‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 145 sur 154 · XXIV. On se prépare é résister aux Riisses · texte numérisé non relu

XXIV. On se prépare é résister aux Riisses

Le prince Radzivill avait avec lui quatre mille hommes de troupes, quarante pièces de canon et la noblesse de trois provinces. Le tribunal de Lithuahié, ainsi défendu par une armée, continuait Fexercice de son autorité, en évitant tout ce qui aurait justifié leâ plaintes de ses adversaires et donné un prétexte à quelques violences de la part des Russes. Ce prince lui-même, docile aux conseils des plus sages citoyenâ> se tenait sur une exacte défensive, déterminé seulement à combattre Farmée russe au pi^emiet désordire qu'elle com* mettrait.

Cette armée restait à quelques lieues de Vilno , dans une égale inaction. Elle était commandée par un jeune général Soltikoff, qui n'ayant reçu qu'un ordre vague de porter la terreur en Pologne, démentait, par l'honnêteté de son caractère, les menaces qu'il faisait quelquefois pour remplir son personnage, et qui, marié depuis peu à une des plus belles personnes de Russie, une nièce des infortunés Dolgorouki, venait d'être employé malgré lui à l'opression de la Kourlande, avait laissé à Mittau sa jeune épouse dans le palais du bourreau de sa famille, était impatient de retourner auprès d'elle, et ne désirait point de prolonger un commandement si extraordinaire.

Dans cette attente générale, on ne voyait aucune voie de conciliation. Le primat du royaume avait d*abord eu intention de convoquer le sénat ; mais les formes ordinaires parurent trop lentes et trop embarrassées, dans une conjonc-

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ture qui sektiblait si pressante; et les anciens usages Dé servant plus que d'obstacles à toute espèce de résolutions, presque tous les grands avaient préféré une assemblée patticulière, et s'étaient rendus dans le château de Bialystok ^ chez le gfand-général comte Braniçki. C'est de là qu'on avait fait passer à Vilno de l'argent, des vivres', des munitions ; c'est de là qu'on entretenait les résolutions prudentes de Radzivilh On soupoonnait> avec raison, dans cette assemblée de Bialystok, que tous' ces mouvements n'étaient que des tentatives hasardées. On n'y trouvait ni la suite ni Tensemble qui eussent le caractère des grands desseins. Mais en prenant de courageuses résolutions^ on était convenu de n'en laisser voir que de modérées, de Cl'ainte d'irriter l'impératrice par des démarches imprudentes, et de l'engager à soutenir, par vahie gloire, une affaire légèi^ement entreprise, et que peut'-étre les négociations pourraient terminer. Le général Mokranowski fut envoyé à Varsovie par cette assemblée, pour essayer d'y entrer en conférence sur les troubles actuels avec l'ambassadeur de Russie. Déjà cet ambassadeur reconnaissait toute l'imprudence de cette tentative ; que les Russes avaient cru soutenir une faction , et qu'il fallait entreprendre une conquête. Il ne cachait point ses alarmes, et il répéta à plusieurs personnes : « On sait bien où on allume le feu, mais qui peut prévoir où il s'éteindra ? » Cette conduite tout à-la-fois audacieuse et retenue des princes Czartoryski paraissait inconcevable à ce vieil ambassadeur d'un empire despotique, où il n'existe aucun intervalle entre le murmure et la révolte, et où il est plus sûr de songer à détrôner le souverain que de se plaindre. « Ces princes, di' sait-il, savent commencer, et ne savent point unir. » Il s'inquiétait de voir toutes les affaires de son ambassade troublées par un jeune homme, plus dépositaire que lui des secrets de sa souveraine, et il cherchait à se rassaisir de la

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