‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 115 sur 184 · LIVRE TIU · texte numérisé non relu

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trait, son cortège était plus nombreux, sa personne plus respectée que celle du roi. Stanislas n'avait plus rien à ordonner dans le royaume. La confédération recevant, malgré elle, les ordres de la Russie, les donnait dans toute l'étendue de la république. Radzivill, traité par les Russes comme indigne de respirer l'air de sa {latrie, se trouvait devenu, sous leur autorité, chef de la nation. Tous les corps, toutes les juridictions^ tous les régiments, les commissions même du trésor et de la gu^re, lui prêtèrent serment. 1^ noblesse du palatinat de Varsovie qui, par respect pour la présence du roi, avait refusé de se confédérer,^ s'y crui enfin obligée; et tous les oorps de l'État se trouvèrent alors réunis .dans cette ligue.

Mais toute cette pompe ne déguisait point aux yeux de Radzivill ce que sa position avait d'odieux et do funeste ; il maudissait, dans la vaine dignité de ce personnage théâtral, ceux qui l'avaient tiré de^sa proscription et- de sa misère, dans laquelle du moins quelque gloire et une entière sécurité le consolaient de sa ruine ; au lieu qu'il se voyait chaquejour exposé à se perdlpe, ou à se déshonore^ en perdant sa patrie : il attendait du tribunal^ même de la confédération, la restitution du reste de ses biens, et la poursuite de ceux qui s'en étaient injustement emparés. Mais [Repnin fit suspendre cette affaire, et voulut qu'elle demeurât unique-, ment soumise au jugement de sa cour. Radzivill, quoiqu'il' fût assuré de la faveur des Russes, fut indigné de voir sa» vengeance dépendre d'une autorité étrangère , et non des lois de son pays ; il voulut une nuit s'évader de-son palais ; mais il y était. gardé par des troupes russes. Le colonel Karr, logé dans ce palais, fut averti assez à temps pour prévenir cette invasion ; et, depuis ce moment, Radzivill se regarda comme prisonnier, et fit dire secrètement à ses amis, que son projet, aussitôt qu'il en trouverait l'occasion, étaife

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de renouveler cette confédération dans un endroit où la nation pût au moins produire avec liberté ses véritables seutiments.

XXUI. Crainte et fermentation générale.

Le roi qui Toyait ses mortels ennemis parvenus à toutes les premières places de la république, n'était pas dans de moindres alarmes. La plupart des confédérés eussent accordé sans peine à la Russie tout ce qu'elle exigeait d'eux, si elle eût consenti à le faire descendre du trône; leur haine leur persuadant encore Timpossibilité que trouverait la tzarine à Fy maintenir, ils se flattaient qu'elle céderait enfin au vœu de la nation; et, à mesure que les desseins mystérieux de cette puissance se développaient, le peu de vraisemblance qu'on trouvait à leur exécution y faisant soupçonner de nouveaux mystères, ils se persuadaient qu'elle ne feignait aujourd'hui de protéger Poniato^^ski, qu'alto d'obtenir d'eux de plus grands sacrifices pour le prix de sa condescendance.

Les provinces n'étaient pas plus tranquilles ; et depuis que les maréchaux des confédérations échappés enfin deRadom , avaient^'porté chacun dans son districts leur plaintes et leur effroi, tout le royaume attendait avec une impatience mêlée de terreur, le dénouement d'une si funeste intrigue. Partout on relisait avec une attention nouvelle les déclarations de l'impératrice. Ces perfides équivoques qui d'abord avaient été interprétées dans le sens le plus favorable, étaient aujourd'hui interprétées dans le sens le plus sinistre. Du haut des chaires, le clergé fulminait contre les dissidents, et animait cette nation fervente à tout sacrifier pour défendre te foi. D'autres , voyant avec plus d'effroi encore cette ga-

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rantie que la Russie voulait s'arroger^ ce pouvoir qu'elle voulait acquérir d'interpréter à son gré les lois qu'elle allait dicter, sentaient que le moment était arrivé de]défendre la liberté, ou de périr avec elle. Partout de généreux citoyens offraient d'aller réparer dans la diète générale les dangereuses démarches auxquelles une partie de la noblesse avait eu l'imprudence de se laisser engager. Par tout le royaume, il se trouvait des hommes assez courageux pour briguer le dangereux honneur d'aller porter à Varsovie le vœu de leur province, et s'y opposer dans la diète générale, chacun d'eux dût-il être seul, au torrent qui menaçait la religion et la liberté.

