifications. Liceaga cependant parvint à se fortifier près du lac de Chapala , d où il repoussa plusieurs fois les royalistes, Morelos, Rayon , le docteur Cos et quel-
ques autres généraux des indépehdans obtinrent des avantages partiels et i ani-
mèrent l’espoir des partisans de la révolution, qui s’étendirent de nouveau dans les intendances de "Valladolid et de Mexico»
A la junte nationale succéda un congrès, qui commença ses sessions à Chilpansingo , environ a trente lieues au sud de Mexico, et s’assembla depuis à Ario , à quarante-cinq lieues seulement de cette
cité. Ce congrès déclara le gouvernement de Mexico indépendant , et créa un pouvoir exécutif composé de Liceaga, Cos et
Morelos. B’ Ario le congrès transporta ses sessions à Apatzingan, oii il présenta au peuple , le 2 3 octobre 181 4, une constitution établie sur des bases démocratiques , et, le ^ 5 , prescrivit, par un décret, la formule du serment que devaient prêter les citoyens appelés à jouir des bienfaits de cette constitution. Le 24 mai 18 15, les décrets du congrès et cette constitution furent publiquement brûlés par les royalistes de Mexico, et la peine de mort prononcée contre ceux qui refuseraient de livrer au gouvernement toutes les copies
qu’ils en pourraient avoir. Plusieurs corsaii’es, équipés par les indépendant, amenèrnt aux années mexicaines , par le port de Boquilla, de Piedra et le golfe du Mexique, des officiers, des armes et des munitions.
Au mois d octobre i8i5, Morelos apprit que le général Humbert et Toîedo étaient arrivés avec des approvisionnemens de guerre à el puente del Key, poste fortifié par les indépendans , entre Xalapa et Yera-Cruz. Moreîos se mit en joute pour joindre Toledo : mais , afin de cacner son dessein , il prit la route qui conduisait à la province d’Oaxaca. Les royalistes, instruits par leurs espions des véritables intentions de Moreîos, fattendirenl à Atacaraa , écrasèrent le corps quil commandait, et le firent prisonnier.
Moreîos, conduit à Mexico, et dépouillé par 1 évêque de ses ordres ecclésiastiques, fut accuse dhéresie ; mais finquisition le déchargea de cette accusation. On le fusilla dans Je dos, comme traître, au village de San-Cristobal , à six lieues de Mexico , le vice-roi n’ayant osé faire exécuter la
sentence de morfdans Mexico, de peur que le peuple ne se soulevât.
Voici le texte d’une lettre officielle du vice-roi de Mexico au ministre de la guerre en Espagne , interceptée sur le vaisseau la Leona , qui fut pris par el Congreso , armateur de Buenos-Ayres.
« J’informai Votre Excellence, dans ma première dépêche , que les rebelles Cabe cillas , échappés après la défaite de Morelos , le 5 du mois dernier, s’étaient réunis dans l’intendance de Puebla. Us se sont depuis assemblés a Tehuacan , et y ont formé une autre junte. Des contestations se sont élevées au sujet de la présidence de celle junte ; mais Manuel Teran, doué de plus de talens que ses adversaires , et d’ailleurs soutenu par seize cents hommes bien armés qu’il commande, avait plus de chances que les autres pour occuper la place de Morelos.
» Les rebelles , quoique trembîans pour leur sort, mont envoyé, par lintermédiaire de la municipalité de Mexico, les dépêches ci-jointes, dans lesquelles Votre Excellence verra qu’ils redemandent Mo-
relos du ton le plus audacieux , alléguant à l’appui de leur réclamation les droits de la guerre et des nations, comme peuple indépendant.
» J’ai traité leurs réclamations avec un silencieux mépris ; elles ne m’ont point empêché d’infliger au coupable Morelos la punition qu’il méritait. Je prie Votre Excellence de remarquer leurs expressions; elles lui peindront le caractère de ces rebelles 5 la haute opinion qu’ils ont d’euxmêmes 5 la détermination avec laquelle ils agissent , et les espérances qu^ils nourrissent. Par la gazette que je joins à mes dépêches , Votre Excellence verra Yindulto que j’ai publié , ce que j’ai fait bien plus pour concilier l’opinion publique au gouvernement que par indulgence pour les rebelles.
