IV. Disgrâce de Mentzikoff
Mentzikoff se croyait déjà souverain de ce duché ; et pour achever de s'en emparer, n'attendait plus que la mort du vieux duc. IMais l'ambition de ce favori croissant toujours avec sa puissance, rencontra eiT Russie même son terme fatal.
La mort de Catherine avait laissé le trône de Russie à un enfant de onze ans, petit- fils de Pierre F^ Mentzikoff, encore plus maître de l'État sous ce nouveau règne, allait marier sa fille au jeune empereur, et sou Gis à la sœur de ce prince. L'empire, par l'un et l'autre de ces mariages, paraissait également assuré à sa famille. Dans ces conjonctures, une légère indisposition, qui le retint quelques jours dans ses appartements, ouvrit à ses ennemis un accès facile auprès du jeune tzar; et le caprice d'un enfant perdit ce vieux ministre. Ce n'est pas ici le lieu de raconter comment il fut conduit hors de Pétersbourg, avec un cortège nombreux et magnifique ; soit qu'on voulût par là contenir le peuple dout il était adoré, soit que 1 on crût devoir encore ce ménagement à un reste d'amitié du jeune empereur pour lui. Mais au sortir de la ville, cette pompa disparut. De tout ce cortège il ne lui resta que des gardes. Il fut, avec ses deux enfants, conduit dans une contrée déserte, où jusqu'à
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sa mort, le travail de leurs mains servit à soulager leur commuue misère.