XXIX. Celui-ci persévère dans ses desseins ; suite de ses
intrigues.
€ette passion de régner, que Fa difficulté de parvenir à son objet empêche de s'allumer dans les cœurs même les plus ambitieux , mais qu'une faible lueur d'espéranc« suffît pour rendre la plus impétueuse des passions, possédait toute l'âme de ce jeune Polonais. Ses deux confidents , de son âge, qui se promettaient de le gouverner sur le trône , Be cessaient d'aiguillonner son ambition. L'auteur de cette histoire tient d'eux presque toutes ces anecdotes ; et suivant leur propre aveu, la maladie qui conduisait Auguste au tombeau était trop lente au gré de leur impatience. Ils voulaient, sans attendre la mort si prochaine de ce malheureux prince^ profiter de toute la faveur actuelle des conjonctures pour le faire tomber du trône, et ils excitaient Poniatowski à tenter une seconde fois d'amener une révolution. Ce fut dans ce dessein qu'il essaya de faire parvenir à la cour de France de secrètes insinuations, de peur qu'elle ne traversât ses nouvelles mesures. Mais tout ce que son caractère avait de frauduleux , son esprit de faux et de romanesque , et tous les égarements de sa folle vanité, se produisirent à dé-
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couvert dans cette espèce de négociation. « II était convainoii, disait-il au résident de cette cour, que la France est l'alliée naturelle de la Pologne. La Russie ne voulait que le bien particulier d'une seule famille, et non celui de la république; et si la crainte de perdre cet appui nécessaire obligeait ses parents d'éviter en apparence toute autre intimité , ils n'en seraient pas moins empressés à se rapprocher de la Francev dès qu'ils auraient donné, sous la protection de la tzarine, quelque consistance à leur pays ». Emporté par un vif ressentiment contre le roi de Prusse, il ne dissimula pas que ce formidable voisin avait fait échouer leur dernière tentative; et toutefois il s'écriait avec un puéril enthousiasme : « Que la Pologne était mûre pour une révolution ; le temps de la Pologne est à la fin venu », s'écriait-il encore, en parodiant les vers qu'un poète célèbre a mis dans la bouche de Mahomet. On voyait aisément que les belles scènes de cette tragédie, où ce fameux imposteur peint lui-même son caractère et ses desseins ne paraissaient à ce jeune ambitieux qu'une école de politique.