‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 119 sur 154 · III. Le duc Charles retourne en Kourlande · texte numérisé non relu

III. Le duc Charles retourne en Kourlande

Le duc Charles, au bruit de la révolution arrivée en Russie, était revenu précipitamment en Kourlande ; il se rassurait contre les ressentiments dont la nouvelle impératrice Tavait autrefois menacé, en lui supposant la magnanimité qu'elle semblait annoncer. 11 se flattait, du moins, que si le caractère de cette princesse la portait à exécuter ses menaces, les ménagements auxquels elle se verrait astreinte, dans un pareil commencement de règne, lui donneraient à lui-même le temps de se fortifier contre elle, et d'opposer plus de résistance qu'elle n'imaginait en trouver. Le même jour que ce prince arriva dans sa capitale, des troupes russes vinrent occuper cette ville, et plusieurs autres détachements furent répartis sur les terres des gentilshommes qu'on savait lui être attachés. Ceux des Kourlandais qui avaient été autrefois les plus prompts à le reconnaître comme leur souverain, se pressèrent également de l'abandonner; et ceux, au contraire, qui leur avaient résisté longtemps, conservèrent la fidélité qu'ils lui avaient enfin promise. Biren accourait vers ce duché avec une égale précipitation. 11 sentait cependant la nécessité de s'y faire devancer par un corps de troupes; et ce soin indispensable avait donné au duc Charles le temps de le prévenir. Biren, arrivé

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à Riga, dernière ville de Tempire russe sur cette frontière, y fut reçu avec les plus grands honneurs , mais forcé d'y attendre que son concurrent lui eût cédé la place. Une seule rivière le retenait encore dans un empire sujet à de si terribles viscissitudes. Des remparts de Riga, il contemplait la Kourlande, sa patrie, où trente ans il avait vécu domestique, et où, après les plus grandes alternatives de fortune, il attendait le moment de rentrer en souverain. De son côté, lo duc Charles entendait de son palais le bruit des honneurs extraordinaires qu'on rendait à son concurrent sur la frontière voisine. Ce prince, sans troupes et sans défense, prit la résolution d'opposer à son malheur une fermeté inébranlable ; de rester dans sa capitale, occupée par des troupes ennemies, il écrivit au roi son père, comme au suzerain de ce duché, pour lui demander de citer les Kourlandais infidèles à la diète de Pologne, qui était près de s'assembler, et d'y porter ses plaintes à la république contre cette invasion des Russes.

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