‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 2 sur 154 · TB0DUCTI0N. XJ · texte numérisé non relu

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rinexpérience du minisière sous Catherine t^ et Elisabeth ». A la page 254.9 contenant le récit des exploits du trans- danubien Roumianzoff ^ au lieu de « pour aller jouir dans une ignoble indolence de l'immense fortune acquise par ses extorsions et ses rapines », nous voyons : a pour aller jouir dans le tranquille gouvernement d*une province^ ou plutôt dans une paisible indolence , de son tnimense fortune. » (H. Auguis, dans son édition del819, dit: «a^reab/eî/ie/o/enc^;» et nous avons trouvé le mot trop exquis pour ne pas le conserver ). Et ainsi de suite, jusqu'à la fin de l'ouvrage. Presque partout ces corrections défigurent le style, affaiblissent la pensée en la dénaturant. Tout ce qui a trait à la confédération de Bar n^est pas plus épargné; mais ici, on a cherché au contraire à raviver et à charger les couleurs. En revanche, toute une moitié du 12* livre, contenant rhistoire de la confédération pendant Tannée 1770, a été enlevée. De ces variantes il est résulté pour nous la certitude qu^elles n'ont pu être commises que sous Tinspiration d'une puissance étrangère, la plus intéressée à faire pâlir le tableau si vivant et si fidèle que Rulhière a tracé de lagonie d'un grand peuple, à dérober à la postérité les traits les plus saillants de son martyre. Et c'était pourtant durant cette pé- ^ riode entre les deux batailles d'Austerlitz et de

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Friedland , lorsque la Russie était en hostilité ouverte avec la France !

Eh bien ! l'ouvrage entier, embelli de cette manière, avait déjà été imprimé , car tout le manuscrit porte les signes indélébiles de la composition typographique, lorsque, fort heureusement pour la gloire de Rulhière et pour la nôtre , Napoléon P''en fit arrêter la publication, et ordonna à Daunou d'en faire paraître une édition con-' forme au texte primitif. Mais celui-ci ne retrouva plus les quatre derniers livres; il publia les précédents tels qu'il les reçut, en rétablissant de son mieux les passages altérés, et remplit les lacunes par des abrégés esquissés par lui-môme d'après les notes et fes matériaux annexés au manuscrit. Cependant, tout incomplète qu'elle était, son édition avait déjà une valeur réelle, et fit une profonde. sensation. Dans leur entrevue de Tilsitt , le tzar Alexandre reprocha très-vivement à l'empereur français d'avoir fait imprimer un livre qui lui appartenait, c( et qu'il avait payé , disait-il , assez cher pour avoir le droit d'en disposer à son gré. » Ce fait seul confirme entièrement ce que nous avons dit sur les causes de sa transformation ; et quel que soit le barbare qui s'en était chargé, il est certain qu'on lui avait suggéré des motifs suffisants pour lever tous ses scrupules. L'édition de M. P. Auguis, rédacteur

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du Constitutionnel et député , n'est qu'une reproduction pure et simple de la précédente , avec quelques fautes de plus, et une Vie de Rulhière où il copie presque mot pour mot la Notice de , Daunou et le jugement ci-joint de Chénier.

Dans cet état de choses , que nous restait-il à faire pour rassembler les membres épars du texte de Rulhière, c< disjecti membrapoelœ, » offerts en holocauste à la gloriole de Tautocrate ? C'était de chercher à découvrir^ dans le vaste recueil de matériaux préparés pour la continuation de Touvrage, un indice quelconque qui nous mit sur la voie de ces précieux fragments; et en cela, nous avons été servi par le hasard bien au delà de nos espérances. Dans ce volumineux dossier in-folio, :constatant le travail de bénédictin que Rulhière a dû s'imposer, nous avons trouvé deux cahiers, encore plus raturés que les autres, et d'une écriture différente de celle du manuscrit. Nous avons aussitôt reconnu les deux moitiés manquant aux 12* et 13' livres, qui avaient échappé à Daunou, et auxquelles pourtant il fait allusion, en disant : a Nous ne garantissons ni Tiniégrité ni la parfaite authenticité du reste de ce 12® livre , n'ayant pu nous procurer, pour cotte partie de l'ouvrage , qu'une copie informe, incomplète et souvent altérée... etc. » (Tom. III,

