XVII. Le despotisme dans une maison soiiveraine
Peu de temps après s'éteignit cette ancienne maison souveraine qui avait régné pendant plus de sept siècles ; c'eût été pour tout autre peuple un événement favorable au retour de la liberté. Mais nous verrons ici , par un seul exemple , comment les mœurs des esclaves les ramènent toujours vers l'esclavage. Une faction voulait placer sur ie trône un prince suédois; il s'avança jusqu'aux portes de Nowgorod. Une poignée de Russes vint au-devant de lui ; ï\ demanda où étaient les députés de la noblesse, ceux des viHes ; il s'attendait à une élection formelle: voilà l'esprit des peuples libres. Les Russes le pressaient d'entrer dans leur ville , de s'annoncer comme empereur ; que tout suivrait de soi-même ; qu'il ne fallait ni ligue , ni plan, mais paraître : voilà l'esprit des peuples esclaves. Un pareil esprit produisit une longue suite d'usurpations, de soulèvements et d'étonnantes révolutions qui, dans l'histoire de ce période, ont fait passer cette nation si obéissante et si soumise pour le plus séditieux des peupl«s. Un homme parut sous le nom de l'ancienne maison des tzars, et tonte la Russie tomba à ses pieds. Klevé dans les pays étrangers, ses mœurs, différentes de celles des Russes ,
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le firent bientôt accuser d'imposture; et il fut massacré avec Ij plupart des étrangers qui l'avaient favorisé. £n un mot, (es Russes devinrent séditieux tant que la servitude et la superstition n'eurent pas consacré une nouvelle idole. Mais enfin, en 1613 , ils donnèrent le sceptre a un jeune homme de quinze ans , de la maison Uonianoiï^ par le seul motif qu'il n'avait ni vengeance à poursuivre^ ni liaisons dan« gereuses ; et c'est aux droits successifs de cette maison que régnent les souverains qui sont aujourd'hui sur le trône. T.e mot de liberté fut prononcé à son élection, sans que personne en connût le sens ; et le serment qu'on lui fit faire sur l'Évangile ne contenait que des maximes de dévotion.