XXLY. Violences inouïes de rambassadeur russe.

Les instructions d'après lesquelles les provinces devaient rédiger les pleins pouvoirs qu'elles donneraient à leurs députés, avaient été dressées par le conseil-général de la confédération ; elles contenaient en partie les véritables desseins des confédérés ; on avertissait les proviœes de donner à leurs nonces le pouvoir d'établir un conseil perpétuel auprès du roi, qui ôtât à ce prince la distribution arbitraire des grâces.. C'était depuis longtemps le vœu des républicains ; tout le plan de cette nouvelle administration était exposé dans ce mémoire r mais Repnin fît effacer tous ces articles. Il voulut que les instructions portassent seulement que les lois établies sous le présent règne devaient être annulées, la demande des dissidents admise suivant la justice (or, ce nom sacré de la justice n'était employé là que comme une équivoque) : enfin, il était dit qu'on demanderait à l'impératrice la garantie des lois qui allaient être statuées. On ne chargeait les nonces de rien établir , mais seulement de détruire le gou-

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vernement qui existait. Repnin voulait que cette diète Qu'eût vécu de la oatiou aucune limite.», aucune règle sur Tautorité législative et absolue qu'elle- allait exercer.

Cet ambassadeur écrivit ujie lettre circulaire au nom de sa souveraine, à. toutes les provinces, en leur envoyant cette instruction. Il.avalt aussi arrangé, de concert avec le roi, une liste de tous ceux qu'ils désiraient d^ faire élire par les provinces. Suivant les. anciens usages, les diétines sont obligées d*élire pour nonces des gentilshommes confédérés, parce qu'ils sont engagés d!avance par serment à donner leurs voix en &veur du vœu qui, a forcé la nation à se confédérer ; mais ceux qui s'étaient ligués à Radom, mécontents 4'avoir été trompés, n'étaient phis assez dociles. Repnin et le roi avaient concerté cette nouvelle liste de jeunes gens sans expérience, et qui, par le dérangement de leur fortune, faisaient espérer qu'on les corromprait aisément. Dans le même temps que leurs émissaires partirent,, chargés de cette lettre, de cette instruction et de ces listes , les Russes reçurent ordre de s'approcher des différents endroits où la noblesse devait ^'assembler.

De son côté, le grand-général Branîçki écrivit à toutes les diétines que l'amour de la patrie le portait, quoiqu'iJ fût dans un âge à ne plus penser qu'à la mort, à prévenir ses concitoyens que de nouvelles constitutions allaient être établies sous la garantie perpétuelle de la Russie ; que tojit ce qui serait décidé sous cette garantie ne pouvant que difficilement être changé , il les conjurait au nom de tout œ qui caractérise un vrai citoyen , de nomrner pour nonces des hommes éclairés ,. bjons patriotes et capables de fermeté.

L'évêque de Krakpvie écrivit une lettre semblable à toutes les provinces; mais au jour marqué pour les diétjnes, les IQlusses répandus daps toutje royaume prirent partout les ar-

