INTRODUCTION. X\V
rent sourdement une lutte à outrance entre les peuples. On ne saurait montrer plus à nu tous les ressorts qui font mouvoir les vieux États absolus. C'est dans ce 13* livre surtout , un de ceux que nous avons restaurés y qu'il semble nous guider comme avec un fil d'Ariane, et porte la lumière dans tous les détours de ces mystérieux labyrinthes. Il n'aurait tenu qu'à lui d'être un homme d'État accompli; mais il aurait fallu pour cela renoncer à sa liberté d'écrivain, et selon nous, sa part était la meilleure. Son style est partout élégant, châtié, concis, trop soigné selon lexpression du jury académique (comme s'il pouvait l'être assez I ] , éminemment français par sa précision et sa clarté; en même temps qu'il sert aussi, dans tout le cours de son histoire, les idées françaises, et non celles des prétendus philosophes, des adulateurs de Frédéric et de Catherine, qui faisaient à leurs idoles un autel avec le corps sanglant de la Pologne. Homme de bien et Français avant tout, mieux que Voltaire et VEncycloyédie , il est dans le sentiment vrai, celui de l'indignation contre les violences exercées par le féroce Repnin sur un peuple trahi et désarmé. Partout il défend, au nom de sa nation, au nom de l'humanité, le maintien et l'intégrité de la Pologne. Il voulait, selon l'opinion du jury, « laisser un ouvrage qui méritât lés suffrages