XVII. Médiation de la France. Anéantissement du traité du
Pruth.
La France avait offert sa méditation entre la Russie et la Porte ; son ambassadeur, uniquement occupé d'acquérir la gloire de pacifier ces deux empires, travaillait sans instructions de sa cour, sans aucun plan, sans aucun avis relatif à la situation des autres États ; il pacifiait tout dans ces contrées, sans intéresser dans cette médiation les Suédois, qui, trop tard excités par les précédentes insinuations de la France, se préparaient à commencer cette nouvelle guerre. 11 laissa anéantir le traité du Pruth, cet unique bouclier qui restait à la Pologne ; et le nouveau traité signé à Belgrade, en 1739, déclara, dans son dernier article : a que toutes les conventions antérieures n'auraient plus aucune force. » Ainsi les Polonais demeurèrent sans défenseur; un calme dangereux fut rendu à ces contrées, tandis que les longues tempêtes excitées par l'élection d'un roi de Pologne allaient encore porter leurs ravages dans d'autres climats ; et le dessein de rétablir un jour l'empire grec subsista seulement dans la politique russe.