XIX. Le prince Charles qitiile la Kourlande
Le duc Charles de Kourlande , depuis six mois bloqué dans sou palais , n'y subsistait que par l'industrie d'un petit nombre de Kourlandais tidèles, qui risquaient tout pour lui
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faire passer des viyres. Les boulangers de sa capitale étaient forcés à lui refuser du pain. Après avoir reçu du roi son père, Tordre de quitter ce duché, il publia un manifeste par lequel il exhortait la noblesse kourlandaise à ne point se présenter aux diètes convoquées par un usurpateur. I! partit en plein jour, traversant les troupes russes rangées en haie sur son passage^ et qui lui rendirent tous les honneurs dus aux souverains. Il s'arrêta quelques jours a Varsovie , où la noblesse de plusieurs provinces, touchée de son courage , l'envoya complimenter ; et bientôt il partit pour Dresde , craignant également de se rendre suspect à un roi mourant', par un plus long retard ou par un plus grand empressement.
Les deux sénateurs restés à Mittau après son départ furent chassés du palais ; mais ils trouvèrent encore moyen de rester dans la ville, pendant la diète convoquée par Biren. Ils opposèrent à cette assemblée , une protestation revêtue de toutes les formes nécessaires. Ces deux hommes courageux , au milieu d'une armée ennemie , n'avaient pour défense que leur dignité même. Une grande partie de la noblesse, toujours fidèle au duc Charles, demeura sur ses terres , dispersée , sans appui, attendant les événements ; et cette femme qui par une frivole intrigue , avait usurpé un empire, sentit avec étonnement que le plus faible trône, soutenu par le respect des lois est moins facile à renverser que le trône d'un despote.