XV. Confédération de Radom
Le concours des grands seigneurs et des simples gentilshommes dans la ville de Radom, passa ce qu'on aurait dû croire de la méfiance qui commençait à se répandre. Outre les maréchaux des cent soixante-dix-huit confédérations particulières, qui étaient dans l'obligation de s'y rendre,
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une foule de geQS curieux, inquiets, incertains de ce qu'ils devaient faire, accourut de toutes les provinces, pour observer le tour qu'une si étrange affaire allait prendre. Cette ville, peu étendue, était au loin environnée de pavillons et de tentes ^ et ressemblait au quartier-général d'une nombreuse armée.
A peine cette multitude était-elle rassemblée, un corps de troupes russes, dont les marches et les contre-marches avaient masqué le véritable dessein, s'approcha de Radom, et établit son camp a quelque distance. Plusieurs compagnies de grenadiers entrèrent dans la ville, et commencèrent à y monter la garde. On répondit à ceux qui s'en alarmèrent, que la présence de ces troupes maintiendrait Tordre au milieu des brigues et des tumultes inévitables dans une pareille assemblée ; que malgré la révolte des dissidents et l'excessive fermentation des esprits, la tranquillité publique n'était point troublée ; que les peuples n'avaient point à gémir des maux qu'on aurait cru inséparables des confédérations, et qu'une paix si extraordinaire au milieu de dissensions si dangereuses, était certainement due à la présence de ces troupes dans le royaume. Mais dès la première assemblée, le colonel russe qui accompagnait Radzivill ayant été sommé de se retirer, produisit un ordre de son ambassadeur d'assister à toutes les délibérations ; et il présenta à signer, de la part de l'impératrice, un acte qu'on voulait faire passer pour le vœu unanime de la nation. Les prétentions des dissidents y étaient admises ; les protestations de fidélité pour le roi y étaient renouvelées; la garantie de l'impératrice y était demandée. I^a plupart des confédérés se flattèrent d'en user sur ces demandes comme ils avaient fait dans les confédérations particulières de leurs provinces , où ces prétendues demandes avaient été ou effacées, ou si restreintes, qu' elles n'avaient plus aucun dan-