VI.. Bruits publics sur la cour de Russie
Les deux factions prenaient alors dans les bruits publics un nouveau motif de précipiter tous leurs efforts. Une conjuration découverte à Moskou contre la nouvelle impératrice avait donné lieu à mille rumeurs , auxquelles la renommée mêlait encore ses exagérations et ses mensonges ; d'ailleurs on savait en Pologne que Tarmée russe , en rentrant dans Tempire, y portait un esprit de sédition. Ofliciers et soldats nommaient hautement le prince Yvan , ce malheureux chef de la maison impériale ^ qui, après avoir passé sur le trône les premiers mois de sa vie, était'depuis vingt ans détenu dans une prison ignorée^ Son nom , dont le seul souvenir avait passé depuis vingt ans en Russie pour un crime de haute trahison, était aujourd'hui dans la bouche de tous les Russes ; et les moins séditieux voulaient, disait-on , forcer la tsarine à Tépouspr^ Varsovie croyait apprendre de moment en moment qu'il y aurait eu ,d^ grandes agitations à Pétershourg^ Une poste retardée par la rigueur de l'hiver, faisait attendre la nouvelle d'une révolution. Les deux factions polonaises en avaient plus d'animosité ; l'une voulant profiter d'une faveur qu'une révolution lui pouvait enlever, et l'autre se flattant de résister iœpimément.