‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 130 sur 184 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

contraire, n^encourraient aucune peine en quittant leur religion.

L'évêque de Mohiiew n'obtint qu'une partie des avantages auxquels il prétendait. C'était un Russe ignorant, sans esprit, toujours ivre. On parvint à inspirer à Repnin tant d'aversion et de dégoût pour cet évéque, qu'il consentit aisément à ne point l'admettre dans le sénat de Pologne. Mais il fut stipulé qu'il exercerait dans son diocèse, sur tous les Grecs, la même juridiction que les évéques romains exerçaient sur les catholiques. On lui donna la présidence alternative d'un tribunal mixte érigé à perpétuité ; et les lois qui eurent pour objet d'établir l'impartialité dans ce tribunal, furent faites avec sagacité ; enfin, on attribua aux différents clergés dissidents des privilèges qu'une sage politique avait refusés à la religion romaine : comme la liberté indéfinie d'acquérir de nouveaux fonds, celle de convoquer et de tenir des synodes sans l'intervention de l'autorité temporelle, et sans être soumis à l'inspection du gouvernement. Cet acte fut signé dans le palais de l'ambassadeur, et dans une salle où le portrait de l'impératrice était placé sur un trône ; la cour était remplie de grenadiers russes sous les armes ; les jardins voisins de ce palais et toutes les cours des environs étaient pleines des mêmes troupes. Ce fut toujours au pied de ce portrait que tous les actes furent signés ; et le formidable appareil des troupes russes rangées en bataille se renouvelait à chaque signature. Repnin donna le soir un bal, en réjouissance de ce grand succès.

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