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XXV. Les Polonais rétablissent leur gouvernement

Cependant ta Pologne n'offrait dans toute son étendue qu'un spectacle de dévastation et de ruines. Les plus belles provinces étaient remplies de terres incultes et de déserts. Les peuples de la campagne ne vivaient que d^écorces d'arbres. Auguste et les Saxons étaient les seuls étrangers qui restassent dans la république ; et ce prince, délivré enfin d'un ennemi terrible et d'un protecteur également à redouter , reprit aussitôt le* projet d'asservir les Polonais. Rendre son autorité arbitraire, lui paraissait, ainsi qu'à ses ministres, le

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seul remède aa^ maux que la Pologne venait d'éprouver. Devenu le chef d'une confédératiou que son parti avait formée pour son rétablissement, ce titre lui servait de prétexte pour ne point convoquer de diète. L'armée saxonne ré* partie dans les provinces, y subsistait de contributions imposées par les seuls ordres de la cour, et levées par des exécutions militaires. I^e projet qu'on se proposait vaguement d'exécuter^ quand on se croirait assez puissant pour donner une forme à cette tyrannie , était de convoquer la nation et de la forcer à consentir à l'incorporation des troupes saxonnes dans les armées de la république. Ces troupes éparses en petits détachements^ éprouvaient la misère générale ; mais elles allaient de châteaux en châteaux arracher à la noblesse les restes de sa fortune, et la cour, au milieu du luxe de la capitale, dédaignant les plaintes, les réclamations et les murmures, n'était occupée que de divertissements et de fêtes. Son faste et ses plaisirs insultaient aux calamités publiques. Les grands, plus ménagés que la simple noblesse, obtenaient facilement des exemptions, soit par la condescendance naturelle des généraux pour des courtisans assidus et admis à tous les plaisirs du roi, soit par une politique artiûcieuse qui entretenait leur indifférence sur l'oppression de leur patrie, et qui les ménageait alors pour les opprimer plus sûrement un jour.

L'indignation de la simple noblesse éclata enfln par le massacre de quelques-uns de ces détachements saxons épars dans le royaume. Ce fut le signal d'une guerre qui commença de toutes parts entre les troupes du roi et la noblesse polonaise. Celle-ci dans toutes les provinces se confédéra avec fureur. Mais il fallut dix-huit mois pour rendre la confédération générale ; elle se forma au milieu d'une multitude innombrable de petits combats., La cavalerie saxonne, attaquée daus ses marches, dans âes quartiers, partout envi-

donnée dVimémis tet pi^esque partout surprise, opposa vaine^ nient ^ discipline et son courage à Tinfatigable légèreté de la cavalerie polonaise. £lle fut bientôt presque entièrém^it ruinée et détruite. Les grands seigneurs polonais , dont la plupart avaient d'abord servi les desseins dé la cour, qui ensuite étaient demeurés neutres eûtré la nation et le roi, furent enfin obligés àe se réunir à la simple noblesse Celui que la confédéraliun élut pour chef mérite d'être connu ; t'était un simple géittilhonimiê, nommé Leduchôwski. Depuis la guerre civile, et sous le double règne de Stanislas et d' Auguste, il n'avait enibi^ssé le parti d'auéuik de ces deux l^onéurrents. Il avait également refusé leurs bienfaits ; et peiidantit^ longues et sânglailtes divisions, habitant toi^burs sur ses terres, il n'avait accepté que les niagistratui^s aut^ quelles l'avaient élevé les suffrages dé ses (Compatriotes ; toujours élu soit dans les tribunaux, sdit dans tes diètines , comme l'arbitre ou comme le ôonseil de sa province ; riche, et sans enfants, il avait d'avance disposé de tous ses biens en faveur de ses parents, des églises et des pauvres. Mais aussitôt qu^il vit la république près de tomber sous le joug, Pamour de la liberté l'emportant sur l'amour de sa famille, sur la pitié pour les indigents, et ce qui est plus rare, sur la dévotion même, il révoqua toutes ses donations^ prit les armes, et employa sa fortune enlièrcà l'entretien des troupes confédérées. 11 s'opposa constamment à ceux qui, dans ces nouveaux troubles, portèrent le ressentiment jusqu'à vouloir une seconde fois dter la couronne au roi Auguste, et toujours indifférent sur le choix d'un roi, il n'eut point d'autre objet que la liberté et la paix de sa patrie.

Auguste et ses ministres, à la première nouvelle de ces soulèvements, inopinés pour eux seuls, au lieu d'y reconnaître l'indignation générale et l'effet inévitable de l'oppression, n'y avaient cherché que des trames secrètes et les menées

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