‹ Révolutions de Pologne (volume 3)Chapitre 132 sur 184 · LIVRE Vil · texte numérisé non relu

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latioD et qu^il laisserait les Polonais absolument les maltrea de régler eux-mêmes toutes les parties de leur gouvernement. Mais cette déclaration fut aussitôt violée; et d'ail^ leurs les lois nouvelles devant être insérées dans un prétendu traité de la république avec Tempire de Russie, une pareille déclaration n'avait aucun sens. Son objet prin^ cipal était de faire parvenir ce bruit jusqu'à Constantinople,, de Vy faire circuler parplusieurs canaux, et d'entretenir ainsi l'opinion qu'on s'efforçait d'inspirer au divan, qu'il n'était véritablement question dans les violences exercées en Pologne, que d'une querelle de la religion chrétienne. Cet ambassadeur se faisait rendre compte exactement de tout ce qui s'agitait dans les différents comités ; et sous les menaces accoutumées d'incendie , de pillage et d'enlèvement, il défendait de rien décider sans son aveu. La joie qu'il avait de son succès, se produisait par un autre genre d'outrages. Aux violences, avaient succédé les moqueries ; quelquefois il se plaisait à donner jour aux oppositions^ pour noter ceux qui marqueraient encore du courage : « Vous en faites trop, lui dit enûn le comte Marian Potoçki,et vous ne connaissez, pas notre nation. ISous avons un ancien proverbe qui dit : « On ôte aisément à un Polonais son habit et même sa « veste ; mais dès qu'on veut lui ôter sa chemise, il reprend « tout. » — Qui osera remuer,? lui dit l'ambassadeur. — Moi, reprit Potoçki ; avant quinze jours, je serai à la tête d'une confédération contre tout ce que vous faites ici ; me voici en votre puissance, et vous pouvez me faire arrêter : vous n'y gagnerez rien, cinquante mille Polonais pensent comme moi. » Soit que toute menace personnelle intimidât ce Russe, suivant le caractère de sa nation, soit qu'ayant assuré à l'impératrice que désormais tout était calme, il craignît de se porter à une nouvelle violence, Potoçki resta libre, et tint parole.

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XLIII. Les nouvelles comUtulians dépendent de celui qui prendra plus d'ascendant sur Repnin,

he roi et te primat 8*étaient longtemps disputé à qui gouvernerait cet ambassadeur ; et l'ascendant que Tun ou l'autre conserverait sur lui devait décider de la forme qu allait prendre le gouvernement de la république. Si le roi prévalait, l'autorité royale serait maintenue dans tous les nouveaux avantages qu^elle avait reçus par les constitutions des princes Czartoryski ; si c'était au contraire le primat, elle perdrait même la plus grande partie de ses anciennes prérogatives, par rétablissement d'un conseil perpétuel pour la distribution des grâces. Cette crainte était l'objet de toutes les déférences que Poniatowski rendait à l'ambassadeur, avec la résignation la plus servile. Ce prince avait affecté de continuer, après son élévation, les liaisons qu'il avait eues de tout temps avec deux femmes, dont l'une, maîtresse de son frère, conservait, quoique dans une vie licencieuse, l'estime des plus honnêtes gens; mais dont l'autre, née dans le plus bas étage, affectant de ne vivre qu'avec les grands, était Tobjet de leur amusement et de leurs mépris. C'était dans ces maisons, parmi la foule des jeunes courtisans attirés par la coquetterie de ces femmes, que Repnin et le roi traitaient les destinées de^l'État; elles étaient perpétuellement conciliatrices entre ces deux hommes. Ce fut par leur intervention que s'arrangèrent ces lois nouvelles qui devaient être immuables. Telle fut la gravité, la science du droit, l'autorité de ces législateurs. Ainsi, l'ascendant que le primat avait pris sur Repnin ne tint pas longtemps contre les séductions de tous les genres dont on eut soin d'environner cet ambassadeur dans une pareille société. Presque toutes

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