‹ Révolutions de Pologne (volume 2)Chapitre 66 sur 154 · XIII. Guerre en Pologne^ et siège de Dantzickj · texte numérisé non relu

XIII. Guerre en Pologne^ et siège de Dantzickj

Soixante mille Russes, sous la conduite de ces étrangers qui cherchaient à signaler leurs noms en Europe et à assurer leur fortune en Russie, s'avancèrent donc en Pologne. Ils dévastaient sur leur passage les terres de tout gentilhomme qui avait montré du zèle en faveur du nouveau roi. Au seul bruit de cette invasion, la guerre devint presque générale en Europe. Depuis longtemps tous les États de cette partie du monde ne se maintenaient en paix que par l'effort mutuel des négociateurs, et pour ainsi dire par un

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délai général de toutes les querelles, La première secousse devait causer un ébranlement universel. Mais les victoires que la France et ses alliés remportèrent dans d'autres contrées sur les alliés des Russes , ne furent d'aucun secours aux Polonais. Cette cour négociait pour susciter en leur faveur toutes les nations qui avaient pris les armes du temps de Charles XII . Mais avant que ses négociations auprès du divan et dans la nouvelle république de Suède eussent déterminé ces deux puissances à la guerre, toute cette noblesse polonaise rassemblée par Fhabileté des intrigues demeura abandonnée à ses propres forces. Attaquée par les Russes et les Saxons, menacée par les Autrichiens, la crainte de Tincen^e de ses villages la rappela dans ses châteaux ; elle se dispersa dans ses vastes plaines. Les deux armées de la république, réformées sous le règne précédent, composaient à peine quinze mille hommes sans exercice et sans discipline. Elles arrêtèrent cependant les Russes au passage de la Yistule assec de temps pour qu'ils ne pussent arriver au champ de félection avant Fexpirationdu terme ûxé par les lois. Ils parvinrent dans une forêt voisine de Varsovie, le jour même où ce terme expirait ; et là, une élection faite dans une auberge, sur une route , au milieu des bois, par un petit nombre de gentilshommes, dont quelques-uns y furent conduits enchaînés, devint le titre que le nouvel électeur de Saxe eut à faire valoir contre l'élection unanime de son concurrent. Stanislas, toujours infortuné sur le trône, quoique partout ailleurs et pendant le cours d'aune longue vie il ait été un rare exemple de prospérités et de bonheur, se réfugia, suivi de tous les grands, dans la seule ville forte de ces contrées. Dantzick, plutôt protégée des Polonais que leur sujette, florissante par un commerce de plus de mille vaisseaux, et jouissant d'un gouvernement particulier sous l'autorité de ses magistrats, s'est fortifiée elle-même pour

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conserver son hidépendance. Le roi de France écrivît aux trois ordres de cette ville pour les engager à défendre Stanislas, en leur promettant un prompt et puissant secours. Le siège fut sanglant et opiniâtre. On montre encore dans les fortiCcations un lieu nommé depuis ce temps, le cimetière des Russes. Huit mille de leurs soldats y périrent dans une seule attaque. Après cinq mois, un faible secours arriva enfin sur une escadre plus faible encore ; et la plus héroïque valeur ne put le faire pénétrer dans la ville. Tontes les tentatives des Polonais pour le même objet n'avaient point réussi. Les confédérations qui s'étaient formées dans presque tous les districts, quelquefois heureuses dans les combats de leur cavalerie légère coDtre la pesante cavalerie saxonne, qu'elles surprenaient dans ses cantonnements et dans ses marches, n'eurent jamais aucun succès contre Tinfanterie russe ; tant le choix des armes, la i^scipline et Fensemble ont d'ascendant sur le courage même et sur le nombre ! Désormais toute espérance était perdue; mais avant la reddition de la ville, Stanislas eut le triste avantage dVchapper sous les plus singuliers déguisements, aux périls dont il se trouva environné» Un grand nombre de Polonais lui restèrent fidèles. On supposa qu'ils étaient retenus par la foi de leur serment. L'empereur voulut obtenir du pape qu'il les déliât de ce serment unanime d'exclure du trône tout étranger, mais ils ne s'en crurent déliés que par l'abdication de Stanislas ; elle fut une suite des traités de paix qui terminèrent cette guerre. La France y gagna de nouvelles provinces où Stanislas vint régner. Les Espagnols gardèrent un royaume qu'ils avaient conquis sur la maison d'Autriche; et enfin la Russie plaça sur le trône de Pologne Auguste 111, qu'elle avait soutenu, regardant comme un assez grand avantage de faire régner sur cette république un roi

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odieux à la nation, et que la crainte où il serait toujours de ses sujets maintiendrait dans la dépendance de ses protecteurs.

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