» Votre Excellence peut être assurée que cette mesure ne sera pas dangereuse pour la sûreté publique: car, à bien peu d’exceptions près , personne ne voudra avoir recours au pardon offert ; et certainement les principaux chefs et leurs bandes ne poseront pas les armes , dont ils se
servent beaucoup plus pour piller que pour obtenir leur indépendance. Si heuieuse ment, contre mon attente, le nombre de ceux qui se soumettraient était plus con sidérable , cela prouverait qu’ils renoncent à tout espoir ; et alors nous n’aurions
rien à craindre.
» Si le brigadier don J. Moreno Daoiz ,
gouverneur de Puebla , avait suivi mes
ordres , il aurait empêché les rebelles de
se réunir encore à Tehuacan , ou bien il
les aurait tellement harcelés , que leui plan
eût été infructueux : depuis, les rebelles
ont mis fin à leurs dissensions civiles , et
ils ont formé un gouvernement pour agir de concert avec les bandes qui infestent les routes de Vera-Cruz à Mexico, et avec celles qui agissent sur les cotes de Barlovento ; depuis cette époque aussi , l’infâme Toledo a débarqué avec des forces militaires , et ils ont pénétré jusqu’à Oaxaca , Orizava , Cordova , et plusieurs autres villes dans l’intendance de Puebla. J’envoie à Votre Excellence la proclamation faite par le traître Toledo a son retour du nord de l'Amérique.
» Daoiz n’a pu agir contre les rebelles ; parce qu’il lui manquait le corps de troupes employé à l’escorte de l’argent que j’ai fait passer a Vera-Gruz, au commencement du mois dernier. Le brigadier Miyarez garde toujours ces troupes , malgré la promesse de les renvoyer. Quoique Miyarez ait une force considérable sous ses ordres, force qui s’accroît continuellement par les troupes qui se joignent à lui dans les differentes villes où il passe ; quoique les rebelles aient évacué , le 8 mai , el puente del Rey , quils avaient fortifié, il ne conserve pas moins les troupes de Daoiz comme une escorte qiour lui-même.
« J’envoie à Votre Excellence la dernière depécbe de Miyarez , ainsi que ma réponse , dans laquelle j ordonne que les troupes soient envoyées sur-le-champ pour protéger les villes d’Orizava et Cordova , où sont déposés les tabacs appartenant au roi , et formant le principal trésor du gouvernement. Par la copie de mes ordres. Votre Excellence verra mes observations sur le plan proposé par Miyarez, d’élever sept forts dans l’espace de vingt-deux lieues, entre
Xalapa et Vera-Cruz. J entrevois que ces forts ne pourraient exister que durant la sécheresse ; car, lors de la saison des pluies, la terre devient si marécageuse, que les troupes seraient obligées de se retirer : de plus , si le plan de Miyarez était mis à exécution , les troupes , ainsi disséminées à de grandes distances les unes des autres, se trouveraient dans l'impossibilité de poursuivre les rebelles avec succès , ou d’arriver à temps pour protéger la côte , si elle était attaquée , comme on s’y attend.
» Les dernières nouvelles annoncent que Toledo est retourné à la nouvelle Orléans, accompagné des commissaires et des officiers nommés par le premier congrès , et destinés à une expédition dans les provinces intérieures. On dit que Toledo n’a pas eu le courage de se mettre à la tête des troupes dans le voisinage de Vera-Cruz, et qu’il est retourné à Boquilla de Piedra au-devant des renforts de la nouvelle Orléans.
