XXXV. La confédération de Grodno prévenue par Mokra
noufski.
Un Polonais, nommé Mokranowski, lequel s'était autrefois distingué au service de France, et depuis attaché au grand-général, entend parler de cet événement comme il
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était sur le point d*étre consommé. On lui raconte qu'an acte de confédération, déjà signé par tous les sénateurs, va bientôt Tétre par toute la noblesse. Rien ne Tarréte; ni la disgrâce de la cour, qui allait se croire offensée, ni celle du grand-général, de qui seul il attendait sa fortune, ni le reS' sentiment des Russes, qui déjà publiaient que leur souverain tenait une armée sur ses frontières pour soutenir cette entreprise, ni enfin la multitude, occupée à signer cet engagement. Il se fait jour au travers de cette multitude; il prend en main cet acte, déjà consacré par tant de signatures; il jure qu'on ne le lui arrachera qu'avec la vie ; et, se dérobant du milieu de cette foule, il court au lieu où était le grandgénéral, il lui expose toutes les conséquences de ce complot, tous les dangers de la protection de la Russie : « combien cette protection devait rendre cet engagement suspect; que la France offrait aux Polonais une protection plus sûre ; qu'il convenait à son nom et à sa dignité d'être, sous ce nouvel appui, le libérateur de la Pologne ; que s'il, avait Tambitionde disposer un jour delà couronne, de la donnera son choix, ou peut-être de la recevoir lui-même de la reconnaissance publique, cène serait ni par la faveur des Russes, ni par celle des Anglais, qui soutiendraient ou la maison de Saxe ou la maison des Czartoryski, et qu'ainsi une politique personnelle devait se joindre aux véritables intérêts de sa patrie. » En parlant ainsi, il lui remet entreles mains cet acte de confédération déchiré en morceaux; le grand-général l'écoute avec surprise, l'embrasse avec transport; et cette généreuse action fut entre eux le commencement d'une éternelle amitié.
L'assemblée de Grodno se dispersa sans aucun succès; et bientôt le grand-général devint chef du nouveau parti que Tambassadeur de France travaillait à former. Le comte de Broglie n'osait compter sur la fermeté de ce vieillard» qu^
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Te goût des plaisirs avait depuis si longtemps uniquemeut occupé ; il prit soin do Tenvironner d'hommes habiles, qui ne lui laissassent que les avantages du rôle qu'il avait entrepris et lui en épargnassent les inquiétudes et les fatigues. Mais ce qui doit étonner dans un vieillard voluptueux, il soutint par lui-même, et dans de cruelles conjonctures, toute 4a grandeur de ce nouveau caractère.