XX. Le grand général se retire dans ses terres
Les confédérés , honteux et désolés de s^étre livrés si imprudemment à une perfidie tant de fois éprouvée, cherchaient cependant à grossir leur nombre pour donner plus de considération à leur ligue et plus de force à leur résistance. Ils croyaient avoir besoin du concours de toute la république pour sortir du piège dans lequel ils étaient tombés, et parvenir peut-être encore au succès de leurs desseins. Leur confédération ayant pris en apparence tous les caractères d'authenticité, il était en effet devenu indispensable pour tout noble polonais d'accéder à cette ligue. Toutefois le grand-général, Braniçkî, résolut de refuser toute accession ; et dans une vieillesse si avancée qui touchait à son dernier terme, la fermeté de cet exemple était le seul service qu'il eût à rendre à ses concitoyens. Au récit de toutes les violences commises à Radom, il quitta les environs de Va^ sovie, et s*éloigna pour retourner dans sa résidence ordinaire. A la nouvelle de ce départ, Repnîn craignît que tous ses plans ne fussent dérangés. Il fit poursuivre le grandgénéral, et lui fit porter les plus terribles menaces. Mais Braniçki, au risque du pillage de ses terres, de Hncendie de ses châteaux, et de sa ruine entière, persévéra dans son refus; et sans autre défense que trois cents gardes et sa vieillesse, il se retira pour jamais dans ses terres.