XVIII. biren, duc de Kourlande
Le nouveau roi de Pologne, fidèle aux promesses qu'il avait faites à Biren, lui avait assuré le duché de Kourlande, quoique ce duché ne fût pas encore vacant. Les Polonais, en cédant sur de plus grands intérêts, avaient consenti dans la diète de pacification à laisser porter cette at* teinte aux conditions expresses du traité d'assujétissement
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de la Kourlande. On avait statué qu'elle continuerait d'être gouvernée par un duc quand la maison ducale s'éteindrait ; et en conséquence ils avaient donné au roi dans cette même diète le pouvoir éventuel de conférer ce fief à son choix ; Tunique condition qu'ils eussent imposée d'avance à celui qui en recevrait Tinvestiture, était d'en acquitter toutes les anciennes dettes, et d'en dégager les domaines hypothéqués à des étrangers. Par là, ils avaient dessein d'affranchir ce duché des prétentions que formait sur une partie de ses revenus l'impératrice de Russie, comme duchesse douairière. Mais cette condition même assura le trône à Biren, parce que cette princesse annonça, au moment de la vacance, qu'elle n'abandonnerait ses droits qu'à lui seul. Les états du pays cédèrent à la nécessité de le demander pour duc; et le sénat de Pologne, convoqué à cette oceassion, n'eut point d'autre conseil à donner au roi, que de s'accommoder au temps. Le diptôme fut donc expédié à Biren. Toutefois les soins de la faveur et du gouvernement ne lui permirent pas de quitter la cour de Russie. 11 ne remplit aucune des formalités exigées par les lois de Kourlande pour y prendre possession de la souveraineté. Malgré ces irrégularités, cet homme, dont la famille était diffamée en Kourlande , et qui n'avait pu s'y faire inscrire parmi la noblesse, en fut reconnu souverain par cette noblesse même et par toute les puissances étrangères.
Mais l'impératrice Anne touchait alors à ses derniers moments; et la même ambition qui avait perdu Mentzikoff, allait perdre le nouveau duc de Kourlande. Anne, cédant aux insinuations de cet ambitieux^ désigna pour successeur au trône de Russie un enfant de quelques semaines. Elle écarta la duchesse de Mecklembourg , sa nièce, qu'elle avait appelée en Russie, qu'elle-même avait mariée ; et elle choisit pour empereur l'enfant qui venait de naître
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et ce martlage. Yvan, porté en naissant au faite des grandeurs, reçut dans son berceau les serments de tout Tempire; et fiiren, comme régent, se fit prêter serment par les armées. Une seule nuit, préparée par dix-huit ans de haine, renversa ses vastes projets. Munich, son ennemi personnel, ayant su, pour arriver au palais, tromper la vigilance des gardes , le surprit dans son lit, et le fit enchaîner enveloppé dans une couverture ; toute cette famille fut mise aux fers. Son épouse, arrêtée comme lui dans son lit par des soldats, &it exposée aux plus méprisants outrages ; et la régence de Tempire fut remise à la mère de Fempereur.
Une sentence rendue par ime commission qu'on nomma le sénat de Russie, déclara Biren criminel d'État, digne de mort, et) lui faisant grâce de la vie, le priva de Thonneur, de ses biens et de sa liberté. 11 fut, avec sa famille, transporté en Sibérie, dans une affreuse prison, dont Munich imagina le plan et traça lui-même le dessin, pour y enfermer son ennemi. L'Europe, qui s'était tue pendant la faveur de cet homme, entendit avec surprise annoncer dans tous les papiers publics le néant de son origine ; et d'illustres familles qui cherchaient quelque parenté avec lui oublièrent leurs recherches. La' régence de Kourlande n'employa plus son nom dans aucun acte, et le fit effacer des prières publiques. La Russie, sous le prétexte de s'indemniser des sommes qu'elle l'accusa d'avoir fait porter en Kourlande, fit mettre en séquestre toutes les terres ducales. De son côté, le roi de Pologne ordonna que ce duché, pendant la vacance, serait administré en son propre nom ; et la régence se soumit, sans aucune réclamation, à une administation si bizarre , où les honneurs étaient pour la Pologne, et les revenus pour la Russie.
Ce duché paraissant alors destiné au favori, quel qu'il fût, de la princesse qui régnait en Russie, la régente Aune
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en sollicitait déjà rinvestiture pour le prÎDCe de Brunswick, son mari, quand une nouvelle révolution précipita dans les fers l'empereur Y van, ses parents^ tous ceux qui avaient attaché leur fortune à cette famille, et tous ces étrangers qui depuis si longtemps gouvernaient l'empire.