‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 55 sur 154 · LIVRE II · texte numérisé non relu

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dtine eabaie artificieuse. Lorsqu'ils s'aperçurent que ce mouvement allait devenir unanime, ils se figurèrent que Toccasion s'offrait d'elle-même de casser les restes de Tarmée polonaise et de subjuguer une nation séditieuse. Enfin, lorsqu'ils se furent engagés dans cette entrepi^ise, Auguste, près d'être vaincu, et s'indignant de céder à ses sujets, résolut de recourir à la protection du tzar. Il crut sa dignité PM)ins blessée en se sojumettaut à un si dangereui^ protecteur, qu'en demeurant exposé tout le ireste de son règne aux ressentiments d'une nation qui resterait libre, après qu'il avait si opiniâtrement tenté de l'assujettir.

De leur côté^ les con|edérés avaient à craindicc qae Pierre lie crût ces nouveaux mouvements suscités par les ennemis communs d'Auguste et de la Russie ; et ils olierchièreot à pré* venir le tzar en leur faveur. Quel que lut leur zèle pour leur liberté, ils sen^irei^t qu'ils ne po.uvaient obtei^tr^ lem^ dél.i^ ^raqçe c^ue pair cette péril leusç médiation^

X)^V1. ies Mos/wi/Hes violent le th'ailé du f^iUk.

' !Ni le roi ni la nation, dans leur défiance n^utuelle, ne voulaient désarmer les premiers. Us appréhcAdaient réci^ proquement de se voir sans défeqse k la nterci l'un de l'autre; et la conciliation n'était possible que sous l'autorité d'une garantie que tous deux respecteraient également. Le traité du Pruth i^e permettait pas à Pierre de tenir la balance à main armée; et plus de soi^^ante mille Turks assemblés alors sur les frontières le forçaient à ne pas oublier sa promesse. Mais les Turks se trouvant à cette même époque engagés dans une guerre malheureuse contre la maison d'Autriche, et leurs fréquentes défaites les réduisant à retirer successivcmcut toutes les troupes de cette armée, le

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ce troue un roi faible, qui n'eût point d'autre armée à ses ordres que ces anciennes armées de la république sans discipline, sans paye et sans recrue. Ce devait être surtout la politique des Suédois , dont la puissance en Europe n'était véritablement assurée que par l'abaissement de la Pologne. Mais au temps de la dernière élection , Fenfance de Charles Xll ne lui avait pas permis de s'y emparer du rôle qui aurait convenu à ses intérêts, et de s'opposer à la violence qu'Auguste II, à la tête d'une armée saxonne, avait faite à la république, Aussitôt que Charles eut pris les armes, il traita donc Auguste comme un usurpateur ; et secondé par les Polonais mécontents, il le força d'abdiquer la couronne. Une suite de cette justice rigoureuse fut de destituer, avec la même rigueur, tous ceux qui tenaient d'Auguste leurs dignités et leur fortune. Les Polonais livrés à la fureur des factions , et dans la joie de voir dépouiller leurs adversaires, ne sentirent pas combien cette imprudente {sévérité pouvait devenir funeste; et de son côté, Charles, qui méprisait les vices de ses ennemis , qui en tirait une raison de ne point redouter leurs forces , Charles toujours persuadé que la vertu devait maîtriser la fortune et faire seule le destin des empires, ne craignit point de former par ces destitutions un parti puissant en faveur du roi détrôné. Sa première intention avait été de placer sur le trône l'un des trois (ils de S6bieski ; mais ce projet échoua par la captivité des deux aînés, retenus prisonniers par Auguste , et par la générosité du troisième, qui crut son honneur intéressé h ne point ravir une couronne à ses frères. Ce fut alors que Charles, à rimitation d'Alexandre qu'il avait pris pour modèle, et qui renvoya comme roi 5 la ville de Nyse un simple citoyen qu'elle lui avait envoyé comme ambassadeur, ordonna à ces républicains de couronner le jeune Stanislas, qu'ils lui avaient député. Cet ordre, donné avec toute Fautorité qu'assure la

