XIII. Alliance de Pierre 11 [et du roi de Prusse
L'enthousiasme que le tzar avait conçu depuis longtemps pour le roi de Prusse^ libre enfin d'éclater, ne pouvait s'asservir aux lenteurs et aux formes d'une négociation, et le grand-chancelier de Russie ayant voulu lui représenter qu'il devait apporter quelque mesure au changement de ses alliances, reçut pour unique réponse : » P^ous êtes un sot, et vous n'êtes pas mon précepteur, » Jamais la foi des traités ne fut plus ouvertement violée. Les mêmes Russes qui avaient combattu dans l'armée autrichienne passèrent dans le camp ennemi. Ces deux cours attachées l'une à l'autre depuis deux cents ans par les liens de la politique, par ceux de l'habitude, par les services mutuels, furent désunies en un moment. La Russie qui jusqu'alors ne s'était mêlée dans les affaires générales de l'Kurope que sous le crédit de la maison d'Autriche, quitta enfin une alliance où elle ne jouait qu^un rôle subalterne ; elle devint dans les nouvelles liaisons qu'elle contracta, la cour principale et dominante : et le caprice d'un insensé produisit ou du moins accéléra cette grande révolution.