XIV. Intrigues de Poniatowski pour attirer une armée nisse
en Pologne,
Mais Poniatowski crut devoir profiter de cette occasion mc^me, pour attirer une armée russe en Pologne ; et sous le prétexte de seconder les projets de ses parents, son ambition impatiente osa concevoir Fespérance de renverser Auguste du trône. Deux confidents de son âge, se promet-
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tant de le gouverner, et d'exercer, sous son nom, tout ce qu'il aurait de puissance, l'excitaient à précipiter les événements, et à ne point attendre la mort du roi. C'étaient ces mêmes jeunes gens qui, à Pétersbourg, avaient été admis dans la confidence de ses liaisons avec Catherine, et paé cette confidence^ dans l'intimité de cette princesse. Poniâtowski, déterminé par leurs conseils , voulait tenter une révolution dans son pays, et s'élever au rang de sa maîtresse, par des voies semblables à celles qu'elle-même avait prises, afin d'unir ensuite, par un mariage, leurs destinées et leurs couronnes. Il s'agissait de déterminer cette princesse à cet envoi de troupes en Pologne ; et pour lui faire prendre cette résolution, il fallait l'engager plus loin qu'elle ne le voulait. Poniatowski se flatta d'y réussir par une double manœuvre. D'un côté, il avait assuré la tzarine que la plus légère menace suffirait pouren imposer au parti adverse ; et d'après cette assurance , un colonel russe était venu à Vilno, où il publiait hautement, que si le tribunal n'était pas composé au gré des Czartoryski, Timpératrice enverrait quarante mille hommes pour le disperser, et soutenir le parti de ces princes. Dans le même temps Poniatowski disait,, comme en secret, à chacun de ceux qui suivaient cette faction, que pour, en imposer plus sûrement à leurs adversaires, il fallait signer d'avance cette réquisition à l'impératrice; que cette crainte les contienërait , et que certainement on ne serait pas obligé d'en venir à implorer un pareil secours. Les choses étant ainsi disposées, et le tribunal devant être formé le 18 avril, tous ceux qui s'étaient donnés ou vendus à cette faction s'assemblèrent la veille dans une église, et s'échauffantreciproquement par des harangues, ils protestèrent contre le choix des Réputés. On introduisit dans cette assemblée le colonel russe, afin d'y réclahier, en sa présence, le secours
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de Fimpératrice. Le manifeste fut signé, sur l'assurance secrète, maïs positive, renouvelée par tous les chefs, de a'en faire aucun usage, et de ne point réaliser cette réclamation, dans la certitude, disaient-ils, qu'elle suffirait seule pour en imposer au prince. Celui-ci ne s'en laissa imposer par aucune crainte ; et le jour fixé pour la formation du tribunal, toutes les églises, lieux ordinaires de ces grandes assemblées, se trouvant fermées par les ordres de Tévêque, il assembla son parti dans le château dont il était maître, en sa qualité de palatin. Ceux des députés qui avaient des liaisons avec la faction contraire ne s'y présentèrent point; ils semblèrent, par leur absence, se désister volontairement de leurs droits, et il n'exista pas, dans toute cette journée, une occasion de commettre la moindre violence^ Le tribunal incomplet, seulement en ce qu'il y manquait le nombre ordinaire d'ecclésiastiques, tint paisiblement sa première séance, et entra en exercice d'une autorité, qui, suivant les lois^ devait durer quinze mois. Aussitôt, la plupart de ceux qui avaient signé le manifeste adressé à l'impératrice , sur la fausse persuasion que l'effroi suffirait pour empêcher Radzivill d'établir le tribunal, voulurent retirer cet écrit, et anéantir leurs signatures; mais ils apprirent, avec indignation, que le manifeste était déjà envoyé en Russie. L'évêque Massalski, dont la timidité cherchait après des imprudences une protection contre la vengeance de Radzivill, s'était laissé engager à écrire à cette princesse , comme premier sénateur de Lithuanie; et Catherine, ignorant cette odieuse manœuvre, devait se croire vraiment appelée au secours d'un« province opprimée.
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