XXVIII. Discours du grand-général à Poniatoxvski
Le jour que le grand-général, après avoir signé l'accommodement , quitta Varsovie^ tous les grands étant à cheval autour de squ carosse , pour lui faire cortège , il aperçut Poniatowski dans cette foule ; il Tappela, et l'ayant fait placer sur le devant de son carrosse, il lui parla comme son beau-frère, et avec la dignité qui convenait au chef de la république. Il lui représenta « dans quels troubles ses intrigues jetaient la patrie ; que la Pologne était assez malheureuse par sou mauvais gouvernement -, que d'y appeler les étrangers, ce n'était pas travailler à son rétablissement, mais en précipiter la ruiue; que tout ne serait pas perdu, si l'ambition ne prenait pas ces voies criminelles ; que le courage et l'amour de la liberté avaient de grandes ressources. Vous êtes jeune y lui dit-il, et vous pouvez un jour voir la république rétablie ; plus heureux que nous, qui avons passé nos jours dans les malheurs publics , et a qui la vieillesse ne laisse plus assez de temps pour voir tant de maux réparés. Mais ce n'est point en confîaut le rétablissement de de l'État à ses ennemis naturels, que vous jouirez de ce bon« heur. Votre ambition vous trompe, elle vous conduit à l'esclavage, et peut-être vos plus grands succès ne servi*
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f ont-ils que d'époque à l'entière destruction de votre patrie »« Poniatowski ne répondit qu'en se laissant suffoquer par ses pleurs. Le grand-général lui demanda comment il devait les interpréter ; et n'obtenant pour toute réponse que de nouvelles larmes^ et des mots vagues d'inimitié contre la maison de Saxe, et des suites d'engagements y il arrêta son caresse, l'en laissa descendre : et quoiqu'ils fussent alliés de si près, quoique ce vieillard ait encore vécu de longues années, ce moment fut telui où ils se séparèrent pour jamais.