mes ; dans quelques endroits ils empêchèrent que l6s gentilshommes connus parleur zèle ne Tmssent à la diétine, en les tenant enfermés dans leurs châteaux; presque partout ils environnèrent les églises où la noblesse était assemblée; leurs officiers exigèrent que la diédne se tînt sous leur inspection : et ils commemçaienl par emporter de dessus le bureau les lettres que le grand général et Tévéque de Kra^* kovie avaient écrites. Dans quelques-unes, ils tinrent la noblesse assiégée plusieurs jours, sans laisser entrer aucune espèce de vivres. La plupart de ces assemblées^ après avoir cédé à la violence, et nommé les nonces indiqués par les listes envoyées de Varsovie, leur firent jurer de déclarer en pleine diète que leurs instructions avaient été exigées par la force des armes étrangères, et de ne consentir à rien qui pût blesser ni les droits de la religion dominante, ni Tindépendance de la république ; se réservant de les juger à leur retour, et de punir de mort ceux qui auraient contrevenu à ce serment. Presque tous les districts firent des manifestes contre ces violences ; mais Repnin crut en effacer toutes les traces en faisant arracher ces protestations des registres pu* blics : comme si ces registres seuls eussent pu déposer contre lui, et que les droits de la nature, indépendants de toutes les formes légales, n'eussent pas été dans tous les temps une réclamation suffisante !

Les palatinats méridionaux firent dès lors éclater quelques étincelles du feu qui devait bientôt embraser tout l'orient de l'Europe. Le voisinage des frontières turques tenait les Russes à quelque distance du lieu où s'assemblèrent les diétînes. C'était une des promesses signées à Gonstantinople par le ministre russe ; les troupes de sa nation ne devaient pas approcher à moins de quinze lieues de ces frontières. Repnin avait seulement envoyé à Kamienieç deux officiers qui s'annoncèrent à la diétine compie chargés d*une lettre par

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laquelle impératrice offrait sa protection à la république. On refusa de les entendre. On les força de sortir. On déclara qu'on ne voulait ni de la médiation de la tzarine, ni de sa garantie, ni de sa protection. Les deux officiers insistèrent pour faire prendre la lettre dont ils étaient chargés ; ils furent repoussés. Dans ce tumulte, elle tomba et fut foulée aux pieds; ces Russes en frémirent d'épouvante, et sortirent en prophétisant des vengeances. Le bruit de cette aventure fut répandu dans tout le royaume. Repnin imputait la résistance de cette noblesse, non à Fesprit général de la nation, mais au ressentiment de la maison Potoçki, trompée dans les projets qu'elle avait médités. C'est une erreur des esprits formés sous le despotisme de ne voir jamais dans les mouvements de la liberté que le chef qui les conduit. Repnin résolut d'en tirer la vengeance la plus éclatante;. il envoya d'abord un courrier au pacha de Cbocim pour prévenir les Turks qu'il faisait marcher un corps de troupes dans leur voisinage; « Ils ne devaient, disait-il, en concevoir aucune inquiétude, et c'était uniquement pour contenir les opposants aux projets salutaires que la tzarine voulait exécuter en Pologne. » A l'approche de ces troupes, les gentilshommes qui avaient montré le plus de fermeté se retirèrent en Moldavie, et de là, invitèrent toute la noblesse à une réconfédération. La castellane de Kamienieç, de la maison Potoçki, rassembla environ deux mille Kosaks pour défendre l'entrée des terres de sa maison. A cette nouvelle, Repnin rétracta l'ordre qu'il avait donné aux Russes ; tant il est vraisemblable qu'un peu de résistance eût arrêté toutes ces formidables entreprises dans leur principe. Partout ailleurs, ceux qui n'avaient opposé que de la fermeté sans prendre les armes, étaient devenus victimes de leur zèle. Des soldats vivaient à discrétion sur les terres de tous ceux qui dans les diétines ne s'étaient pas conduits suivant les vues de cet ambassadeur ; les dé-

