‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 114 sur 184 · XXI. Accession de Vévéque de Krakovie et des autres évéques · texte numérisé non relu

XXI. Accession de Vévéque de Krakovie et des autres évéques

L'évêque de Krakovie, toujours regardé comme chef de la république, parce que le prknat n'avait pas encore reçu ses bulles, crut que sa position exigeait de lui une autre conduite ; il s'exprima ainsi dans son accession i « Je ne veux pas rester seul dans une inaction blâmable> tandis que toute la nation travaiUe à Texécution d'un ouvrage de la plu& grande importance. Cependant , par ma présente accession authentique, je déclare très-solennellement que je ne me joins et ne donne les mains qu'à tout ce qui concerne la défense des lois et des immunités de la patrie, altérées par le malheur des temps ; qu'en conséquence je ne veux point favoriser les prétentions trop étendues des dissidents, ne pouvant le faire sans compromettre mon caractère , scandaliser la chrétienté, violer mes devoirs les plus sacrés, porter atteinte aux prérogatives de la religion catholique, et renverser entièrement tant de lois qui font la sûreté de cette religion. Mais^ si leurs demandes sont fondées sur l'équité^ je m'engage à les proposer et à les soutenir, non-seulement comme sénateur, mais encore en qualité de pasteur et d'évêque, croyant en cette qualité devoir cet exemple à la république et au monde chrétien ; et je me persuade que mes. concitoyens confédérés n'exigeroat pas de moi une accession plus solennelle et plus régulière que celle que je viens de faire pour le bienconunun de la patrie. »

L'Europe entière applaudit à un acte où. régnait l'esprit de la véritable tolérance ; et les plumes célèbres qui avaient consacré leurs talents à louer l'impératrice, louèrent l'é^ véque de Krakovie sur la conformité de ses sentiments avec ceux de cette princesse. Cet acte d'accession servit

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de modèle aux autres évéques. Mais ces réserves, que ThoDneur et la religion leur imposaient, paraissaient, aux yeux d'un Russe, autant de révoltes. Repnin ne voulait qu'une promesse d'obéissance» Confédérés et non confédérés, tout résistait à cet ambassadeur. « Pour faire, disait-il, cesser cette criaillerie», il imagina de transférer l'assemblée de Radom à Varsovie. On avait donné vingt-quatre conseillers au maréchal de la confédération ; Repnin, malgré l'opposition de presque tous les membres de ce conseil, usant de la force qu'il avait en main, le transféra à Varsovie^ afia d'être plus à.portée detout diriger par lui-même.

XXJI. Arrivée de Reul&ivill dans la ceipitale;, son entrevue

atitc le roi.

L'arrivée du prince Radzivil^ dans cette capitale eût été, dans une autre conjoncture, un événement remarquable ; conduit à une audience du roi, il lui dit : « La même main qui vous a couronné, et qui m'a fait déclarer ennemi de la patrie, m'y raviène aujourd'hui ; ce sera, je l'espère, un moyen de me rendre agréable à votre majesté. » Le roi lui répondit : « Votre famille a toujours eu pour principe d'être fidèle à ses rois, et je vous ai vu vous-même dévoué au roi mon prédécesseur; j'attends de vous les mêmes sentiments. — Le prince répondit: La cour précédente ne m'avait point persécuté. — Le roi répliqua : Que lorsqu'ils étaient tous deux citoyens égaux, ils étaient amis, etquil désirait qu'aujourd'hui leur amitié continuât. — Le prince reprit : Puis-je croire ce discours sincère ? » Le roi, sans répondre, l'embrassa ; et, après un moment de silence, Radzivill se retira sans avoir baisé la main du roi, comme Tancien usage l'aurait exigé. Partout où Radzivill se moii-

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