‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 52 sur 154 · XXII. Nouveau projet de partager la Pologne · texte numérisé non relu

XXII. Nouveau projet de partager la Pologne

Un État si faible , et dont le pays dans toute son étendue servait de théâtre à cette guerre terrible entre des ennemis si puissants, paraissait destiné à en devenir la proie ; et , en effet, il fut proposé de mettre fin à ces grandes querelles par le démembrement de la Pologne, et de concilier toutes les puissances belligérantes par le partage qu'elles feraient de ce royaume. Auguste était remonté sur le trône, malgré son serment de n'y plus prétendre. Il avait publié un long manifeste pour justifier ce parjure ; et un jour qu'il demandait à un gentilhomme polonais ce qu'il pensait de ce long volume : « Rien n'est phis ridicule , lui répondit ce gentilhomme ; il fallait dire simplement : Attendu que le roi de Suède a été battu à Pultawa, je suis remonté sur le trône. » C'était en un seul mot toute son histoire. Ce prince, toujours plus dépendant de son allié, et toujours plus suspect à ses sujets , eût lui-même concouru au partage, pourvu qu'on lui eût composé de quelques restes de ce malheureux pays un royaume absolu et héréditaire. Mais Charles était trop fier dans son infortune, et Pierre trop ambitieux dans sa prospérité , pour consentir l'un et l'autre à de pareils projets. Celui-là, sans autre ambition que la gloire, et tout près d'armer la Turquie, où depuis sa défaite à Pultawa il avait cherché un asile , se promettait encore de rétablir en Pologne le roi qu'il avait couronné. L'autre , dominait seul dans cette république, que ses forces environnaient de tous côtés. Les Moskovites, par leurs nouvelles conquêtes , bordaient toutes les frontières de Pologne, du nord à l'orient, et leurs armées en inondaient toutes les provinces.

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XXllI. Elle devient le principal objet de CambïUon russe.

A cettç époque tout changea dans le Nord, et la destinée préparait pour ainsi dire une nouvelle chaîne d'événements. Lçs Siuédois, repousses dans leurs anciennes limites , occupai^tuq pays vaste, mais pauvre, stérile, et qui a peu de communications (ivec le continent, n'étaient déjà plus les ennemis naturels de Tempire de Russie, puissance qui ne cherche dans les coaquétes qu'un passage à de nouvelles entreprises ; et la guerre entre Pierre et Charles ne conti- ))uait que par une suite de leur implacable animosité. La Pologne , au contraire , qui séparait les Russes du reste de TEurope, était une barrière que ceux-ci devaient s'efforcer d'abattre , sans laisser aucune autre puissance se saisir 4les inoindres débris. Lçur ambition était d'autant plus excitée, que Tanarchie de cette république leur offrait plus de nioyens pour la subjuguer ; mais cette situation de la Po- Ipg^ç deyai( aus.si lui procurer de i^ouveaux défenseurs.

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