XIX. youvelU révolution en Russie
JjSi seconde fille de Pierre 1*^, Elisabeth, qui pendant une année entière avait tramé de grands complots et médité une guerre pour monter sur le trône, fut fofcée, par la crainte que ses trames ne fussent découvertes, de changei* précipitamment cette conspiration en un coup de main. Elle se rendit la nuit au palais, sous l'escorte de soixante grena-» di(»*s, tous vieux soldats, choisis dans les régiments des gardes , et que la mémoire de Pierre V^ attachait à sa fille* En entrant dans la chambre de l'empereur, elle courut au berceau et se saisit de cet enfant. Cette troupe de soldats féroces rangés autour d'elle, présentaient leurs baïonnettes ) et, prêts à le massacrer, attendaient qu'elle le leur jetât. La nourrice éperdue, et tombant prosternée aux pieds d'Élisa-* beth, présentait à terre un carreau au-dessous de ce malheureux enfant. Elisabeth, balancée entre la pitié et le soin de sa propre sûreté, fixa en silence ses regards sur lui, quf^ dès un âge si tendre, accoutumé aux respects et à se voii* baiser la main, la lui tendit avec un sourire. Elle fut atteii-* drie; elle le caressa, et, le posant sur le carreau, elle dit à la nourrice d'en prendre soin. Cette même nuit on arrêta la régente et le père de l'empereur. La première intention d'Elisabeth parut être de faire conduire toute cette famille hors du pays; mais après leur départ de Pétejrsbourg, ils furent retenus sur la frontière, ramenés dans Tintérieur de