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tails de ces exécutions militaires coDSteniaient tous les esçnts. Ce malheureux royaume souffrait plus que dans une guerre ouverte. Ceux qui étaient gardés dans leurs châteaux et dont les terres étaient dévastées trouvaient dans la pitié que la nation prenait de leur sort un secours remarquable : la noblesse de leur voisinage envoyait la nuit ensemencer leurs terres. Mais quiconque osait prononcer le mot de loi , s'exposait à être puni comme rebelle; quiconque venait à Varsovie pour se plaindre au nom de sa province, exposait sa personne aux outrages et ses biens au feu. Repnin, sans consulter désormais ni le roi, ni le ministère, ni le conseil de la confédération, envoyait dans tout le royaume des ordres absolus au seul nom de sa souveraine ; et mécontent de l'issue qu'avaient eue les diétines, il disait hautement qu'il s'en mettait peu en peine, et que quand il tiendrait les nonces à Varsovie, il saurait les soumettre et les faire parler comme il le voudrait* L'évêque de Rrakovie ayant fait imprimer avec la lettre qu'il avait écrite aux diétines et que dans la plupart des assemblées les Russes avaient empêché d'ouvrir, une nouvelle exhortation à tous les députés élus, Repnin envoya ruiner ses terres. Une partie de ce pillage fut apporté à Varsovie pour y être vendu dans les places publiques ; et on vit cet ambassadeur prendre pour lui-même les plus beaux chevaux de cet évêque et se faire traîner dans Varsovie par un superbe attelage qu'il lui avait enlevé.

Tel était cet homme que l'impératrice de Russie érigea en législateur de cette république ; plus extravagant que ce Gessler dont les absurdes folies s'exercèrent dans un temps barbare, et sur des hommes que du moins leur rusticité exposait à ses indignes mépris ; plus cruel, aussitôt qu'il put l'être, que ce duc d'Albe dont la tyrannie ensanglanta les Pays-Bas, du moins au nom d'un souverain légitime ; as-

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sanblage tneoncevable de perfidie et d'insolence ; ^ue ta crainte forçait quelquefois de recourir à la fourberie naturelle aux Russes , mais que son caractère impétueux et hautain emportait toujours ou delà de ses artifices, et dont les mains violentes brisaient tous les pièges qu'il dressait. Quand certains Polonais, sous le voile de l'attachement pour la Russie, tâchaient d'alarmer cet ambassadeur sur le parti que prendraient enfin les puissances étrangères, il leur montrait une lettre de Panin qui lui mandait : « Exécutez ce qui vous est ordonné^ je me charge du dehors. » Mais quand un caprice d'inquiétude le prenait, et que les nouvelles de Turquie lui faisaient craindre la guerre^ il obligeait ceux des gentilshommes polonais qui se trouvaient en sa puissanoCf de signer l'engagement d^obéir en tout à la Russie, de ne point servir contre l'impératrice, et de se conduire avec fidélité au cas qu'on leur confiât le commandement de queU que partie de ses troupes. La plupart des nonces furent obligés par les plus horribles violences de signer entre se^ mains un écrit conçu en ces termes :

« Je soussigné, m'engage envers le prince Repnin, ambassadeur plénipotentiaire de sa majesté l'impératrice de toutes les Russies, et lui promets que je n'aurai aucune liaison ni commerce, que je ne converserai même, à moins d*en avoir obtenu la permission dudit ambassadeur, avec aucun séna* teur, ministre ou nonce, avec aucun ambassadeur ou autr0 ministre étranger, ni avec qui que ce soit dont le sentiment soit contraire aux projets proposés par ledit ambassadeur pour être reçus et passés en loi à la diète ; de plus^ je lui promets que je ne porterai à la diète rien de tout ce qui m'a été enjoint et recommandé dans Tinstruction à mol donnée par la noblesse de mon district; et qu'en un mot je ne m'opposerai d'aucune manière aux volontés de cet ambassadeur; et au cas de contravention à cet engagement

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je me soumets aux peines de dégradation de noblesse, de confiscation de mes biens, de mort, ou à telle autre peine qu'il plaira audit ambassadeur de m'infliger. » Plusieurs si>-^ gnèrent cette extravagante soumission, résolus, en évitant ainsi une mort présente» de sacrifier plus utilement leur vie ; et ce sont eux-mêmes qui, en courant à la vengeance^ ont publié qu'ils avaient signé un tel engagements

XXY . Plan de conduite proposé par Vév4que de Krakovtê.