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victoire, indigna tous ceux qui, par un vrai zèle pour leur liberté, avaient concouru à détrôner Auguste, lis ne fléchirent point sous le pouvoir du vainqueur. Telle fut surtout la conduite du primat, dont la vertueuse fermeté fut également peinte par les deux partis de couleurs odieuses. Un grand nombre de citoyens, plus attachés à leur devoir qu'à leur intérêt , demeura neutre, parce que les lois n'étaient respectées dans aucun des deux camps; et ceux même qui voulurent prendre leur intérêt pour guide ne discemèreat plus, dans la violence de ces tempêtes, la route qu'ils devaient suivre.

La Pologne, sans défense, sans aucune règle de conduite, sans aucune voie de salut qui dépendit d'elle-même , en proie dans toutes ses provinces aux contributions, aux enrôlements forcés , aux incendies, aux saccagements des villes, abandonna dès lors à h rivalité de deux puissances étrangères le choix de son roi. Elle se flattait seulement, non sans raison, que ce prince, quel qu'il fût, ne recevrait pas de son allié assez de puissance pour opprimer la république. Une bataille gagnée mettait tout à la discrétion du vainqueur ; ei sous son pouvoir, le roi qu'il protégeait , demeurait odieux au plus grand nombre des citoyens, et le gouvernement conservait son agitation et sa faiblesse.

Aussi chacune des deux factions devint -elle funeste aux souverains étrangers dont les armes la protégeaient, et [qui avaient trop facilement espéré en recevoir à leur tour quelque appui. On sait comment la chute rapide du roi Auguste pensa entraîner la ruine du tzar, et que Charles, dans sa fatale entreprise pour détruire l'empire de Russie, comptait pour une des causes de sa propre ruine, de n'avoir point reçu de Stanislas les secours qu'il s'en était promis.

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ee trône un roi faible, qui n*eût point d'autre armée à ses ordres que ces anciennes armées de la république sans discipline, sans paye et sans recrue. Ce devait être surtout la politique des Suédois , dont la puissance en Europe n'était véritablement assurée que par rabaissement de la Pologne. Mais au temps de la dernière élection , l'enfance de Charles XII ne lui avait pas permis de s'y emparer du rôle qui aurait convenu à ses intérêts, et de s'opposer à la violence qu'Auguste II, à la tête d'une armée saxonne, avait faite à la république, Aussitôt que Charles eut pris les armes, il traita donc Auguste comme un usurpateur ; et secondé par les Polonais mécontents, il le força d'abdiquer la couronne. Une suite de cette justice rigoureuse fut de destituer, avec la même rigueur^ tous ceux qui tenaient d'Auguste leurs dignités et leur fortune. Les Polonais livrés à la fureur des factions , et dans la joie de voir dépouiller leurs adversaires, ne sentirent pas combien cette imprudente {sévérité pouvait devenir funeste; et de son côté, Charles, qui méprisait les vices de ses ennemis , qui en tirait une raison de ne point redouter leurs forces , Charles toujours persuadé que la vertu devait maîtriser la fortune et faire seule le destin des empires, ne craignit point de former par ces destitutions un parti puissant en faveur du roi détrôné. Sa première intention avait été de placer sur le trône l'un des trois lils de Sobieski ; mais ce projet échoua par la captivité des deux aînés, retenus prisonniers par Auguste , et par la générosité du troisième, qui crut son honneur intéressé h ne point ravir une couronne à ses frères. Ce fut alors que Charles , à Timitation d'Alexandre qu'il avait pris pour modèle, et qui renvoya comme roi à la ville de Nyse un simple citoyen qu'elle lui avait envoyé comme ambassadeur, ordonna à ces républicains de couronner le jeune Stanislas, qu'ils lui avaient député. Cet ordre, donné avec tonte Tantorité qu'assure la

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