‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 34 sur 154 · II. leur première civilisation à Kiow · texte numérisé non relu

II. leur première civilisation à Kiow

On ignore communément l'existence de cette ancienne monarchie ; et plus communément encore on croit que toute la nation Russe était un peuple simplement barbare. Mais pour en avoir une idée juste, arrêtons un moment nos yeux sur la ville de Kïow, sa première capitale. Les mœurs de cette ville étaient très-dissolues. La populace grecque qui était venue fonder cette colonie avait apporté Textrême dépravation à laquelle tous les Grecs étaient alors parvenus, leur superstition , leur perfidie, la vanité qu'ils avaient encore de se regarder comme la seule nation civilisée , leur vie molle et oisive que favorisa la fertilité de ces contrées, leur amour pour le luxe et pour tous les vains amusements,, leur passion poiu* ces bains d'étuve, qui faisaient alors les délices de Rome et de la Grèce, et qui sont dégénérés dans ces climats septentrionaux en une mollesse barbare. Les Russes, devenus maîtres de Kïow, conçui;ent une telle passion pour ces bains^ qu'ils asservirent des peuples vaincus à leur apporter des ramées fraîches pour le service des étuves. Quoiqu'ils eussent adopté l'nsagedes aiiciens Grecs de tenir les femmes séparées de la société,, les dames russes, célèbres par îeur beauté, avantage qu'elles conservent depuis tant de générations^ n'étaient pas moins célèbres par la facilité de leurs mœurs . En un mot , Kïow, dans ces contrées sauvages , était habitée par une cour efféminée, par un peuple oisif; et le séjour que vint y faire une armée polonaise passe chez les historiisns pour avoir amolli cette armée et; corrompu son roi (année 1020). Kïow, suivant leur expression (1), était au miliçudeces peuples barbares ce qu'or

(I) Ki'Oiuer, liv. iv.

LlTBfi ir. ^

vaitétéla ville de Capoue dans i^ancienDe Italie. Cette disso^ lutioD dans les mœurs publiques fut la première civilisation que ce peuple reçut autrefois des Grecs déjà corrompus ;^ et les traces n*6n sont point encore effacées.

IH*. Origine des princes rtisses,

lofais enfln , cette première monarchie- fut détruite. Ungrand nombre-de ville» bâties par les Russes^ dans le nord-, est de l'Europe, devinrent autant de principautés séparée»^ C'est Torigine de cette multitude de princes qui se trouventaujourd'hui parmi eux, et qui depuis trois siècles, assujettis sous un nouvel empire, sont retombés à leur tour dans la servitude générale. Ces principautés conservèrent dans leur faiblesse tous les vices de la corruption, joints à ceux de la barbarie. Leurs habitants continuèrent à se regarder comme la seule nation civilisée qu'il y eût au monde , eè comme les possesseurs de la seule véritable religion. Un de ces petits souverains acquérait-il quelque puissance, aussi-, tôt il se croyait destiné à être partout l'univers le vengeur et; le protecteur de la religion grecque.

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