‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 148 sur 154 · LIVRE y · texte numérisé non relu

LIVRE y

XXVII. Catherine, malgré les efforts des Czartoryski , ordonne la retraite de ses troupes»

Catherine craignit de s'avancer plus loin dans une affaire si légèrement entreprise; et malgré les efforts des Czartoryski pour l'engager à y persévérer/quoiqu'ils lui citassent l'exemple et la politique de Pierre F'' dans ses dernières années, elle leur fîtrépondre qu'elle ne voulait pas risquer, pour seconder leurs projets, de se brouiller avec toutes les puissances ; que le moment favorable n'était pas venu, et qu'ils attendissent la vacance du trône. Elle envoya ordre au général russe de retirer ses troupes de Lithuanie, après avoir concerté cette retraite avec l'ambassadeur. Il se fit donc à Varsovie un accommodentent, où le vieux Reyseriing, négociant comme on faisait il y a deux siècles, avec des citations de l'écriture sainte et des poètes anciens, assura que l'entrée des Russes en IJthuanie était un simple passage, un transitus înnoxîvbs, et signa tout ce que les Polonais demandèrent, certain d'éluder ensuite la foi de ce traité. Il paraissait s'occuper de rétablir entièrement la paix, d'extirper jusqu'aux moindres germes de division, de s'ériger lui-même en arbitre de tous les différends. Ce vieil ambassadeur, au milieu de ses confidents , prenait quelquefois plaisir à se comparer dans cette ambassade , à Flaminius, le premier Romain qui eut à traiter avec les Grecs, et qui, par sa facilité et sa douceur, en conservant à chaque ville sa liberté et ses lois, commença à les asservir entièrement à la république romaine.

Poniatowski voyait avec chagrin la tranquillité publique rétablie. II reproclwit à Keyserling, en pleurant de rage, d'avoir été plus loin que les ordres de sa souveraine, et parlà d'y avoir manqué. Keyserling lui répondit : « Que nous

font VOS procès et vos tribunaux ? Devons -nous jamais nous en mêler autrement que par la médiation et les bons ofGces ? Restez en paix, laissez mourir le roi sur le trône, et vous verrez alors si nous vous abandonnerons » ! PoniatowsKi le quitta en pleurant; et pour se disculper auprès de l'impératrice de la démarche odieuse dans laquelle il Tavait si imprudemment engagée, il chercha à Tirriter contre ce vieillard, et à rejeter sur lui seul le peu de succès de sa mission.

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