XXXI. Les dépufés de la confédération reçus, à Moskou
Cependant il ne restait plus aueone espëpance que cet aonbassadeur fût désavoué par sa cour. I^s envoyés de Fa confédération arrivés à Moskou, avaient demandé solennellenient à Timpératrice cette garantie qu'on rejetait alors à Varsovie. On leur avait répondu en louant la magnanknité de cette princesse, qui^ envoyait des trompes si loin de ses frontières pour maintenir la- paix chez ses voisins. Mais après cette audience solennelle, qu»Bd ils voulurent entrer dans 1^ détail de leur commissioi>, oa leuv répliqua que le ministère, occupé de grandes affaires survenues à cette eour^ n'avait pas le temps de les écoutier ; qu» le prinee Repoin avait toute Fa confiance de rimpératrioe et des pleins pou* voirs pour arranger tout ce qui regardait la Pologne. Panin leur disait : « L'impératrice est une grande princesse, le prince Repnin est mon neveu, et vous serez heureux malgré vous.. » Ils voulurent éclairer ce ministre sur les extravagances de Repoin , et sur ce qu'on devait craindre des dispositions qu'elles inspiraient à la nation. Ils mirent sous ses yeux un récit détaillé de tout ce qui se passait en Pologne. Pendan^t cette lecture, ils le virent agité ; ils remarquèrent que ses lèvres devenaient pâles et tremblantes ; mais il chercha un prétexte pour rompre cet entretien, et ne laissa plus aux députés un accès libre auprès de lui. On exigea même de l'un d'eux d'écrire à l'évêqjue de Krakovie, que traverser aussi hautement qu'il le faisait les intentions immuables d'une cour devant laquelle tout fléchissait, c'était Tautoriser à tout entreprendre, a Nous savons de bonne part, lui disaiton, que si vous ne faites cesser les démarches dont on se plaint, le sort de votre personne est décidé, v La seule chose qu'ils
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purent eoeore découvrir des intentioDs de celle cour, c'est que la tzarine abandonnait la maison Czaitoryski à la vengeance publique, et qu'elle voulait seulement pas bonté, qu'en infligeant à ces princes toutes les peines qui pourraient satisfaire la haine qu'on avait contce eux, on n'allait point îusqu'à des peines corporelles.
XXXil. Nouvelles menaces de Repnin.
Malgré ces funestes nouvelles, et la crainte' qu'elles inspiraient, puisqu'on voyait à présent dans les demandes dse Repnin les volontés de l'impéFatrice et toute sa puissance prête à les soutenir, il fut impossible de gagner dans la diète la pluralité des voix en faveur de ces demandes^ Repnin déclarait que pour se soustraire à ses propositions, il fàHait l'enterrer lui et les quarante mMle hommes que sa souveraine avait en T\)logne. IKfit coiwoquer à la cour une as> semblée des principaux sénateurs, et leur déclara en pré^ saiee du roi, qu'il ne se départirait jamais des demandes qu'il avait faites ; que par égard pouv la république y Fimpératrice voulait bien traiter avec elle; qu'en conséquence il avait des pleins pouvoirs pour cette négociation,, mais que si on persistait dans l'opposition qu'il avait rencontrée jusqu'à présent, il serait forcé de recourir aux moyens extrêmes. l\ tenta même d'employer ce qui restait encore de crédit aux princes Czartoryski. Le grand-chancelier de Lithuanie, mis en prison pour TafCaire du prince Radzivill,, et privé d'activité dans la république par des ajournements et des décrets, profitait de cette interdiction pour ne se trouver ni à la diète ni à aucun conseil. Repnin, se servant de la générosité du prince Radzivill, fît annuler toutes ces sentences, et engagea le grand-chancelier à paraître au sénat.
Mais au niilieu de tant d'intrigues, malgré tant de menaceSi quoique chacun commençât à craindre que les autres ne se laissassent effrayer ou séduire, il fut aisé de voir dans toutes les conférences que la pluralité était toujours contraire aux desseins de la Russie ; qu*it' lui fallait ou se désister de ses desseins, ou recourir à des actes de violence : et que la nation opposerait toute la résistance dont elle serait capable.