Dans cette oppression générale , on n'espérait plus qu'au temps, aux événements, aux puissances catholiques, qui^ à ce qu'on croyait, prendraient enfin la défende de leur culte. On ^n'osait même implorer hautement leur secours. G'eût été de la part des Russes ua motif d& proscription. La plupart des ministres firent en secret des manifestes par les-< quels ils protestèrent contre les violences qu'ils éprouvaient, se réservant d'annuler dans des circonstances moins fâcheuses tout ce qu'ils allaient être obligés de faire, et que la postérité ne pourrait pas regarder comme l'effet d'un«^ volonté libre.

L'évéque de Krakovie ne sortait point du systèmede tolérance auquel il avait consenti ; et pour éviter les. maux qui menaçaient son pays, il avait amené aux même& résolutions presque tous les autres évêques^ Mais Repnia leur dit qu'il n'était plus question de négociations ni depourparlers» qu'il fallait dire oui ou non; qu'au surplus il lui était indifférent quel parti on prendrait, ei qu'il n'en serait ni plus ni moins. L'évéque dierchait à traiter avec les dissidents eux-mêmes ; il avait établi avec eux des conférences réglées. Mais un jour qu'ils étaient tous invités à dkierchea. lui» Ref)mn»que tcwutes ces négociations.

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hiquiétaient, qui ne voulait ni accommodemeiït ni concitîatiou, et ne demandait plus aux Polonais d'autre mérite que eelui de l'obéissance, défendit aux dissidents de s'y trouver, et leur persuada que Tévêque voulait les faire tous empois sonner. A l'heure précise où ils étaient attendus, tous, par un concert formé entre eux, envoyèrent s'excuser l'un après l'autre. La scène ridicule de ces excuses successives qui, en faisant évanouir toute espérance de conciliation, annonçaient les plus funestes événements, n'arracha pas à ce grand honxme un mouvement d'impatience; il ne montrant émotion, ni surprise. Cet évêque et celui de Kïow, ordonnèrent des prières publiques dans toutes les églises de leurs diocèses , pour obtenir du del qu'il éloignât les fléaux prêts à fondre* sur la Pologne. Repnin leur dit' que s'ils ne se désistaient de leurs intrigues, il les ferait transporter tous deux en Sibé^e. Us parurent affectés de cette menace, et n'en furent point intimidés.

Le système de l'évêque de Krakovie était que tous les chefs de la nation se rendissent à Varsovie, qu'ils y concertassent une opposition unanime, non-seulement pour éviter les dangers particuliers et personnels, et pour que leur réunion fit leur force et leur sûreté commune, mais il espérait que leur fermeté constante en imposerait à leurs oppresseurs; qu& l'impératrice de Russie, jusqu'alors occupée de sa gloire, se trouverait forcée de renoncer à ses desseins, dès qu'elle ne pourrait plus les exécuter que par une détes-> table tyrannie. Il avait fait des voyages dans les provinces ; il écrivait de Varsovie, aux sénateurs les plus distingués, des lettres pressantes pour les exhorter à se rassembler dans cette ville : « La plupart des États, leur disait-il^ ont été perdus par ces citoyens équivoques qui veulent s'accomiifioder au temps, qui dans les affaires publiques, au lieu de considérer ce que le devoir exige d'eux, cherchent à tirer

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des plas fâcheuses circonstaoces le mejjleur parti, ou da inoios le moindre mal possible, et n'opposent par là aux. événements que les ressources de leur esprit, de leur sagacité^ de la faible prévoyance humaine, et non l'inflexible roideurdelà vertu, la fermeté inébranlable du devoir; et nous ne verrons la Pologne concevoir quelqu'espérance de salut^ que quand le plus grand nombre des Polonais cesseront de calculer ce qu'ils peuvent, pour considérer uniquement cequ'ils doivent : tant les règles étemelles de la vertu sont au-dessus des plus sublimes efforts du génie et des talents ! » Tels étaient ses discours, ses lettres, et ce qu'on* appelait ses intrigues. Mais comment chez un peuple perdu par cent' années d'anarchie, de divisions et de luxe, aurait-il pu ranimer cet amour unanime et courageux de la patrie, dont les plus vertueuses républiques n'ont jamais donné l'exemple PKrasinski, évéque de Kamienieç, méditait pour sauver la patrie des desseins entièrement opposés.

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