p. 278. ) Et pour la seconde : c< Une persoi^ne k qui

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le manuscrit de Rulhière avait été confié, en a muliléici plusieurs pages. Nous les rétablissons^autant qu'il nous est possible, en recueillant les mots, les lignes, qui ont échappé à ce ravage... etc. » [Ibidem, p. 346). C'étaient précisément ces deux fragments, très-considérables, que nous avions sous les yeux. Comment sont-ils venus rejoindre le corps auquelils appartiennent? c'est ce qu'il ne nous est pas donné de pouvoir expliquer. Le premier s'étend, dans notre édition, de la page 278, tome 111 {État de la confédération j durant l*année 1770), jusqu'à la fin du 12'' livre, et se rapporte parfaitement au sommaire des chapitres indiqué par Rulhière et cité par Daunou dans sa Notice. Ce sont d'abord les avantages obtenus par les confédérés en 1770; les négociations de Krasinski et- de Potoçki avec la Turquie ; puis les conférences de Paç avec Joseph II à Épériès; les combats de Szaniawski et de Halczewski , leur entreprise sur Varsovie; les envois d'officiers et d'argent faits par la France aux confédérés; les portraits de Kasimir Pulaski et de Zrireuiba; la forteresse et le siège du monastère de Czenstochowa ; enfin l'examen approfondi de la question de l'interrègne , et la déchéance du trône de Stanislas-Âuguste Poniatowski décrétée par le conseil-général, applaudie par le duc de Choiseul, et même tacite-

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raent approuvée par Raunitz , le grand mystificateur autrichien ! Que de trésors! quelle série d'événements ! quelle hardiesse dans leur exposition ! L'essence de ce 12* livre, donné dans son entier, est déjà une trouvaille inappréciable !

Le second fragment s'étend de la page 346 {Projet (Tune entrevue à Neisse de Joseph et du roi de Prusse), à la page 404 du 13* livre (Entrevue de Frédéric, de Joseph et de Kaunitz à Neustadt)y et comprend tout l'intervalle entre ces deux entrevues, où la médiation entre la ^ Russie et la Porte fut disculée sur les bases d'un partage delà Pologne. C'est d'abord la rencontre des deux souverains allemands, qui, après avoir versé des flots de sang, se font toutes les caresses imaginables; les engagements pris entre eux, dans l'éventualité d'une rupture entre la France et l'Angleterre; le portrait, tracé. de main de maître, de Kaunitz, s'équilibrant entre la dévote Marie-Thérèse et le présomptueux co-régent son fils; sa tortueuse politique à l'égard de la France; ses projets d'envahissements pacifiques sur tous les États voisins; et enfin, la première invasion de l'Autriche sur le territoire polonais. Eh bien! tout ce passage, qui devait tenir une place si essentielle dans le récit de Rulhière, comme il en tient une dans notre histoire, qui prépare en l'exposant la catastrophe de 1772,

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est reproduit mot pour mot , lettre pour lettre, dans V Histoire des trois Démembrements de la Pologne par Ferrand, continuateur de Rulhière.

Que le cahier qui le contient est bien authentique, nous en avons la preuve dans les notes au bas des pages de la main de Rulhière même, dont récriture est très-facile à reconnaître par soa caractère de l'autre siècle; savoir, à la page 351 : « La mort de l'électeur de Bavière Maximilien.,. etc. »; à la suivante : <c On verra plus loin que dans le traité de Kaïnardji... etc. » D'ailleurs, le style de Rulhière s'y reconnaît tout aussi aisément, pour ceux qui sont familiarisés avec les deux ouvrages. C'était, qu'on nous pardonne l'expression, démolir un monument pour construire une bicoque. Ferrand lui-môme était sur le point d'en convenir, lorsqu'il disait dans son A vertissement :

« C'était surtout pour cette seconde partie de son ouvrage (dans laquelle commencent et se suivent les négociations pour le partage), que Rulhière avait préparé une très-grande quantité de notes, fruit de ses recherches ou de ses réflexions...