»Je dois informer Votre Excellence que j^ai des nouvelles du nord de l’Amérique , relatives à l’arrivée de J. Bonaparte à Washington, ainsi que de la conduite du
gouvernement des États-Unis, qui paraît disposé à favoriser la révolution dans nos contrées : on me parle également des plaintes faites par notre ministre don L. de Onis, et de la réponse satisfaisante du président; Votre Excellence verra pareillement ma réponse à Onis sur le même sujet. On ne peut pas se fier beaucoup au gouvernement de Washington, intéressé à l’émancipation de ces provinces , et désireux d’y voir créer un gouvernement à l’instar du sien. Je répète à Votre Excellence qu’il est d’une absolue nécessité d’envoyer des croisières sur les côtes de Vera-Cruz , sans préjudice des forces de terre et des habillemens ; ceux que l’on fait ici coûtent fort cher, et durent peu.
Il ne doit pas être difficile à Votre Excellence d’obtenir de l’Angleterre ce qui est nécessaire; il faut aussi que nous soyons préparés dans le cas où la faction du nord de l’Amérique réaliserait l’invasion qu’elle médite.
» Don N. Arredondo , commandant les provinces intérieures occidentales , m a informé, dans sa lettre du 1 3 novembre 1 8 1 5,
que, sur les frontières de ces provinces et sur les bords de la rivière Sabinas , il existe plusieurs bandes d’insurges j et ces nouvelles se rapportent parfaitement a celles que j’ai reçues du ministre Onis. Arredondo me prévient que les provinces de son commandement sont sans défense , et qu’il n 3 a pas les moyens d’y remédier. Malgré les secours que j ai fréquemment donnés à Arredondo , et l’extrême attention que je porte sur tous les détails , les dépenses de mon armée excèdent de beaucoup les ressources du trésor. Votre Excellence verra les mesures que j’ai prises.
» Je ne peux faire cesser la déplorable position de cette vice-royanté : depuis la révolution , l’autorité du roi n’est pas soutenue avec vigueur , et le relâchement gagne toutes les classes de la société. Le fait suivant en est la preuve. Arredondo avait besoin de mille fusils , je ne pouvais les lui fournir , parce que ceux qu’on fabrique ici ne suffisent pas pour réparer nos pertes en ce genre. En conséquence, j’ordonnai à don J. de la Cruz, commandant de la nueva Gallicia, qui avait reçu quatre
mille fusils, d’en fournir à Àrredondo • il n’a jamais exécute' mes ordres; s’il ne les remplit pas, j appuierai plus expressément sur ce sujet auprès de Votre Excellence.
« A moins que les frontières ou la côte ne soient attaquées, que les Américains du nord ne se déclarent ouvertement pour les insurgés, ou que J. Bonaparte et ses partisans n obtiennent assez d’argent pour réaliser leur plan , je ne vois pas qu’il y ait à craindre , pour le moment , que l’autorité du roi soit renversée. Depuis l’emprisonnement de Morelos, à l’exception de 1 intendance de Puebla, où les principaux chefs des rebelles se sont assemblés, tout le pays jouit d’une certaine tranquillité ; néanmoins nous sommes entourés d’innombrables bandes de pillards qui interceptent les communications , et qui arrêtent les travaux de l’agriculture , du commerce et des mines, si nécessaires à la prospérité de ces contrées. Ces bandes ne sont pas assez fortes pour battre des troupes régulières , prendre des villes ou enlever des convois ; néanmoins nous n’avons pas les forces nécessaires pour les détruire ,
/fuoiqu’elles soient souvent battues, harcelées et severement punies lorsqu’elles tombent en notre pouvoir , comme votre
excellence le verra par les gazettes cijointes.
» Que Dieu conserve votre excellence.
» Félix Caleejas.
» Mexico, 3i décembre i8i5. »
Suit la note du congrès mexicain tenu à Tehuacan, adressée au vice-roi Callejas.
« Les hasards de la guerre ont mis en votre pouvoir don J. M. Morelos, fait prisonnier le 5 de ce mois aux environs de Temalaca , lorsqu’il s’efforcait de protéger la retraite de la représentation nationale.
