V. Faveur des Dolgorouki
Les princes Dolgorouki, auteurs de sa chute, succédèrent à son crédit, à ses projets sur la Kourlandeet sur le trône même de Russie, vainement retenus parles prières et les pressentiments de leur nombreuse famille. Car en ce pays, les familles entières étant toujours enveloppées dans les disgrâces, chacun s'inquiète ettremble pour soi-même, en voyant un hommede son nom parvenir à la faveur^ Une secrète épouvante s'y mêle toujours à la joie, dans les plus heureux succès de Tambition. Les infortunes dont ils étaient menacés s'annoncèrent par la mort du jeune tzar et celle de sa sœur, pendant les apprêts d'un double mariage avec les enfants de ces ministres favoris LiC trône demeura vacant. II faut savoir que Tordre de la succession ne se règle en Russie que par la volonté du dernier souverain ; cette volonté n'avait point été déclarée. Il faut savoir encore, pour bien entendre les mouvements intérieurs de cette cour, qui doivent se lier à tous les événements de cette histoire, que la maison impériale se trouvait réduite à quatre princesses. Deux étaient nées de Catherine et de Pierre, mais avant leur mariage, et l'aînée même était alors absente et mariée au duc de Holstein. Les deux autres étaient nièces de Pierre, et filles de son frère aîné ; elles étaient également absentes ; sa politique cherchant des alliances au dehors, les avait aussi mariées à de petits souverains étrangers : la première au duc de Mecklem- ^ourg, prince avare et cruel, dont elle était séparée, et la seconde à un duc de Kourlande, dont elle était veuve depuis assez longtemps. Des révolutions successives ont élevé
1<I0 BEVOLUTIONS DE POLOGNE.
tour à tour à Fempire ces quatre priocesses ou leurs descendants.