‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 36 sur 154 · V. Mœurs des Moskoviles; leur haine contre les étrangers · texte numérisé non relu

V. Mœurs des Moskoviles; leur haine contre les étrangers

Alais avant que les IMoskovites se fussent élevés à ce point de gloire et de puissance, leur situation singulière au milieu des immenses forets du Nord avait eu sur leurs mœurs une influence qu'il est d'autant plus important de remarquer qu'elle subsiste encore de nos jours.

Ce peuple si attaché à la religion grecque, avait pour voisin, à l'occident, un de ces ordres de chevalerie institués dans l'Église romaine pour en étendre la foi par la guerre^ l'ordre des chevaliers livoniens, ainsi appelés du nom de 1» province où ils régnaient en tyrans après l'avoir conquise» et convertie. Au-dessus d'eux, au nord, étaient de vaste» contrées inconnues, habitées par des peuples païens; eli

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dans la première ferveur du christiaDÎsme, te nom de païei» inspirait de l'horreur et se prononçait conjrae une imprécation, ce .qui subsiste encore en Russie : au point que dans tous leurs murmures contre l'étrangère qui règne aujour* d'hui sur eux, ilsrappellent Pagnniça (i). Vers Torient, une de ces nuées de Tatars qui inondèrent le monde fondit sur cette nation, la rendit tributaire ; et parmi les hordes qui se fixèrent dans les pays voisins, les unes gardèrent leur ancienne religion, qui est restée inconnue , les autres, étant devenues mahométanes, adoptèrent le précepte de ne faire aucune paix avec ceux que les musulmans nomment infldèles. Ainsi, dans ce point du globe se trouvèrent alors rassemblées pour se combattre, toutes ces religions qui, en différents siècles, ont agité et soumis le monde ; et par un effet de cette position géographique qui réunit autour de la Moskovie l'extrémité des plus grands États de notre continent, et qui favorise aujourd'hui la grande étendue de ses liaisons politiques, de ses entreprises militaires et de son commerce, tout ce qui existait dans ces temps-là de superstition et de fanatisme se trouvait réuni autour d'elle. Tous ces peuples se faisaient par incursions une guerre perpétuelle, enlevaient les femmes et les enfants pour en abuser, les convertir et les vendre , laissant des déserts entre eux ; et l'horreur qu'ils avaient les uns pour les autres étant principalement fondée sur la différence de leurs religions, était érigée en précepte par leurs prêtres. De là vint cheat les Moskovites cette haine pour tous leurs voisins. Sortir du pays, c'eût été renoncer à Dieu ; et s'ils étaient obligés de communiquer avec les étrangers autrement que par la guerre, c'était avec les précautions inventées pour se préserver des contagions,

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