a Le long travail que nous avons fait sur cette multitude de notes (qui attestent une recherche attentive et perpétuelle des plus petits détails), nous a convaincu que Rulhière avait autant d'à-

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mour que de respect pour la vérité. On le voit souvent revenirsurune date, sur un fait, sur l'induction qu'il en avait tirée, pour continuer, expliquer, changer (?) ce qu'il avait dit dans une note précédente. Il avait, pour cette même partie qui lui restait à faire ( lisez qu'il avait faite ), recueilli beaucoupde pièces intéressantes, depuis ITTOjusqu'en 1775. Ces pièces, tant quelles sont restées entre nos mains, nous ont été d'un grand secours pour démêler le fil des négociations eûtre les trois puissances, pendant près de deux ans. On reconnaît dans ce recueil le travail infatigable de l'observateur profond, qui np néglige aucune particularité, dès qu'ellelui parait pou voir donner quelques éclaircissemeiits ou fournir quelques indices. La fréquente comparaison que nous avons été dans le cas de faire entre ces pièces et les notes de Rulhière, nous a de plus en plus démontré la parfaite exactitude de celles-ci...

« Quoique nous n'ayons pu les joindre à nos pièces justificatives, c'est toujours à Rulhière que nous devons reporter l'hommage des connaissances qu'elles nous ont procurées ; c'est dans son travail préparatoire (travail immense!) que nous avons trouvé la réunion de tout ce qui pouvait constater l'authenticité du premier démembrement...

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a Dans ce manuscrit, que nous avions eu enlre les mains pendant dix-huit mois... etc. »

Ces dix-huit mois ont apparemment suffi pour faire l'opération dont nous avons vu les traces. Après cçt aveu si franc et si explicite de ce que Ferrand doit au manuscrit de son devancier, nous avons à peine le courage de lui en vouloir pour cet emprunt, peut-être involontaire, et pour la transposition dans son ouvrage de ces pages mutilées que Daunou n'y a plus retrouvées. Par une inadvertance très- concevable chez un diplomate, directeur-généraldes postes et député, au milieu des tracas et des appréhensions de la première restauration des Bourbons, le manuscrit de l'historien a bien pu s'égarer dans le portefeuille du ministre, qui a trouvé tout simple alors de le garder, pour en enrichir l'œuvre qu'il méditait lui-même. Nous n'aurions pas songé à relever cette petite distraction , sans l'hommage public rendu dans son Avertissement à la véracité historique de Rulhière, et qui diminue d'autant ce qu'il peut y avoir de blétmable dans ce larcin. 11 est plus que problable que d'autres parties du susdit manuscrit auront éprouvé le même sort j mais nous nous hâtons de lui restituer au moins celles que nous avons reconnues lui appartenant, et qui nous ont permis de rétablir en entier les deux avant-derniers livres, tels que Rulhière les

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a laissés : rétablissement que Ton trouvera d'autant plus légitime, qu'il s'agitici de notre patrie. Il en résulte une édition des Révolutions de Pologne en tous, points conforme au texte original, sauf les erreurs évidemment commises par les copistes, la rectification des noms propres , que les écrivains étrangers ont assez Thabitude d^estropier (comme pour se venger de ne pouvoir les prononcer), et des changements insignifiants portant sur le texte même, dont Timpression n'a pas été revue par son auteur;

Les (Jeux livres suivants , le quatorzième et le quinzième, ont-ils jamais été achevés? Il est permis de le croire , quand on considère la durée de son travail , depuis 1768 jusqu'en 1791; et rien ne prouve le contraire. On sait qu'au moaient de sa mort il avait déjà commencé d'autres ouvrages importants, comme l'histoire des événements de 1789, celle de la diète de Ratisbonne, des mémoires sur les progrès de la littérature frança'ise, etc., et dont il ne reste aujourd'hui aucun Vfestige. Nous trouvons môme dans une note de sa main ( appartenant à la page 296 du tome III de notre édition), les* mots que voici : « Voyez le vingtième livre, dans la Récapitulation, » Ces mots très-significatifs se rapportent-ils à la récapitulation qui termine l'ouvrage de Ferrand? Nous ne pouvons former à ce sujet que des con-

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