‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 43 sur 154 · XIII. Les étrapgprs appelés à. Moskou · texte numérisé non relu

XIII. Les étrapgprs appelés à. Moskou

Enfln le tzar lui-même, et c^est ici une des plus, grandes époques de l'empire russe , te tzar, irrité de ce que cette ligue des villes commerçantes rendait presque inutile son établissement sur les bords de^ la mer Baltique, et sentant avec surprise- dens une guerre contre les Européens, toute l'infériorité de son peuple, résolut de faire taire la haine de ses sujets contre les étrangers, d'appeler ceux-ci dans sou empire, et de borner seulement sa défiance à prendre les plus sévères précautions pour leur en défendre la sortie. Il ouvrit donc sur toutes ses frontières un refuge aux aventuriers obligés de quitter leur pays pour leurs dettes, pour

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leur misère, pour leurs crimes. La foule fut si grande, ^u'il fallut bâtir à Moskou un faubourg pour eux ; et depuis ce temps les Moskovites ont toujours appelé de toutes les parties de FËurope une multitude de bannis, de déserteurs, de fugitifs : perpétuelle recrue pour cet empire, dans laquelle il trouva quelquefois des hommes singuliers dont le premier malheur fut d'avoir Tâme trop grande pour fléchir sous d'absurdes conventions sociales, et qui, condamnés et flétris par leurs concitoyens, ont servi leur nouvelle patrie avec autant de génie que d'audace. Ces étrangers furent longtemps dans l'oppression; quelques-uns s'élevèrent peu à peu : et^ doués de talents extraordinaires, ils ont conduit à de grandes entreprises cette nation ambitieuse, patiente et féroce. Mais à cette même époque commença aussi une division intestine, qui a causé presque tous les mouvements intérieurs de cet empire, et qui subsiste depuis tant d'années, entre les Russes obstinément attachés aux anciennes mœurs et cette foule d'étrangers qui se renouvellent sans cesse, et qui vont chercher fortime dans ce pays, en y portant nos arts.

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