‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 124 sur 184 · XXXIV. Première tentative potir enhver Vév^ue deKvakovie · texte numérisé non relu

XXXIV. Première tentative potir enhver Vév^ue deKvakovie

Le dessein d'enlever Tévêque de Krakovie, suspendu depuis longtemps, était déjà public. Les menaces qui lui en avaient été faites avertissaient toute la Pologne du danger où il était perpétuellement exposé. Chacun, suivant ses craintes^ désignait les autres victimes ; mais quoique ce dessein eût transpiré par des confidences, quoique la tyrannie connue des Russes fit présumer qu'ils exécuteraient leurs menaces, la plupart des Polonais ne pouvaient croire qu'une puissance étrangère osât exercer che? eux un droit que le roi même n'y peut exercer dans aucun cas, ni la république, avant la conviction d'un crime^ On disait que nonseulement la sûreté personnelle des citoyens est le droit le plus sacré, mais que les députés d'une nation assemblée en diète, y sont revêtus de la puissance souveraine ; que, par

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un atteulat Sur leurs personnes, raml)assadeuï' russe violfrait et le droit des gens, qui faisait sa propre sûreté, et les droits de la souveraineté, qui font celle même des rois. De si justes raisons n*avaient point arrêté cet ambassadeur ; et le coup n'avait été suspendu que pour frapper à la fois plus de victimesw

Mais plus révéque de Krakovie restait libre, plus la diète prenait de fermeté ; on crut qu'il y aurait enfin de Timprudence à différer plus longtemps. Le roi, qui ne lui pardonnait pas d'avoir songé à le détrôner, voyait dans cet enlèvement une veugeance personnelle; il lui pardonnait peut-être moins encore la confusion dont le trône ne le garantissait pas dans chaque séance de la diète : il concerta lui-même l'enlèvement. Ce prince qui, dans les malheurs de son pays, n'avait point interrompu ses amusements ordinaires, entretenait une troupe de comédiens fran<^ais ; il invita Tévêquede Krakovie a une représentation, les mœurs polonaises permettant aux hommes les plus austères cet amusement, auquel la bienséance des spectacles français ne laisse pas l'ombre d'une faute^ Le roi se flattait néanmoins que l'enlèvement d'un évêque, défenseur zélé de la religion, à la sortie d'une comédie, prendrait une sorte de ridicule, qui en diminuerait l'horreur aux yeux du reste de l'Europe. Ij'évêque, simple comme le sont toutes les grandes âmes, et calme au milieu des dangers qui le menaçaient, partait pour se rendre à cette invitation. On remarqua parmi les troupes russes des mouvements extraordinaires. On les vit placer des détachements aux postes les plus importants de la ville ; et révê(|ue de Krakovie, retenu par les instances d'une foule de bons citoyens, évita le piège qui lui était tendu. Quelques personnes ont voulu faire croire que cet évêque avait été encouragé dans sa résistance par les fausses promesses du roi de Prusse^ et que, se flattant d'un appui si

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respectable, sa fermeté avait tenu à cette illusion. Mais quelle qu'eût été précédemment la conduite équivoque du résident de Prusse, son langage avait changé entièrement dans la conjoncture actuelle, soit qu'il fût touché par la ^nondeurdu péril où Soltyk était exposé, soit que Fintention du roi de Prusse fût véritablement d'apaiser ces troubles, en laissant retomber la république dans son ancienne léthargie. <Soltyk savait au contraire avec certitude, et disait à ce confident, que le roi de Prusse ne se séparait point de la Russie, et que la république, abandonnée de l'univers entier, n'avait aucun espoir de secours. Benoît alla le prévenir du malheur auquel il s'exposait ; il le pria avec instance, et en se jetant à ses pieds, de se désister de son opposition. L'évêque lui répondit avec cette espèce de dédain que méritaient des représentations graves faites par un homme qui prostituait trop souvent son ministère aux plus ineptes puérilités. Benoît parut afQigé de l'inutilité de sa démarche ', et tous deux se séparèrent, l'évêque en lui reprochant ses efforts pour le corrompre, et Benoît en lui prédisant des malheurs sans remède.

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