Ces représentons craignent grandement que votre excellence ne veuille pas épargnei la vie de cet illustre guerrier, ni même le traiter avec le respect dû à sou caractère; nous savons que cette guerre est regardée par votre excellence comme la rébellion de quelques misérables, et non comme la volonté générale et spontanée dun peuple justement irrité. Yous n’avez
rien négligé pour donner aux nations civilisées cette désavantageuse idée de notre révolution, quoique la continuité de la guerre et le cri universel des peuples qui réclament leur liberté, contredisent votre assertion. Néanmoins, cette représentation nationale manquerait à son devoir, si elle n’implorait pas de voire excellence la conservation de la précieuse vie de don J. M. Morelos , qui est en même temps l’un des principaux guerriers du Mexique , et l’un des membres de notre gouvernement. Nous conjurons votre excellence , au nom de la nation et en considération des cruelles souffrances que cette guerre nous a déjà occasion ées, d’épargner la vie de don J, M. Morelos.
Nous vous envoyons la proclamatio n que nous avons dernièrement fait circuler parmi les troupes du Mexique ; et nous espérons que votre excellence, qui, dans sa communication du i4 dernier au directeur D. P. de La Fonte, accordait la faveur de Yindulto à don J. N.Rocainz, voudra bien , dans la présente occasion ,
écouter la voix de l’humanité : nous esjiérons qu elle cessera désormais de répandre le sang des habitans de ce pays. La désolation et la mort régnent de toutes parts.
Nous avons de notre côté constamment fait preuve de modération. Réfléchissez au crime que vous commettriez en attentant a la vie de Morelos ; sa mort sei-ait un fatal présage pour vous et pour votre parti. Songez aux hasards de la guerre !
i efleclnssez aux vicissitudes des empires ! examinez notre situation et nos ressources! tremblez et craignez la vengeance!...
en vous montrant cruel, que pouvez-vous espere^ si les hasards de la. guerre vous mettent dans nos mains? vos prisonniers auront-ils le droit d’implorer notre clémence?
voulez - vous nous forcer à nous repentir de la modération que nous avons montrée constamment, malgré notre juste indignation ? enfin , songez que vous et soixante mille Espagnols répondez de la moindre injure faite au généralissime Morelos. Il est cher à tous les Américains, au-delà de toute expression , et votre conduite envers Morelos ne peut être vue avec indiffé-
rence , même par ceux qui ne sont que simples spectateurs de nos combats.
» L. J. SoTERO DE CaSTENADA ,
président du congres.
u L. X. Alas, président du gouverne-* * ment .
» L. J. M. Ponce de Leon , président de la cour suprême de justice .
» Thuacan, 17 novembre 1 8 1 5 . >*
( Adressée au général de V armée d'Espagne.)
La perte de Morelos entraîna bientôt celle des patriotes : iis se brouillèrent entre eux. Don M. Teran profita de leur dissension pour dissoudre le congrès en décembre 18 1 5. L’autorité suprême fut alors confiée à Teran lui-même , à don E. Y. Alas et à don X. Cumplido. Depuis ce temps > les indépendans ont été constamment vaincus ; mais les particularités de la guerre ne sont pas connues.
Le vice-roi Callejas a été remplacé par don Juan R. d’Apodaca, qui, renonçant au plan d extermination du précédent vice-roi ^ cherche à gagner l’affection des
Mexicains, au lieu de leur inspirer la terreur. Le succès a couronné cette conduite; et, si nous en croyons les nouvelles qui nous viennent de Vera-Cruz et de la capitale du
Mexique, la révolution est finie dans ce quartier.
Néanmoins, une partie des provinces intérieures résiste toujours aux forces royales. Les patriotes qui y sont réunis ont été joints par une expédition sous les ordres du jeune général Mina. Ce général mit à la voile à Liverpool, au mois de mai de l’année dernière 1 8 16, ayant abord environ sept cents caisses d’armes, quelques officiers et des équipages pour deux mille hommes d’infanterie et cinq cents cavaliers. Il arriva aux Etats-Unis au mois de juin , augmenta le nombre de ses officiers, acheta encore des armes , et fit voile pour le golfe du Mexique. Cette expédition, durant la traversée, souffrit beaucoup des maladies et du mauvais temps ; enfin Mina prit terre à Matagorda , où les babitans, et Aury, commandant des
corsaires de ce quartier , se joignirent à lui.