‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 53 sur 154 · XXIV. Les Turks en deviennent les allies naturels · texte numérisé non relu

XXIV. Les Turks en deviennent les allies naturels

Les provinces polonaises^ le plus à la bienséance de la llussie, présentaient aux Russes un chemin si facile pour (ittaquer l'empire ottojnaQ, que d;ès lors ce^ empire devait, par le soin de sa propre sûreté , veiller au salut de cette république. Toutefois^ une si sage prévoyance n'entrait pas dans les maximes ordinaires du divan. Une fierté barbare 9 presque toujours persuadé aux Turks qu'ils se suffisent à çux-jnêmçs. Leurs principe religieux proscrivent en quelque sorte tout soin de l'avenir ; et si ces nouveaux dé-

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fenséu)^ étaient dans ce temps- là encore reiioutablos par la grandeur de leur puissance, ils étaieikt aisés à égarer par tous 16S vices de leur politique. D'ailleurs cet empire eom« meuçait a peine à respirer des longues calamités d'une guerre qui avait duré près d'un demi-siècle , dans laquelle la con^ quête d'une seule île lui avait coûté deu\ cent mille eooibattants ; où il avait éprouvé toutes les vicissitudes de la fortune, conquis et perdu de vastes provinces, vu ses camps et ses villes en proie à d'horribles séditions ^ plusieurs visin massacrés, un sultan déposé; où il avait perdu ses nti* nistres les plus expérimentés, ses généraux les plus habiles^ non-seulement par le fer des ennemis, mais par les san^ glantes proscriptions qu'exerçaient tour à tour la rage des factieux et la défiance du gouvernement. C'était pendant ces désastres que les Russes avaient conquis une ville suir le rivage de la mer JHoire, côté le plus faible de cet empiré, et d'où il eût été facile de porter la guerre jusque dans son sein. Depuis la paix, Pierre n'avait cessé de se fbrtifier sur ce rivage ; et à cette occasion deux partis divisaient les coii'> seils ottomans. L'un voulait prévenir l'agrandissemeot d'un empire voisin où régnait la religion que professent tous les peuples subjugués par les Turks ) l'autre parti, uniquement occupé des douceurs du repos , craignait le retour de ces violentes agitations que la paix seule avait calmées. La con-* trariété de ces deux opinions et la rivalité de ces deux partis se mêlaient à toutes les intrigues du ministère et du sérail; elles avaient déjà occasionné, depuis la paix, la chute de plusieurs visirs et la déposition d'un sultan. Le frère de cet empereur lui avait succédé ; et sans avoir embrassé aucun système politique, uniquement livré au soin de venger la déposition de son frère, et de faire périr tous les séditieux qui avaient eu part à cette dernière révolution, il avait ainsi écrasé presque tout le parti qui avait voulu ar*

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rêter les entreprises des Russes, et recommencer la guerre. Se croyant alors affermi sur le trône, il avait cessé d'être cruel : il n'était plus qu'avare, indolent et voluptueux. Toutes les affaires étaient conduites au gré des favoris et des sultanes. Les différents accès que les émissaires de Charles et ceux de Pierre surent à Tenvi se ménager dans le sérail influèrent tour à tour sur toutes les résolutions du divan. Enfin ceux-là ayant eu l'avantage, les ministres ottomans furent entraînés par ces intrigues à un parti que la plus saine politique aurait dû leur dicter. Les Turks prirent les armes. On parvint à leur faire craindre que la Pologne ne devînt une province russe; et Pierre dans une campagne malheureuse, enfermé sur les bords du Pruth par une armée ottomane, ne dut sa liberté et sa vie qu'à l'entier abandon de tous ses établissements sur la mér Noire , à la restitution du port qu'il y avait conquis , et au serment de faire sortir aussitôt, et pour toujours, toutes ses troupes de Pologne. Il jura qu'en aucun temps les Russes ne s'ingéreraient dans les affaires de cette république ; traité qui devint la base du droit public de ces contrées.

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