XV. Assemblée des bons citoyens à Biùlysiok
Sans avoir pénétré quelles étaient les conditions de cette aâiancei, les Polonais sentirent qu'elle menaçait leur république de sa ruine; et dans leurs Justes alarmes, ils commencèrent à prendre conseil entre eux, non dans ce sénat affaibli par tous les choix de ce règne , et que le roi même n'osait encore convoquer ; mais dans le château de Bialystok , chez le grand-chancelier comte Braniçki. Sa dignité , sa considération personnelle, et ses immenses richesses, attiraient continuellement autour de lui une 'foule de noblesse de toutes les provinces; et depuis quen t752 il s'était fait chef du parti que la France avait formé en Pologne ,
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rien n'avait altéré ses seatiments, rien n'avait ébranlé ses résolutions. Ce parti était dissipé et Braniçki exposé à la double vengeance de la cour et des Russes ; mais il repoussait avec fermeté toutes leurs menaces , toutes les indignes manœuvres du favori. Seul et sans faction , il avait cherché publiquement à dessiller les yeux du roi sur son ministre. II ne doutait pas que ce même amour de la patrie quij autrefois, à la première lueur d'espérance , avait si promptement réuni tant de bons citoyens , ne les ralliât encore dès que la même espérance renaîtrait ou que de nouveaux dangers menaceraient la patrie ; et en effet, au premier avis de cette nouvelle alliance , une foule de zélés citoyens accourut de toutes parts à Bialystok. Les deux factions qui s'étaient disputé la faveur des Russes , et qui n'avaient appuyé leur ambition que sur cette base fragile , désormais négligées par cette cour, perdaient également leur influence ; et tous les vrais citoyens qui avaient précédemment adhéré au parti formé par le comte de Broglie reprenaient aussitôt l'ascendant que, dans toute conjoncture critique , leur zèle, leur' patriotisme, leurs vertus devaient naturellement leur donner. En un mot , la vue de l'extrême péril où TÉtat paraissait exposé, rassemblait une seconde fois le même parti. Le vœu unanime était que la république réunît toutes ses forces que le roi revint avec confianoe à la nation, afin qu'elle agît tout entière avec un même esprit , unique voie de salut qui restât encore à la Pologne dans les dangers imminents que le concert de ses voisins faisait dès lors envisager ; mais tous pensèrent avec une égale douleur que le moment de cette réunion n'était pas encore venu ; et que la cour, tant qu'elle entreverrait la plus légère espérance de regagner la faveur des Russes , sacrifierait a leur vengeance tout citoyen qui oserait lui faire cette proposition. Ils prévirent qu'elle serait bientôt forcée de recourir à eux; mais
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lis convinrent qu'il fallait attendre de l'extrémité où elle se verrait réduite ce qu'ils ne pouvaientespérer de sa prudence; et en gémissant de ce retard qui rendrait les remèdes plus difficiles, ils résolurent de commencer du moins par im* plorer secrètement les puissances , celles même qui mon» traient, il y a peu d'années, tant d'intérêt pour la république , et avaient alors offert leur secours à ce même parti qui se rassemblait aujourd'hui.