‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 103 sur 154 · XII. Conduite de Pempereur relativement à la Kourlande · texte numérisé non relu

XII. Conduite de Pempereur relativement à la Kourlande

Les états de Kourlande étaient alors assemblés. Dans les gouvernements libres, les mécontents a*yant toujours droit

de se plaindre, même quand la nation est heureuse et tranquille, tous les maux de TÉtat sont connus, et toutes les craintes exagérées ; bien différents en cela des pays soumis à une autorité souveraine, où la flatterie exagère toujours le peu de bien qui s'y fait, et où même quand la nation souffre et se détruit, l'État est toujours peint comme florissant. Cette diète de Kourlande, inquiète et mécontente, faisait au duc Charles, son souverain, plusieurs demandes qu'il craignait d'accorder : son refus animait cette assemblée contre lui. Dans ces conjonctures, un résident russe, que la feue impératrice avait accrédité par honneur auprès de ce prince , fut chargé de notifier aux états seulement, et sans faire aucune mention tlu prince, l'avénementdu nouvel empereur, et leur insinua de l'envoyer complimenter. Les états ayant aussitôt nommé deux députés pour se rendre a Pétersbourg , le tzar leur promit hautement de soutenir la noblesse dans ses droits ; et il ajouta que la Kourlande^ professant la religion luthérienne, ne pouvait être gouvernée par un duc catholique-. Le duc ayant de son côté envoyé un gentilhomme à Pétersbourg, le tzar refusa de l'admettre à son audience ; et partout où il le rencontra sur son passage, il ne lui marqua que des mépris. Le duc craignait (]u'une diète si mal disposée et qui devait espérer d'être si puissamment soutenue, ne prit contre lui de fâcheuses résolutions. Il se pressa de dissoudre cette assemblée, et dans l'espoir que la démence de l'empereur occasionnerait bientôt un soulèvement en Russie, il prétexta pour quitter la Kourlande jusqu'à cet événement aisé à prévoir, le besoin d'aile»^ dans les pays étrangers prendre des eaux pour sa santé. Mais le retour de ce prince à Varsovie porta un coup mortel au roi de Pologne ; il parut plus accablé par le malheur de son fils, qu'il ne l'avait été de ses propres revers. 11 cessa de se montrer en public; et le comte Brulh, afin de calmer

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