‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 151 sur 154 · XXX. VassembUe d» Pëlrikau · texte numérisé non relu

XXX. VassembUe d» Pëlrikau

De nouveaux troubles, pte dangereux que les derniers orages , étaient prêts d'éclater dans la ville de Pétrikau, pour la formation du grand tribunal de Pologne. Les princes Czartoryski , poursuivant avec une animosité implacable leur vengeance contre Brulh, avaient résolu d'y renverser entièrement la fortune de cet ennemi, et de soumettre la révision. de sa fausse généalogie polonaise à l'examen de ce nouveau tribunal, aussitôt qu'il serait formé. Quoique dans le dernier accommodement ont eût mutuellement promis de ne point miener de troupes dans cette ville, la plupart des dif-

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férents chefs s'y étaient rendus avec de nombreux cortèges de noblesse. Le palatin de Krow, beau-père du jeune comité brulh, déterminé à défendre son gendre, et averti de né point amener de troupes, n'avait pris avtâc lui que des gentilshommes, sous le titre d'amis, mais au nombre de plusieurs milliers. Ce palatin était le comte Potoçki , chef de tette maison, qui, pendant les premières années de cerègne^ avait défendu la liberté publique contre l'ambition de \û cour, et qu! avait longtemps soutenu, par la seule faveur de la nation, la concurrence des Czartoryski, lorsque eeux<^ci possédaient toute la faveur du roi. Il y avait au moment actuel plus de trente seignéuf s du nom de Potoçki , et en Pologne, plus que partout ailleurs, le même esprit se pei"pétue dans les familles. Soit que la violence des factions les rallie davantage, soit que la coutume de vivre séparés dans leurs châteaux, loin des communications habituelles, serve à y conserver les mêmes caractères et les mêmes opinions, l'outefois le palatin de Kïow, dans la longue paix de ce règne, qui jusqu'à présent n'avait été troublée que par de frivoles agitations, avait perdu cette audaC3 et cette fermeté dont ses oncles lui avaient autrefois donné l'exemple. Il était devenu plus souple et plus artificieux. Il voyait dans chaque affaire tous les moyens, toutes les ressources . INIais son imagination lui présentant aussi tous les inconvéniens, quelquefois près d'agir il demeurait irrésolu, et dans ces ticcasious mêmes où la perte d'un instant peut tout ruiner et tout perdre, il cherchait encore des artifices pour ne rien résoudre. Quinze raille gentilshommes étaient accourus dans la ville dePétrikau. C'était la première fois, depuis ce règne, que les affaires publiques avaient réuni un si grand nombre de noblesse.

« Il était temps, disaient les jeunes confidents de Poniatowski, de donner un dénouement à ces scènes odieuses et

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ridicules. Depuis dix ans, les deux partis se menaçaient léâ armes à la main, et ces longues querelles , où les ressentiments s'étaient toujours perdus en démonstrations et en paroles , ressemblaient à celles des bouffons de comédie. Il fallait en venir à la catastrophe, et voir enfin si on pourrait faire tomber du trône une maison étrangère, qui deux fois y était montée contre le gré de la nation , et qui se trouvait aujourd'hui destituée de la seule protection qui fy avait maintenue ».

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