‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 44 sur 154 · XIV. Les Russes repoussés, et leur caractère · texte numérisé non relu

XIV. Les Russes repoussés, et leur caractère

Cependant la guerre entreprise pour la Livonie durait encore. Un héros ( Etienne Batory ) monta sur le trône de Pologne , et les Moscovites allaient être détruits. Déjà ils se voyaient près d'être repoussés au-delà des forêts , qui du côté de l'Europe leur avaient longtemps servi de limites. Dans cette conjoncture , ils déployèrent ce génie frauduleux et perfide, qui est devenu si dangereux pour leurs voisins. Le tzar, malgré son attachement à la religion grecque, implora la médiation du pape , en lui promettant de soumettre la Moskovie au siège de Rome. Un jésuite^ très-adroit négocia-

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teur (1), ayant pénétré à cette occasion daas rkitérieur de la Eusie, annonça à son retour combien il y avait d^exagération dans ce qu'on avait publié des forces de cet empire. Il tra* versa avec étonnement d'immenses solitudes ; il réfuta Ter* reur qui faisait monter Tarniée à trois cent mille combattants. Il reconnut le caractère de ce peuple esclave , pleio d^artiûces dans la mauvaise fortune et dlnsoleoce dans la prospérité ; n'estimant jamais que ceux qu'il craint, s'exagé* rant également les succès et les revers ; et qui, pour une incursion heureuse sur ses frontières, se croyant près de conquérir FËurope, fut par quelques défaites découragé pour plus de cent années. La paix que les Moskovites obtinrent par une médiation alors si respectée, leur conserva un grand nombre de ces anciennes villes russes voisines du Borysthène,.' et ils s'établirent d'une manière û\e dans le voisinage de la Pologne et de l'Europe. Après avoir montré une ambition au-dessus de leurs forces, ils tombèrent , il est vrai , dans un long épuisement ; ils ne cherchèrent plus désormais à prendre avantage sur leurs voisins que par la perfidie; et quoique depuis ce temps ib n'aient pas un moment cessé de s'accroître , on fut étonné , il y a un siècle , d'entendre parler des Moskovites^ et nous les prenons de nos jours pour une puissance nouvelle.

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